Collège
Salle de conférence - Philharmonie

Divas et héroïnes

Tosca

adulte
Durée : environ 2h00
Tosca interprétée par Maria CallasTosca interprétée par Maria Callas © John Massey / Bridgeman Images

Infos pratiques

Mercredi 4 novembre 2020 à 15h00
230 € (le cycle) / 14 € (la séance)

Aussi inclus dans :

De la simple découverte à l’approfondissement, les COLLÈGES permettent aux mélomanes d’enrichir leurs connaissances. Chaque cycle propose une série de conférences où la musique – populaire ou savante – est abordée dans son contexte historique, sociologique et esthétique.

Ce collège répond au mythe du héros, version « interprétation au féminin ». Cantatrices légendaires sous les feux de la rampe ou rôles héroïques dans les livrets, les femmes à l’opéra montrent un tempérament hors du commun. Vous aurez ainsi l’occasion d’entendre des enregistrements historiques et d’aujourd’hui. Côté divas par une mise en perspective du caractère de chaque voix à travers les grands rôles, côté héroïnes en analysant le rôle dans son contexte dramatique, historique et esthétique et en confrontant les différentes interprétations.

Diva-héroïne ou héroïne des divas ? Les deux assurément. Inventé pour Sarah Bernhardt, chanté par les plus grandes, le rôle de Tosca est celui de la « diva assoluta ». Artiste rattrapée par les vicissitudes du monde, amoureuse éperdue, femme libre et vengeresse… Les différentes facettes de Floria Tosca expliquent la fascination ressentie par Maria Callas, Renata Tebaldi, Mirella Freni… Et tant d’autres. De Sarah Bernhardt aux plus récentes interprétations, Tosca ne cesse de se réinventer. Son tempérament de feu et sa foi en l’art attisent la légende dès la création de la pièce de théâtre de Victorien Sardou. En janvier 1900, Luigi Illica et Giuseppe Giacosa adaptent pour Giacomo Puccini le texte français à l’opéra italien. L’implication rapide d’Arturo Toscanini et l’attirance des chanteuses pour le rôle-titre assurent le succès et contribuent encore à la « légende Tosca ». Artiste prise dans les méandres du pouvoir, amoureuse éperdue, croyante fervente, le personnage, auquel furent destinés des airs d’exception, est aussi l’un des plus riches de l’opéra moderne, loin des stéréotypes attachés aux femmes. Puis Callas vint… Si Tosca n’a jamais disparu des scènes italiennes, l’incandescente interprétation de la soprano grecque rend le rôle indissociable de cette tragédienne hors pair. Et aujourd’hui, que nous reste-t-il de Tosca ? Adorée des mélomanes, la pièce a fait l’objet de relectures radicales, à l’instar de celle proposée par Christophe Honoré au Festival d’Aix et à l’Opéra de Lyon en 2019. Tosca, devenue apprentie chanteuse, y prend aussi les traits d’une autre diva historique, Caterina Malfitano. Entre la jeune interprète du rôle et la figure historique, c’est aux fantômes de celles qui furent Tosca que nous sommes renvoyés. Mais peut-on seulement aimer Tosca sans aimer les divas ?

Après des études de musicologie au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris puis une thèse consacrée aux Figures de l’Espagne dans les œuvres de Luigi Dallapiccola, Bruno Maderna et Luigi Nono, Charlotte Ginot-Slacik enseigne l’histoire de la musique et la culture musicale au CNSMD de Lyon. Ses recherches interrogent particulièrement les relations entre musique et politique au vingtième siècle, ainsi que la Méditerranée des compositeurs italiens d’après-guerre. Avec Michela Niccolai, elle a publié un ouvrage consacré aux Musiques dans l’Italie fasciste (Fayard, 2019). Elle collabore avec de nombreuses institutions musicales : avec l’Orchestre national du Capitole comme dramaturge, avec l’Opéra de Lyon, avec les Musicales franco-russes de Toulouse.

Intervenants

  • Charlotte Ginot-Slacik, conférencière