Parcours de l’exposition

Parcours de l’exposition

Le parcours de l’exposition se répartit dans quatre espaces : une galerie principale et trois alcôves.

Catherine Deneuve par Guy Bourdin, 1973 © The Guy Bourdin Estate 2017, Courtesy of Louise Alexander Gallery

Dans la galerie principale, 180 portraits illustrent et font revivre quatre grandes périodes entre 1950 et aujourd’hui. À travers l’objectif de grandes signatures et des témoins de l’époque, on découvre les idoles des jeunes, les icônes éternelles du cinéma, les dandys raffinés, les blousons noirs et dorés, les jeunes gens modernes, les pop modèles, les couples en duo, les groupes contestataires, les formations expérimentales, les collectifs à géométrie variable, les paroliers subversifs, les musiciens audacieux, les interprètes exceptionnels, les DJ novateurs, les producteurs aventureux, les autodidactes, les virtuoses, les branchés, les francs-tireurs, les Parisiens, les Rennais ou les Lyonnais, minimalistes ou extravagants, prolifiques ou éphémères, les populaires autant que les minoritaires.

Liste indicative des photographes : Kate Barry, Belle Journée en Perspective, Guy Bourdin, Antoine Carlier, Richard Dumas, Tony Frank, Claude Gassian, Antoine Giacomoni, William Klein, Jean-Claude Lagrèze, Antoine Le Grand, Youri Lenquette, Sam Levin, Jean-Baptiste Mondino, Billy Name, Jean-Marie Périer, Pierre & Gilles, Terry O’Neill, Pierre René-Worms, Richard Schroeder, Jeanloup Sieff, Pierre Terrasson…

Françoise Hardy et Étienne par Antoine Giacomoni, 1985 © Antoine Giacomoni / Mandrakimage

Dans la première alcôve, le Vidéodrome, un programme en boucle mixe une trentaine de documents audiovisuels INA et de clips : Serge Gainsbourg et Jane Birkin, Sylvie Vartan à l’Olympia, « Birthday Party » des Stinky Toys, « Épaule Tatoo » d’Étienne Daho, « Tandem » de Vanessa Paradis réalisé par Jean-Baptiste Mondino, « Le Monde de Demain » de NTM ou « Sexy Boy » de Air…

https://www.youtube.com/embed/OxLx84_0d

Dans l’alcôve intitulée Juke Box Baby, l’audioguide permet au visiteur de sélectionner et d’écouter à la demande 200 titres choisis par Étienne Daho, offrant un panorama de la pop française allant de « Que reste-t-il de nos amours ? » (1950) de Charles Trenet à « Party in My Pussy » du groupe Catastrophe.

Aquaserge par Julien Bourgeois, 2013
Sébastien Tellier par Aurélien Chauvaud, 2012

La troisième alcôve dite Daholab présente une trentaine de photos de la jeune scène actuelle (Flavien Berger, la Femme, Lescop, Lou Doillon, Calypso Valois…) et des quatre grands parrains de la French Pop (Elli Medeiros, Philippe Pascal, Patrick Vidal, Dominique A) réalisées par Étienne Daho et exposées en exclusivité.

Calypso Valois par Étienne Daho, 2014

Je l’aime pop

Je prenais des photos de loin en loin depuis mon adolescence. Je repris mes appareils à l’occasion d’une carte blanche musicale que me proposa la Philharmonie au printemps 2014. Comme je consacrais l’une des soirées aux artistes de la nouvelle pop française et à leurs parrains, je saisis l’occasion d’immortaliser leur insouciante photogénie et de capturer ce moment mystérieux de l’envol, celui où les choses se fabriquent. J’adorai l’expérience et la renouvelai lorsque le Midi Festival me proposa d’être le président d’honneur de l’édition 2016.

Quelques mois plus tard, la Philharmonie me proposa d’exposer ces images, mais comme je n’en avais qu’une trentaine, nous envisageâmes ensemble un projet plus opulent, où je serais le narrateur et guide d’un parcours subjectif de 70 années de pop française en 200 portraits. Ce ne serait donc pas un catalogue global de la pop française, mais un choix personnel de portraits d’artistes dont la trajectoire croise la mienne, soit ceux qui ont nourri mon inspiration et mon envie de devenir musicien, ceux qui ont accompagné ma route et ceux sur lesquels je souhaitais mettre de la lumière.

Si le projet était excitant, il était aussi plein d’écueils et j’hésitai un temps, évaluant la difficulté de m’extraire complètement du monde de la pop, dont je fais partie intégrante, pour le raconter avec assez de distance. L’autre complexité était que le nombre limité d’images pour couvrir une période si vaste m’empêcherait d’y inclure tous les artistes souhaités, avec le risque d’en occulter certains et de provoquer des frustrations légitimes chez les absents.

J’acceptai finalement et me lançai dans l’aventure, avec l’aide de Tristan Bera, Nathalie Noënnec, Franck Vergeade et l’équipe de la Philharmonie. Au travers des portraits des artistes au moment où ils apparaissent ou au moment où ils rayonnent le plus, au travers également de clips ou de chansons emblématiques, nous nous mîmes à déplier l’histoire de cette passionnante pop française.

