A+AA-Print

Histoire du Musée

L’histoire du Musée de la musique peut se résumer en quatre grandes étapes, depuis sa création en 1793 jusqu’à son intégration au sein de la Philharmonie de Paris.

Musée de la musiqueWilliam Beaucardet
Musée de la musique

L’Institut National de Musique

Création, en 1793, d’un Institut National de Musique, « où se formeront les artistes nécessaires à l’exécution des fêtes nationales ». Celui-ci comprend notamment un « Cabinet d’Instruments », dont les pièces provenaient des confiscations aux « Émigrés ». On doit à deux citoyens éclairés, Bernard Sarrette et Antonio Bruni, un premier inventaire de ces instruments.  Sarrette sera par la suite chargé de faire évoluer cet Institut en un Conservatoire de musique de Paris, qui naît par la loi du 16 thermidor an III (17 août 1795). Cette nouvelle institution comportait une collection « des instruments antiques ou étrangers, et de ceux à nos usages, qui peuvent par leur perfection servir de modèles ». Des 316 objets inventoriés par Bruni et rapatriés au Conservatoire en 1795, il n’en subsistera pourtant qu’une douzaine.

Vue des salles du Musée instrumental en 1884, gravure d'Eugène Tradoné pour la 2ème édition du catalogue ChouquetDR
Vue des salles du Musée instrumental en 1884, gravure d'Eugène Tradoné pour la 2ème édition du catalogue Chouquet

Le Musée musical

Seconde République, 1848 : portées par un intérêt renouvelé pour le patrimoine et par une intense vie musicale à Paris, des voix s’élèvent pour qu’un « musée musical » soit créé, où l’on pourrait désormais conserver les instruments des grands musiciens de l’époque, « suivre le développement moral des peuples dans sa marche parallèle avec le progrès de la civilisation », offrir des objets d’étude au musicien, à l’antiquaire, au peintre ou sculpteur… et enfin – autre innovation – permettre au « vulgaire de satisfaire sa curiosité » ! Cet engouement conduira l’État à racheter en 1861 la collection d’instruments de Louis Clapisson, compositeur et membre de l’Institut, au bénéfice du Conservatoire. Deux salles ouvriront officiellement leurs portes le 17 novembre 1864 : pour la première fois, une collection d’instruments est accessible au public à Paris et c’est sans doute là que se situe le vrai démarrage d’un musée instrumental. Clapisson en fut le premier conservateur, mais meurt deux ans plus tard. Après un bref interlude occupé par Hector Berlioz, Gustave Chouquet devient conservateur en 1871 et joue un rôle décisif dans l’histoire de l’institution, en développant fortement les collections.

Conservatoire de Musique de Paris. Musée historique de l'instrumentation, fondé par M. Clapisson. Portrait du fondateur. 1866.BNF
Conservatoire de Musique de Paris. Musée historique de l'instrumentation, fondé par M. Clapisson. Portrait du fondateur. 1866.

Le Musée instrumental

Le troisième temps fort se situe autour de 1960, grâce à la personnalité de la Comtesse Geneviève de Chambure : elle est nommée Conservatrice du Musée Instrumental en 1961, poste qu’elle occupe jusqu’en 1973. Durant cette période, l’ensemble des missions d’un futur Musée de la musique se précisent, en matière de conservation, de restauration, d’inventaire ou de documentation. Mais de nouveaux projets naissent aussi : développement du public, actions pédagogiques, création d’une société d’amis… Madame de Chambure initie aussi les relations internationales du Musée, en tant que fondatrice, puis présidente, d’un comité spécial – dénommé CIMCIM–, au sein de l’ICOM, relatif aux collections d’instruments de musique. Elle imagine alors, en étroite collaboration avec le grand muséologue Georges-Henri Rivière, un déménagement des collections vers l’Hôtel de Beauvais situé dans le Marais, afin d’y constituer « un musée où le phénomène musical serait pleinement considéré dans son univers d’espace et temps, interprété et présenté par périodes au public global ». 

Musée de la musiqueNicolas Borel
Musée de la musique

Le Musée de la musique

Enfin, en 1978, à l’occasion du projet de création de la Cité de la musique, le transfert des collections du Conservatoire national vers l’État est décidé, donnant naissance, en 1997, au Musée de la musique. Une campagne d’acquisitions et de restaurations est lancée et un nouveau projet muséographique est mis en place, sous l’impulsion notamment d’Henri Loyrette. Dépassant le cadre d’un musée strictement instrumental, le Musée de la musique s’est ouvert à toutes les facettes de la vie musicale, intégrant iconographie, maquettes de lieux de concerts et des documents audiovisuels. Cette démarche a été poursuivie et approfondie par les équipes du Musée, par l’introduction progressive d’expositions temporaires et par un réaménagement, en 2009, de la collection permanente.

Aujourd’hui, le Musée de la musique participe pleinement à la nouvelle dynamique culturelle portée par la Philharmonie de Paris, sous la forme d’un patrimoine vivant et accessible à tous.