Petit lexique des musiques arabes

Petit lexique des musiques arabes

Arabo-andalou (style)

La musique andalouse qui s’est développée au Moyen Âge est héritière de la musique irakienne via le personnage de Zyriab qui s’exila à Cordoue. Après la Reconquista en 1492, la musique devint véritablement « arabo-andalouse » en trouvant dans les pays d’Afrique du Nord une terre d’accueil.

Chaâbi

Genre musical satirique et contestataire apparu en Algérie dans les années 1940. Le terme signifie littéralement « populaire ».

Darabukka

Tambour en gobelet « darabukka », Anonyme, XXe siècle, Syrie (Monde Arabe / Moyen Orient / Asie), E.996.12.4, Collection Musée de la musique © Photo : Jean-Marc Anglès

Tambour en forme de gobelet à une membrane qui accompagne presque tous les styles de musiques arabes. Le musicien frappe au centre de la peau pour obtenir le son grave « doum » et sur le bord pour le son aigu « tak ». Il utilise la paume de sa main et ses doigts pour produire différents sons.

Gnawas

Les Gnawas (mot dérivé du N’Goni africain) sont des descendants d’anciens esclaves issus de tribus originaires d’Afrique subsaharienne (Sénégal, Soudan, Ghana…). Les confréries actuelles pratiquent encore de nos jours des rituels où le chant accompagné d’un jeu instrumental au gumbri, tambour et karkabou, jouent un rôle essentiel. Les cérémonies Gnawies consistent en un rite de possession ayant un objectif thérapeutique : guérir, agir contre les influences négatives ou en faveur d’esprits favorables. On les retrouve en Algérie sous le nom de Diwan et en Tunisie sous le nom de Stambali.

Maqâm

Le maqâm est une notion centrale pour désigner les musiques arabes. Il s’agit d’une organisation des échelles mélodiques. À la différence du système des « gammes » (majeure, mineure…) telles qu’on les conçoit et les utilise en Occident, le maqâm est plus qu’un système d’intervalles : il organise les intervalles entre chaque note ainsi que les cheminements à l’intérieur de cette « échelle ».

Nay

Flûte à embouchure terminale de type « nay », Anonyme, fin XIXe-début XXe siècle, Algérie (Maghreb / Afrique), E.2002.8.3, Collection Musée de la musique © Photo : Claude Germain

Longue flûte oblique de roseau à cinq ou six trous postérieurs disposés par trois, et un trou antérieur. Elle fut introduite dans le monde arabe par les derviches tourneurs de Turquie.

Nouba

Suite musicale chantée et accompagnée d’instruments en Afrique du Nord (et pendant le Moyen Âge en Andalousie).

Oud

Luth « ud », Georges Nahat, 1931, Damas, Syrie (Monde Arabe / Moyen Orient / Asie), E.997.6.1, Collection Musée de la musique © Photo : Jean-Marc Anglès

Très répandu dans le monde arabe, où il est souvent considéré comme le roi des instruments, le oud possède une caisse de résonnance en forme de poire et un manche court. Ses cordes, en nylon, sont groupées par deux. On les pince avec les doigts ou à l’aide d’une languette appelée plectre.

Qanun

Cithare sur caisse « qanun », Anonyme, Damas, Syrie (Monde Arabe / Moyen Orient / Asie), E.1358, Collection Musée de la musique © Photo : Jean-Marc Anglès

Instrument par excellence de la musique savante, il est en forme de trapèze et possède jusqu’à 78 cordes. Le musicien pince les cordes, groupées par trois, à l’aide d’un plectre fixé sur son index. Le son du qanun est assez différent de celui du oud grâce à ses cordes en métal.

Soufisme

Le soufisme est la dimension spirituelle de l’islam. Centré sur l’expérience intérieure, il explore le dogme et le rite musulmans pour en extraire la quintessence. Il est traditionnellement régi par la relation de maître à disciple au sein d’une confrérie.

Tarab

Terme difficilement traduisible dans une autre langue, le tarab est probablement ce qui caractérise le mieux la musique arabe : cette intense émotion qui s’empare de l’auditeur à l’écoute d’un chant particulièrement mélodieux et qui le bouleverse dans son âme et dans son corps, l’amenant à une sorte de transe qu’il peut ressentir seul ou collectivement lors d’un concert.