Dans le choix du titre Daho l’aime pop !, il y a une énigme. Qu’est-ce que le mot « pop » signifie ? Lorsque j’étais enfant et adolescent, je ne me suis jamais préoccupé des genres et passais allègrement de la chanson populaire à l’underground, avec un même plaisir non coupable. Lorsque je connus mes premiers succès, pour échapper aux modèles dominants et à la rigidité sectaire du rock et de la variété, je m’autodéfinis comme chanteur pop. Cela me semblait m’offrir une zone de liberté qu’avaient défrichée certains de nos aînés. D’une manière générale, les « puristes » avaient tendance à considérer avec condescendance que la pop était essentiellement synonyme de plaisir hédoniste, de légèreté colorée et de compromission commerciale. Gainsbourg fut traité de vendu par ses pairs lorsqu’il explosa les codes et composa pour les yé-yé. Puis il fut sanctifié.

Nos aînés avaient bâti de belles fondations, fruits d’un hypermétissage de la chanson française et des rythmiques anglo-saxonnes. Le swing de Trenet, le rock de Boris Vian ou la pop anglaise sophistiquée de Françoise Hardy permirent aux générations suivantes de se retrouver en zone libre. Aujourd’hui, la pop a des contours fluctuants et se moque des définitions. Elle dresse des ponts entre les différents univers musicaux. Elle décloisonne, brasse, métisse, réconcilie les genres et arrache les étiquettes. Délivrée de la rigidité des codes, toute une nouvelle génération hisse très haut le drapeau d’une pop décomplexée, vive, variée, foisonnante et libre.

C’est à cette belle créativité et à cette liberté que cette exposition rend hommage.

Étienne Daho

Moodoïd par Fiona Torre, 2014

Commissaires

Étienne Daho, né en 1956 à Oran (Algérie), est auteur, compositeur, interprète et producteur. Il vit et travaille entre Paris et Londres.
Passionné de musique depuis son plus jeune âge, Daho est découvert aux Transmusicales de Rennes et fait partie des Jeunes Gens Modernes. Si son premier album Mythomane (1981), réalisé par Jacno et accompagné par les musiciens du groupe Marquis de Sade, remporte un succès confidentiel, tous ses autres albums La Notte, La Notte (1984), Pop Satori (1986), Pour nos vies martiennes (1988), Paris ailleurs (1991), Eden (1996), Corps et armes (2000), Réévolution (2003), L’Invitation (2006), Les Chansons de l’innocence retrouvée (2013), sont récompensés par des albums d’or et de platine. Considéré comme le parrain de la french pop, il multiplie les collaborations et les productions avec des artistes aussi divers que Saint Etienne, Francoise Hardy, Dominique A, Jane Birkin, Daniel Darc, Debbie Harry, Jacques Dutronc, Marianne Faithfull, Charlotte Gainsbourg, Jacno, Nile Rodgers, Air, William Orbit, Brigitte Fontaine, Alain Bashung… ou Jeanne Moreau, avec laquelle il interprète Le Condamné à mort de Jean Genet.
Son rayonnement sur la pop française actuelle est considérable.

Tristan Bera, né en 1984, est historien d’art, curator et artiste. Il vit actuellement entre Paris et Athènes.
En France, il a travaillé sur des expositions institutionnelles majeures comme Dada (2005) au Centre Pompidou et Gainsbourg 2008 à la Cité de la musique auprès des commissaires d’exposition, et plus récemment Warhol Underground (2015) et Jardin infini (2017) au Centre Pompidou-Metz en tant que commissaire associé. Par ailleurs, son travail et ses films ont été montrés dans les festivals de Rotterdam, Londres, Vila do Conde, Lisbonne/Estoril, CPH:DOX – Copenhagen International Documentary Film Festival, et dans les cinémathèques de Paris et Porto ainsi que dans des expositions personnelles ou collectives à la Kunsthalle de Zurich, Haus der Kunst (Munich), au Centre Pompidou, au K20 Dusseldorf, à ICA Winnipeg, Turku Art Museum (Finlande), à la Biennale de Moscou 2016, ou encore dans les galeries Jan Mot (Bruxelles) et Koyanagi (Tokyo).

Avec les collaborations de

Franck Vergeade est journaliste, ancien rédacteur en chef de Magic, revue pop moderne, producteur exécutif de Tombés pour Daho (2008) et Jacno Future (2011).

Nathalie Noennec est la directrice artistique image de nombreux artistes, parmi lesquels Alain Souchon, Olivia Ruiz, Benjamin Biolay ou Sandrine Kiberlain. Elle accompagne Étienne Daho dans ses projets artistiques depuis plus de vingt ans. Elle a naturellement apporté son regard aux choix visuels de cette exposition.

L’agence FREAKS est une agence d’architecture et de scénographie fondée en 2010 autour de trois associés : Guillaume Aubry, Yves Pasquet et Cyril Gauthier.
 FREAKS a obtenu le prix AJAP 2010 du ministère de la Culture et de la Communication et le prix 40 Under 40 du Centre Européen d’Architecture en 2016.
Les projets architecturaux de l’agence sont à forte dominante culturelle.
FREAKS a réalisé des scénographies d'exposition pour la Cité de l’Architecture et du patrimoine, le ministère de la Culture au Carrousel du Louvre, le Musée des Arts décoratifs ou encore la Gaîté Lyrique.

Graphisme : Formaboom

Calypso Valois par Antoine Carlier, 2016