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Brève

Tout sur la contrebasse (première partie)

Publié le 25 Juin 2019

Instrument de l’ombre, la contrebasse est pourtant l’un des piliers de l’orchestre symphonique comme de nombreux ensembles de jazz. Focus sur un instrument qui fait figure de parent pauvre au sein de la famille des cordes.

Pas facile à manier, impossible à transporter… Tout contrebassiste se demande sans doute un jour pourquoi il n’a pas choisi le violon ou la flûte. Dans la famille des cordes, la contrebasse est l’instrument le plus imposant et le plus grave. Elle mesure entre 1,80 et 1,95 mètre de haut et couvre une ample tessiture.

Pour faciliter le jeu, la contrebasse est accordée en quartes (mi, la, ré, sol), et non en quintes comme les autres instruments à cordes (le violon, l’alto et le violoncelle). Les distances à couvrir sont en effet très grandes d’une note à l’autre. La plupart du temps, les contrebassistes jouent debout ou assis sur un siège en hauteur.

[Figures de Notes] La contrebasse, mode d’emploi


De trois à six cordes

Il existe des contrebasses à quatre, cinq ou six cordes. Au XIXe siècle, la contrebasse à trois cordes était très appréciée pour son timbre puissant et voluptueux dans les graves, mais ce modèle n’est quasiment plus joué. Aujourd’hui, c’est la contrebasse à quatre cordes qui domine à l’orchestre. Les musiciens ont aussi parfois recours à une cinquième corde supplémentaire dans le grave, celle de do.

Pour compliquer encore les choses, il existe deux types d’archets. Le premier, à la française, se rapproche de celui du violoncelle et se tient de la même manière. Le second, appelé archet « Simandl » ou « Butler », est un modèle allemand et se tient différemment : le talon repose dans le creux de la main tandis que le pouce se place sur le haut de la baguette.

De l’Italie du XVIe siècle au jazz

L’instrument aurait vu le jour en Italie, à la fin du XVIe siècle. Gasparo da Salò et Giovanni Paolo Maggini comptent parmi ses premiers facteurs. À l’époque, le nombre de ses cordes, en boyau et non en métal comme aujourd’hui, varie de trois à six.

Si la contrebasse se répand peu à peu en Angleterre, en Allemagne et en Autriche, elle ne fait son entrée en France qu’au XVIIe siècle. Le contrebassiste Pierre Chabanceau de La Barre est le premier à intégrer les Vingt-quatre Violons du roi – ensemble officiel de la cour – en 1663. Après des débuts à l’Opéra en 1706, dans l’Alcyone de Marin Marais, la contrebasse se fait une place dans le paysage orchestral.

Elle s’impose pleinement au XIXe siècle, avant de trouver un nouvel emploi avec l’arrivée du jazz au XXe siècle, où elle est essentielle. Le plus souvent, chez les jazzmen, on joue de la contrebasse en pizzicati. Parmi les plus célèbres contrebassistes jazz, on trouve Pops Foster, le bassiste de Louis Armstrong, Oscar Pettiford (Duke Ellington), Paul Chambers (Miles Davis)… Formule standard depuis le milieu des années 1950, le trio avec piano, qui réunit piano, contrebasse et batterie, constitue pour elle un terrain de jeu formidable.

Avishai Cohen Trio « Gently Disturbed » - Philharmonie de Paris - 31 août 2018


L’octobasse, encore plus colossale

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la contrebasse n’est pas le plus grand des instruments à cordes. L’octobasse, qui appartient à la même famille, est encore plus colossale : elle mesure entre 3,50 et 3,80 mètres de haut. Le musicien en joue debout, sur un tabouret souvent intégré à l’instrument. Il actionne un dispositif de leviers à l’aide de la main gauche, parfois remplacé par un système de pédales.

Inventée au XIXe siècle, l’octobasse peut descendre plus d’une octave en dessous de la contrebasse classique. Le son produit est alors si grave qu’il atteint la limite de ce que l’oreille humaine peut entendre. Berlioz l’utilisa pour la création de son Te Deum en 1855. Aujourd’hui, seul l’Orchestre Symphonique de Montréal intègre une octobasse. Le Musée de la musique en possède une réalisée par le luthier Jean-Baptiste Vuillaume.

Fac-similé d’une octobasse au Musée de la musique


Charlotte Landru-Chandès

Karina Canellakis
Concert

Orchestre de Paris / K. Canellakis

Chœur de l’Orchestre de Paris - Dorothea Röschmann - Wagner, Ravel, Bartók
Du mercredi 4 septembre 2019 au jeudi 5 septembre 2019
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie
Zubin Mehta
Concert symphonique

Israel Philharmonic Orchestra / Zubin Mehta

Schubert, Tchaïkovski
Mardi 10 septembre 2019 - 20:30
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie
Pablo Heras-Casado
Concert

Orchestre de Paris / Pablo Heras-Casado

Isabelle Faust - Debussy, Eötvös, Stravinski
Du mercredi 11 septembre 2019 au jeudi 12 septembre 2019
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie