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Laurence Equilbey dirige Niels Gade

Publié le 26 Mai 2017

Comala, le « poème dramatique » de Niels Gade qui suscitait l’admiration de Robert Schumann, s’inspire de poèmes épiques attribués à l’époque à Ossian, légendaire barde irlandais. 

par Hélène Cao

 

En 1760, James Macpherson (1736-1796) publia Fragments of Ancient Poetry Collected in the Highlands of Scotland, qu’il déclara avoir traduits du gaélique et de la langue erse (dialecte celtique de Haute-Écosse). Le succès du volume l’incita à poursuivre avec Fingal, an Ancient Epic Poem (1762) et Temora (1763), puis à rassembler ces sources dans The Works of Ossian, the Son of Fingal, Translated from the Gaelic Language (1765). Par la suite, on découvrit que l’auteur des textes n’était pas Ossian, barde du IIIe siècle et fils de Fingal, mais MacPherson lui-même. Superbe escroquerie ? MacPherson s’était cependant appuyé sur de véritables manuscrits médiévaux, soigneusement étudiés. S’il adapta et compléta des légendes dont ne subsistait parfois que la trame, ce fut pour les rendre recevables par le lectorat de son temps. Le « faux barde » inspira notamment des lieder (une dizaine chez Schubert), Malvina, « scène dramatique » pour voix et piano de Donizetti, Gesang aus Fingal et Darthulas Grabgesang pour chœur de Brahms, les opéras Ossian ou Les Bardes de Le Sueur et Uthal de Méhul, l’ouverture orchestrale Souvenirs d’Ossian et la ballade dramatique Comala de Gade. Mendelssohn titra Les Hébrides une ouverture symphonique que son éditeur suggéra de rebaptiser La Grotte de Fingal. Ossian enflamma l’imagination des artistes romantiques parce qu’il leur révélait un monde nouveau, où les forces sauvages de la nature et la puissance du sentiment s’opposaient au culte de la raison. 

Laurence Equilbey
Concert vocal

Laurence Equilbey

Comala
Salle des concerts - Cité de la musique
Mardi 20 juin 2017 - 20:30