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Au jour le jour / Week-ends

American Heroes

Publié le 17 Mars 2017

L’Amérique aime tellement les héros qu’elle invente les super-héros. Le cinéma est le miroir grossissant dans lequel ce désir devient universel.

par Ollivier Pourriol

 

« Tous les vrais Américains aiment se battre, ils sont comme ça. Quand vous étiez des gosses, ils vous impressionnaient, vous aussi, les champions de base-ball, les champions de boxe, les grands joueurs de football, vous les admiriez. Les Américains aiment les vainqueurs. Les perdants, chez nous, on n’en veut pas. » Ainsi débute le film Patton, par une harangue du fameux général à ses troupes durant la Seconde Guerre mondiale.

Cette idée d’un héroïsme naturel aux Américains serait choquante si elle n'était pas présentée de manière aussi caricaturale. À vrai dire, elle en devient presque comique, et le désir de grandeur militaire de Patton a également quelque chose d’antiaméricain par son côté autocratique. À la figure du leader répond d'ailleurs celle de l’homme du commun avec M. Smith au Sénat, où l’individu n’est héroïque que parce qu’il défend des valeurs universelles, celles de la démocratie et de la liberté.

Entre ces deux pôles, le cinéma américain ne cesse d’alterner ou de composer, comme nous le verrons à travers des films comme La Ligne rouge, Danse avec les loups, A History of Violence ou American Hero. Si les héros, voire les super-héros américains nous touchent autant, c’est peut-être justement parce qu’ils ne sont jamais seulement américains et que, comme le disait le critique Serge Daney, à une certaine époque, pas si lointaine, l'Amérique était mondiale...

Ollivier Pourriol
Ciné-conférence

American heroes

Salle de conférence - Philharmonie
Samedi 25 mars 2017 - 14:30