Parcours de l’exposition

Parcours de l’exposition

Les différents courants de la musique électronique partagent des esthétiques et des imaginaires communs que l’on retrouve sur les pochettes de disques et mis en scène dans les clips et les concerts. Porteurs d’utopies, ils possèdent également une dimension politique. Faisant écho aux paysages sonores inédits que la musique électronique a générés, l’abstraction géométrique est une constante esthétique commune aux avant-gardes d’hier comme à la dance music actuelle. Héritée du romantisme, la représentation du paysage offre aussi une forme de correspondance au caractère abstrait et instrumental de la musique électro. Célébrant le mariage entre l’homme et la machine, cultivant une forme d’expression désincarnée, et renouvelant la question du genre, la musique électronique a favorisé le recours à la figure du masque, du monstre et de l’alter ego. Ce terrain de jeu fertile lui permet de pousser plus loin encore la création d’univers où la fiction le dispute à l’imaginaire, comme en témoignent par exemple les alter-robots inventés par le duo Daft Punk. Décrite comme purement fonctionnelle par certains, l’électro, consacrée à la danse ou à l’évasion, possède néanmoins une dimension politique et revendicatrice. Dès ses débuts, elle est un vecteur important de rassemblement, mélangeant les populations et permettant aussi aux communautés de se retrouver dans la fraternité de ses clubs. Son avènement a favorisé la naissance de safer places, des clubs et des soirées communautaires où les minorités notamment LGBTQ+ ont appris à s’entraider, s’émanciper et être fières, à l’abri des discriminations.

Laurent Garnier

11 mixes concoctés par Laurent Garnier retracent l’histoire de la dance-music électronique, depuis le disco new-yorkais des années 1970 jusqu’à la techno futuriste des années 2010, en passant par les ville-phares du mouvement comme Chicago, New York, Détroit et Berlin.

electro

Concepteurs de la scénographie, 1024 présente plusieurs de ces oeuvres marquantes comme Square Cube, dont la maquette est présentée dans l’exposition, le Walking Cube et Core.

Expérience sonore : Sonos

Reconnu pour son expérience audio à la maison, Sonos apporte son expertise en matière d’expérience sonore immersive à la Philharmonie de Paris.

man & woman-machine

L’aventure de la musique électronique est avant tout une histoire d’hommes et de femmes qui, depuis les inventeurs d’instruments du début du XXe siècle jusqu’aux producteurs pionniers de la techno de Détroit en passant par les compositeurs de l’âge des studios de recherche, ont imaginé la musique de l’an 2000. Cette esthétique futuriste traduit l’esprit visionnaire d’artistes qui puisèrent tour à tour leur inspiration dans l’idéalisme du progressisme scientifique, l’espoir d’une culture neuve bâtie sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, l’imaginaire de la science-fiction, et enfin l’idée, plus utopique, d’une possible expansion de notre conscience et de nos capacités grâce à une fusion harmonieuse entre l’homme et la machine. L’imaginaire d’innovation qui l’a guidée depuis ses origines perdure à travers ses croisements avec l’art numérique et la vague des « live audiovisuels », ainsi que la créativité d’une génération de luthiers qui imagine, à nouveau, les instruments de demain..

 

Kraftwerk - The Robots - Neue Nationalgalerie, Berlin, 1995 © Peter Boettcher Courtesy Sprüth Magers
Jeff Mills - Weather Festival © Jakob Khrist

Une ville : Détroit

Au cours des années 1990, la ville de Détroit, ses DJ et ses musiciens (Juan Atkins, Derrick May, Carl Craig, Jeff Mills…), ainsi que son environnement urbain incarnent l’un des mythes fondateurs de la révolution électro. L’exposition évoque la ville et ses artistes à travers les photographies de Marie Staggat et Jarod Lew, ainsi que les graphismes de Frankie Fultz, Alan Oldham et Abdul Qadim Haqq, réalisés pour le label Underground Resistance.

Dancefloor

Expérience esthétique et sensorielle, le dancefloor est le cœur battant de la culture électro, sur lequel les danseurs se retrouvent immergés dans un même bain de lumière et de musique. La musique électro a été la première à délaisser les codes restrictifs des boîtes de nuit pour investir de nouveaux espaces. Club intimiste, vaste hangar désaffecté, ancienne usine transformée en discothèque ou champ perdu en rase campagne, le dancefloor, espace de fête et d’oubli, peut prendre une dimension plus politique en devenant lieu de communion, notamment pour la culture gay, ou de brassage des minorités et des classes sociales. Depuis le New York des années 1970, lieu de naissance de la discothèque moderne et de la culture des DJ, jusqu’à la trépidante scène parisienne actuelle, de nombreuses « tribus » se sont succédé sur les dancefloors. Ravers épris d’hédonisme et d’utopie du Second Summer of Love britannique et des grandes raves clandestines des années 1990 ou militants libertaires des free-parties, jeunes des ghettos de Durban ou de Rio, clubbers en quête d’exotisme partis danser sur les plages de Goa, candy ravers de la classe moyenne américaine qui brûlent leur énergie au son de l’EDM… Les codes, les musiques et les danses adoptés par ces groupes font écho au contexte social et culturel de l’époque qu’ils traversent. Dans l’univers des arts, la culture des dancefloors est telle qu’elle inspire désormais des chorégraphes et metteurs en scène, particulièrement en France, comme Gisèle Vienne, Christian Rizzo et Alexandre Roccoli, qui participent à l’exposition.

