Parcours de l’exposition

Parcours de l’exposition

Qu’est-ce qu’une comédie musicale au cinéma ? Un film où des personnages se mettent spontanément à chanter, danser ou jouer de la musique au milieu de l’action. Ce genre, volontiers appelé simplement le musical, est né aux États-Unis en 1927, en même temps que le cinéma dit « parlant », avant d’inspirer d’autres pays. La légèreté des comédies musicales a parfois été critiquée, néanmoins ses personnages font advenir un monde rêvé, utopique. Finalement, la comédie musicale nous invite à retrouver la fraîcheur de notre regard devant la joie de vivre du cinéma.

Transcription

Singin’ in the rain

Affiche du film Chantons sous la pluie (Singin’ in the Rain), réal. Gene Kelly et Stanley Donen, 1952. © Affiche Alexis Oussenko. Collection La Cinémathèque française.

Il s’imposait d’ouvrir cette exposition avec le film Chantons sous la pluie, réalisé en 1952. Parce qu’il est considéré comme la meilleure comédie musicale jamais tournée. Parce qu’il raconte la façon de faire un film à Hollywood, à une époque désormais révolue. Parce qu’il a suscité des dizaines de références, citations et clins d’oeil dans d’autres œuvres. Parce qu’il s’inspire d’une chanson à succès de 1929, laquelle incitait à garder sa joie de vivre malgré toutes les crises et les intempéries. Parce qu’il scintille dans notre mémoire collective, aujourd’hui plus que jamais…

 

Une chronologie de la comédie musicale

L’exposition propose aux visiteurs de découvrir l’histoire de la comédie musicale américaine au cinéma depuis l’arrivée du cinéma parlant à la fin des années 1920 jusqu’à aujourd’hui. Le musical américain a connu des phases d’engouement, de désaffection, de résurgence, d’apogée (au début des années 1950), de mutations… Il n’a en fait jamais cessé de décliner et de renaître de ses cendres.

Emma Stone et Ryan Gosling dans La La Land, réal. Damien Chazelle, 2016 © SND

La fabrique de la comédie musicale

Même si Damien Chazelle affirme s’être inspiré avant tout de Jacques Demy, les étapes de la réalisation d’un musical ont été mises au point à Hollywood, de façon assez précise, dès le début des années 1930. Les impératifs inhérents à la comédie musicale en ont fait l’un des genres cinématographiques les plus coûteux en termes de budget et de temps de travail, d’où la rigueur des producteurs soucieux de rentabiliser leur investissement.

Fred Astaire danse au plafond - Un procédé technique ambitieux

La présence de chansons ou de chorégraphie oblige à une écriture, puis à une phase de préparation spécifique. Les acteurs et les collaborateurs de création (musique, image, décors, costumes, montage, effets spéciaux…) doivent se plier aux contraintes du chant et de la danse. La mise en scène doit unifier tous ces éléments de façon cohérente. Les avancées techniques servent le processus ou lancent de nouveaux défis.

La comédie musicale dans le Monde

Mandhuri Dixit dans Devdas, réal. Sanjay Leela Bhansali, 2002 © Eros International/Droits réservés.

Presque tous les pays du monde ont eu, à un moment ou un autre de leur histoire, une tradition de films musicaux.

Souvent d’origine scénique, de l’opérette viennoise à la scenegiata napolitaine, du vaudeville anglo-saxon aux rumberas mexicaines ou aux chanchadas brésiliennes, en passant par « l’orientalisme » du cinéma égyptien, si populaire dans le monde arabe, tous ces films étaient, dans leur conception et leur fabrication, assez proches du modèle hollywoodien. Mais seul le cinéma indien est parvenu jusqu’à aujourd’hui à pérenniser rentablement sa production de films musicaux, qui contaminent toutes sortes de récits.

Playlist

Commissariat et direction artistique

Le commissaire d’exposition, N. T. Binh est maître de conférences en études cinématographiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste du musical hollywoodien. Il est membre du comité de rédaction de la revue Positif sous la plume de Yann Tobin, où il écrit depuis 1979 et où il a publié de nombreux articles et interviews sur la comédie musicale (Stanley Donen, Julie Andrews…). Il est auteur, coauteur ou directeur d’une vingtaine d’ouvrages sur le cinéma. Il a également assuré le commissariat de l’exposition Musique et Cinéma : le mariage du siècle ? en 2013, l’un des plus grands succès de la Cité de la musique – Philharmonie de Paris.

Le directeur artistique et scénographe, Pierre Giner, a fait des nouvelles technologies, des jeux vidéo, des archives numériques, des écrans, du déploiement et de l’architecture des images, son territoire d’expression. En tant qu’artiste, scénographe, commissaire d’exposition ou directeur artistique, et avec la complicité du collectif de graphistes et développeurs Trafik, il a réalisé de nombreuses expositions en France et à l’étranger :

  • Tout Le Monde Danse (Bonlieu, 2019)
  • Après Babel, traduire (Mucem, 2017)
  • Soccer Party Club (Grande Halle de La Villette, 2016)
  • Ultima (installation au Lieu Unique, Nantes, 2015)
  • Nuit de Chine (Grand Palais, 2014)