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Au jour le jour / Impressions

La quête de beauté de Robyn Orlin

Publié le 1 Mars 2017

Voyage de la chorégraphe sud-africaine à travers une Afrique de plaisir et de grâce, Beauty... chante une ode dansée à la beauté du continent.

par Thomas Hahn

 

En 2014, Robyn Orlin confessait : « J’aime les gens en Afrique. Ils vivent en communauté et c’est beau. Et ils sont beaux. J’ai de plus en plus envie de beauté. Est-ce mon âge? Je serai bientôt sexagénaire. »  Et Robyn riait. Elle venait de créer, avec bonheur, une pièce au Sénégal, avec la compagnie de Germaine Acogny : « L’Afrique de l’Ouest m’a aidée à tomber de nouveau amoureuse du continent. » Mais l’Afrique est pour elle un tissu d’émotions contradictoires. Sur la réalité en Afrique du Sud, elle pose un regard nettement plus critique. Quand il s’agit de Johannesburg, la Sud-Africaine de peau blanche se sent légitime en montant au créneau, face aux viols, à l’homophobie ou à la stigmatisation des séropositifs dans son pays d’origine.

Mais si elle décide de travailler avec cette compagnie phare des townships qu’est Moving Into Dance Mophatong, c’est bien pour opposer inventivité, bonheur et optimisme à l’image d’Épinal d’une Afrique meurtrie et léthargique. Orlin œuvre pour que l’Afrique soit « perçue non pas comme  "l'autre" mais comme un continent plein d’humour, de grâce et d’imagination. »

Alors, comment fait-elle pour dénicher tant de Beauty en liberté, dans les rues de Jo’bourg ? Sa lucidité à l’égard des difficultés lui permet, en contrepartie, de percevoir comment, par exemple, « une petite boule d’argile fixée au-dessus de la tête et percée de plumes devient un sublime couvre-chef digne des meilleures modistes. » Elle admire « cette attention portée à l’ornementation corporelle, essentiellement à base d’éléments naturels et d’objets trouvés alentour. »

La beauté surgit, même dans un apparent capharnaüm. Il faut creuser sous la surface, la ramener à la lumière. Le regard de l’artiste sait découvrir un pays débordant de cocagnes immatérielles. Orlin plonge dans la vérité de la ville, pour dénicher la beauté, même dans des rues moins reluisantes, et surtout, dans les cœurs. Et si, comme le veut le titre de cette fresque vivante, la beauté est à ce point éphémère, c’est qu’elle ressemble à une ballerine, chaussant un tutu façon Orlin, fait d’objets recyclés.
 

Robin Orlin
Spectacle

Robyn Orlin

Beauty remained for just a moment then returned gently to her starting position...
Salle des concerts - Cité de la musique
Du jeudi 9 mars 2017 au dimanche 12 mars 2017
Robin Orlin
Le Studio - Philharmonie
Samedi 11 mars 2017 - 15:00