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La Grande salle

Un véritable tour de force architectural: une salle enveloppante conjuguant l’immersion du public dans l’espace et la musique avec une intimité d’écoute inédite.

Grande salle (gala d’ouverture, 15 janvier 2015)W. Beaucardet
Grande salle Philharmonie de Paris

Prochains événements de la Grande salle

Une nouvelle typologie

Ni salle en « boîte à chaussures » (comme le Musikverein de Vienne), ni salle en « vignoble » (comme la Philharmonie de Berlin), la Grande salle de la Philharmonie invente un nouveau modèle, celui d’une salle enveloppante et modulable. Une innovation à la fois architecturale, scénographique et acoustique. L’architecte Jean Nouvel et l’acousticien principal de la salle, Sir Harold Marshall, ont conçu la salle lors de séances collaboratives mariant architecture, acoustique et scénographie.

En dépit de sa jauge de 2 400 places assises, la Philharmonie instaure une véritable intimité. Une sensation bien réelle, puisque la distance entre le chef d’orchestre et le dernier spectateur n’est que de 32 mètres (contre 48 mètres à la Salle Pleyel). Jean Nouvel en décrit ainsi la scénographie : « La salle évocatrice des nappes immatérielles de musique et de lumière suspend des auditeurs-spectateurs dans l’espace sur de long balcons… Cette suspension crée l’impression d’être entouré, immergé dans la musique et la lumière. »

Grande salle - Philharmonie

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  • La Grande salle Concert du 15 janvier 2015 Philharmonie © Beaucardet
  • Grande salle - Philharmonie
  • Grande salle Philharmonie © Beaucardet
  • Grande salle Philharmonie © Borel
  • Grande salle Philharmonie © Borel
  • Grande salle Philharmonie © Beaucardet
  • Grande salle balcons Philharmonie © Borel
  • Grande salle Détail Philharmonie © Beaucardet
  • Plafond - Foyer

Une acoustique de référence

Jean Nouvel, assisté de Métra et associés (associés à la salle de concert), a développé avec Marshall Day Acoustics et Ducks Scéno un système audacieux de balcons en porte-à-faux et de nuages flottants alliant enveloppement, intimité et spatialité. La scène offre la possibilité d’accueillir tout type de formation orchestrale, même les plus imposantes. La Grande salle comprend également un orgue, fabriqué par la manufacture Rieger, destiné tout particulièrement au répertoire symphonique.

L’acousticien sous-traitant de Jean Nouvel est le Néo-Zélandais Sir Harold Marshall de la société Marshall Day Acoustics. Il a récemment collaboré avec Zaha Hadid à l’Opéra de Canton et est considéré comme le pionnier des réflexions latérales et un grand innovateur de salles de concerts. Jean Nouvel a d’autre part bénéficié de l’expertise personnelle du Japonais Yasuhisa Toyota, associé notamment au Walt Disney Concert Hall de Los Angeles.

Le programme acoustique (établi par Kahle Acoustics) exigeait une réponse acoustique combinant une haute clarté sonore ainsi qu’une ample réverbération. Il exigeait aussi une approche favorisant les réflexions latérales et une grande intimité, le tout dans une typologie de salle nouvelle. La solution se trouve dans un système audacieux de balcons flottants qui créent un espace intime et un volume extérieur qui allonge la réverbération. Ce nouveau modèle unit réflexions latérales, son direct et réverbération et aboutit à une acoustique mêlant clarté et réverbération chaleureuse.

À noter enfin qu’un autre défi acoustique, et non des moindres, est d’être parvenu à isoler la salle des bruits environnants, la Philharmonie étant située à proximité du boulevard Sérurier, du périphérique et du Zénith. Le concept mis en œuvre est celui de la « boîte dans la boîte », grâce à la désolidarisation des murs, sous la direction de Studio DAP. On retrouve à nouveau l’idée, tout à la fois poétique et technique, d’une « salle flottante ».

Une flexibilité scénique

L’une des spécificités de la Grande salle de la Philharmonie réside dans sa modularité : elle est en mesure de s’adapter à différents genres musicaux tout en offrant à chaque fois le meilleur confort visuel et auditif. Pour développer cet aspect, Jean Nouvel, assisté de Métra et associés, a étroitement travaillé avec Marshall Day Acoustics, ainsi qu’avec l’agence Ducks, spécialisée dans la scénographie des salles de concert et déjà à l’œuvre à l’Opéra de Lyon et à Copenhague. En configuration symphonique, les spectateurs entourent l’orchestre. Les places situées derrière la scène, en gradin, sont ainsi destinées à accueillir un chœur si l’œuvre interprétée l’exige ou, le plus souvent, le public. Ces gradins arrière pourront disparaître pour faire place à la scène et, en conséquence, agrandir le parterre pour les opéras en version de concert ou les ciné-concerts. Autre concept novateur : les fauteuils du parterre peuvent être retirés pour accueillir le public debout à l’occasion des concerts de musiques actuelles. La configuration de la salle est également idéale pour les œuvres spatialisées, comme Gruppen de Stockhausen ou Répons de Boulez.