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Brève

Reggae et politique dans les années 70

Publié le 12 Juin 2017

Une playlist de Claude Cuerrier, inspirée du livre de Thibault Ehrengardt : Reggae & politique dans les années 70.

The Ethiopians – « Everything crash »

Fondé en 1966, le trio The Ethiopians publie l’un de ses premiers hits en 1968 avec « Everything Crash ». Évoquant la révolution (« un jour ou l’autre, le couvercle doit sauter »), les paroles se veulent optimistes : « ce qui a mal tourné le matin peut devenir bon le soir ».

Max Romeo – « Let the Power Fall »

Hymne biblique, cantique rastafari, chanson politique…, « fais chuter le pouvoir » (que l’on peut aussi traduire par « laisse tomber ta puissance… sur moi ») appelle à la justice, à la paix. Le PNP choisira cette chanson comme hymne des élections (gagnées) de 1972.

Prince Buster – « Judge Dread »

Musicien, producteur, homme politique et parfois un peu mystique (Ten Commandments, Lion of Judah…), Prince Buster est un peu tout cela à la fois. Il enregistre le titre « Judge Dread » avec Lee « Scratch » Perry en 1966. Militant de la Black Pride, il y imagine le procès de trois hommes coupables de meurtre, de vols, de braquages, et qu’il condamne, dans un geste de vengeance divine, à de lourdes peines.

Bunny Wailer – « Blackheart Man »

La séparation des Wailers en 1973 n’a pas disséminé bien loin ses nombreux talents : tous ou presque sont rassemblés sur cet enregistrement de 1976, avec une apparition de Peter Tosh. Album militant, dont les titres sont éloquents : « The Oppressed Song », « Fighting Against Convictions »… et donc « Blackheart Man ».

The Kingstonians – « Sufferrer »

Le producteur Derrick Harriott s’est entouré de faiseurs de hits reggae au cours des années 60, parmi lesquels The Kingstonians, qui réunissent entre 1968 et 1970 le matériel qui composera leur unique album, Sufferer, porté par le tube du même nom, qui raconte la pauvreté et la lutte quotidienne des travailleurs jamaïquains. « We work day and night, we don’t wear shoes full of gold. »

Dennis Alcapone – « Teach the Children »

Le nom d’artiste de Dennis Smith est loin de refléter la philosophie qui domine ses nombreux hits enregistrés à partir de 1967. Le DJ, extrêmement populaire à Kingston au début des années 70, est avant tout un fervent pacifiste : « Guns Don’t Argue », « World Wide Love », « Everybody Needs Love » ou encore « Teach the Children », plaidoyer pour l’éducation, rythmé par l’appel « je vous en supplie, sonnez la cloche, apprenez aux enfants… », sont autant de titres qui contribuent à la lutte pour l’émancipation sans heurts.

Derrick Morgan – « People’s Decision »

« No matter what you do, no matter what you say, you can’t stop a socialist. Capitalists try, imperialists try but socialists get them out. »
Derrick Morgan est un monument de la musique jamaïcaine : ska, rocksteady, reggae, il a accompagné l’évolution de ces styles musicaux dès la fin des années 50.
L’album People’s Decision est aujourd’hui une rareté pour les amateurs de grands classiques.

Exposition Jamaica Jamaica !
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