Série Lunacy, 1993 © Meyer/Tendance Floue
The Fun House, 1979 ® Bill Bernstein Courtesy of the David Hill Gallery, London

Une ville : New-York

New York est considérée comme la ville qui a inventé la discothèque moderne et la culture des clubs. C’est pendant l’ère du disco, au cours des années 1970, dont témoignent les photos de Bill Bernstein, que les fondements esthétiques et techniques de la culture électro s’inventent ou se démocratisent. Le début des années 1990 marque l’âge d’or de la house new-yorkaise, grâce à sa musique énergique et festive, mélodieuse et vocale, dont les racines puisent dans l’héritage du disco et des musiques afro-américaines, devenant dès lors l’une des matrices de la dance music moderne.

Halluçienda - Peter Saville - Courtesy the artist and Sprüth Magers Photography : Stephen White

Un phénomène : The second summer of love

En 1987 et 1988, au cours de fêtes sauvages, la jeunesse britannique danse jusqu’au petit matin et plonge dans une bulle d’hédonisme. Une décennie après le punk, ce Second Summer of Love (référence à la convergence par milliers en 1967 de hippies à San Francisco) marque son époque et pénètre rapidement la pop culture à travers la mode et surtout le graphisme, comme la création de flyers ou d’affiches. Le célèbre designer anglais Peter Saville présente ses affiches réalisées pour le groupe New Order et le club Hacienda de Manchester.

Mix & Remix

Au-delà de sa culture musicale et de sa capacité à faire danser les foules, le talent du DJ relève d’un art de l’assemblage. À partir d’une technique qui lui permet de synchroniser deux disques, il parvient à créer une bande sonore dans laquelle les musiques se mêlent et les accords se fondent.On peut voir dans l’exercice du mix, initié au cours des années disco, développé par les DJ du hip-hop, puis au sein de la house et de la techno, une sorte de transposition dans la culture musicale des techniques de collage expérimentées dans les arts plastiques parles avant-gardes. Réciproquement, le travail des DJ, dont le disque vinyle peut être considéré comme l’emblème, a exercé, à partir des années 1990, une influence considérable sur les arts visuels, du graphisme à la vidéo.

 

Sextoy (FR), American Center, Paris, 1995 - Olivier Degorce - Headbangers Publishing

Une ville : Chicago

À travers une série de photographies, planches de bandes dessinées, objets et flyers, l’exposition évoque cette ville qui fût le théâtre de l’émergence de la house music au cours de la seconde moitié des années 1980, dans ses clubs gays et noirs. Une musique qui deviendra dès lors la matrice de la dance music moderne.

Imaginaires & utopies

Les différents courants de la musique électronique partagent des esthétiques et des imaginaires communs que l’on retrouve sur les pochettes de disques et mis en scène dans les clips et les concerts. Porteurs d’utopies, ils possèdent également une dimension politique. Faisant écho aux paysages sonores inédits que la musique électronique a générés, l’abstraction géométrique est une constante esthétique commune aux avant-gardes d’hier comme à la dance music actuelle.

Héritée du romantisme, la représentation du paysage offre aussi une forme de correspondance au caractère abstrait et instrumental de la musique électro.

Décrite comme purement fonctionnelle par certains, l’électro, consacrée à la danse ou à l’évasion, possède néanmoins une dimension politique et revendicatrice. Dès ses débuts, elle est un vecteur important de rassemblement, mélangeant les populations et permettant aussi aux communautés de se retrouver dans la fraternité de ses clubs.

Son avènement a favorisé la naissance de safer places, des clubs et des soirées communautaires où les minorités notamment LGBTQ+ ont appris à s’entraider, s’émanciper et être fières, à l’abri des discriminations.

I’ve never been to Berghain, Philip Topolovac © Ingo Lawaczek

Une ville : Berlin

La capitale allemande occupe une place à part dans l’imaginaire de la culture électro. Dès 1989, la techno joue en effet le rôle de ciment culturel pour la jeunesse allemande et accompagne tout le processus de réunification. Des clubs comme le Tresor, le Watergate et désormais le Berghain y célèbrent une nouvelle musique, la techno, ainsi qu’une nouvelle liberté de moeurs. Avec « I’ve Never Been To Berghain », l’artiste Philip Topolovac a créé une sculpture qui évoque l’architecture imposante du lieu et les activités secrètes qu’elle abrite. La ville doit aussi son statut de capitale moderne et symbolique de la scène techno grâce à une vaste diaspora internationale de musiciens, d’artistes, de freaks et de DJ, documentée par le photographe George Nebieridze à travers son installation Berlinights, The Occasional Feel-Good.

I've never been to Berghain : Philip Topolovac a conçu une sculpture du célèbre club de Berlin, le Berghain, en référence aux maquettes réalisées en Italie au XVIIIe siècle. Le goût néoclassique de l'art antique, relayé par le goût romantique pour la ruine, le développement du tourisme culturel suscite alors la fabrication de ces objets à la fois artistiques et mémoriels.Comme d'autres édifices autrefois, le Berghain incarne aujourd'hui pour les jeunes générations, un lieu mythique de désir et d'évasion.

Playlists

En complément de la bande-son concoctée par Laurent Garnier, le commissaire de l’exposition Jean-Yves Leloup a réalisé deux playlists dont chacun des morceaux fait référence soit à une œuvre, un corner, une photo, un clip, un artiste présent ou évoqué dans l’Expo Electro.

Playlist #1 - Pionniers & Pionnières

Les fondamentaux de la musique électronique : les pionniers et pionnières du mouvement, les différentes vagues électroniques qui ont précédé l’arrivée de la dance music électronique.

Playlist #2 - Disco, House, Techno…

Tour de la dance music électronique mondiale, de la disco électronique à la techno.