Notes de passage

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Brève

L’Orient en musique

Publié le 15 Mai 2018

L’orientalisme a traversé la musique française. Ravel, Debussy et Roussel ont rêvé à l’Inde, à l’Égypte antique ou à la Perse.

La thématique orientale avait déjà pénétré le monde artistique occidental du XVIIIe siècle – les opéras, notamment, étaient nombreux à faire leur miel de « turqueries » diverses ou à convoquer un imaginaire exotique : il n’est que de penser, par exemple, à L’Enlèvement au sérail de Mozart. Mais la poursuite des travaux de traduction (comme, environ un siècle après l’adaptation en français des Mille et une nuits par Antoine Galland, la version allemande du Diwan du poète persan Hâfiz en 1814, qui inspira à Goethe son Divan occidental-oriental), les expéditions napoléoniennes en Afrique du nord et au Moyen-Orient ou encore l’intensification des échanges culturels et commerciaux entre Occident et Orient grâce à des déplacements plus aisés contribuèrent à rendre ce dernier plus présent dans l’imaginaire artistique du XIXe siècle européen : « l’Orient, soit comme image, soit comme pensée, est devenu pour les intelligences autant que pour les imaginations une sorte de préoccupation générale », écrivait ainsi Victor Hugo dans sa préface des Orientales en 1829. Les expositions universelles parisiennes, à partir de 1855, rendront l’intérêt plus aigu encore – et qu’importe si cet Orient n’est pas très clairement défini d’un point de vue géographique. Pays situés à l’est de l’Europe, Proche-Orient, Moyen-Orient, Extrême-Orient, pays du bassin méditerranéen ? C’est au choix de chacun…

Quoiqu’il en soit, les compositeurs français, vers la fin du XIXe siècle, ne pourront plus y échapper, et c’est une véritable fièvre qui s’empare d’eux. L’exotisme, dépassant le plaisir de la « couleur locale », nourrit leur recherche de modernité, les sonorités nouvelles des instruments orientaux ou les échelles et modes différents de cette musique participant du travail de distanciation à l’égard de leur propre héritage. « L’exotisme est une leçon » (Philippe Albèra), hors des conventions et de l’académisme. L’Orchestre de Paris concocte un itinéraire symphonique et chambriste permettant d’apprécier la vitalité de cet orientalisme qui aime à s’incarner aussi dans la danse (de nombreuses partitions de l’époque furent directement écrites pour des ballets ou ultérieurement chorégraphiées). On y croise d’Indy, Debussy ou Ravel, bien sûr, mais aussi des compositeurs moins connus comme Albert Roussel ou Florent Schmitt.

Shéhérazade - L'Indifférent - Orchestre de Paris

Maurice Ravel : Shéhérazade (III. L’Indifférent). Orchestre de Paris, Mikko Franck (direction), Nora Gubisch (mezzo-soprano). Concert enregistré à la Salle Pleyel le 19 décembre 2012.

Fabien Gabel
Concert symphonique

Orchestre de Paris / Gabel

D'Indy, Ravel, Roussel, Debussy/Koechlin, Schmitt
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie
Du samedi 9 juin 2018 au dimanche 10 juin 2018
Orchestre de Paris
Musique de chambre

Orientalismes

Musiciens de l'Orchestre de Paris - Cras, Roussel, Tournier
Le Studio - Philharmonie
Samedi 9 juin 2018 - 18:00
Fabien Gabel
Concert en famille

Princesses d'Orient

Orchestre de Paris - Fabien Gabel
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie
Dimanche 10 juin 2018 - 11:00