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Autres regards / Pop culture

Disney aime le jazz, le jazz aime Disney

David Enhco et ses amis, accompagnés de voix de standing international pour honorer le répertoire de Disney : ça va jazzer !

Publié le 7 Décembre 2018
par Pascal Bertin

Tout le monde veut devenir un cat - Les Aristochats

 

D’un côté le pionnier de l’animation, véritable génie révolutionnaire de l’image qui a captivé des générations de jeunes et de moins jeunes avec ses célèbres dessins animés. De l’autre le jazz, révolution musicale de la charnière des XIXe et XXe siècles. Cela donne une histoire d’amour a priori improbable entre deux amants qui auront finalement passé leur vie dans les bras l’un de l’autre. Très tôt, Disney allait se passionner pour ce genre qui gagnerait son immense popularité à travers ses courants swing et bebop durant les années 30 et 40, soit les décennies où le réalisateur poserait les fondations de son œuvre. Les trajectoires de ces deux succès populaires allaient rapidement se rejoindre et rester régulièrement associées, comme lorsque le big band félin de Scat Cat joue « Tout le monde veut devenir un cat » pendant les roucoulades de Duchesse et O’Malley (Les Aristochats, 1970). Ou quand l’ours Baloo chante « Il en faut peu pour être heureux » au jeune Mowgli en plein cœur de la forêt vierge (Le livre de la jungle, 1967), formant inconsciemment les oreilles des bambins au jazz.

Avec un tel ancrage dans le patrimoine familial, les musiques de Disney ne pouvaient que faire l’objet d’hommages et de réappropriations par des musiciens de tous bords. Dans le genre pop car l’œuvre de Disney l’est elle-même bigrement devenue, dans le sens populaire du terme. C’est ainsi que l’ex-Beach Boy Brian Wilson s’est fendu d’un album de reprises de thèmes musicaux (In the Key of Disney, 2011). Des stars américaines comme Louis Armstrong, Peggy Lee, Johnny Mathis ou Bette Midler ont aussi chanté Disney, tandis que le géant Miles Davis a laissé une version d’anthologie de « Someday My Prince Will Come » (« Un jour mon prince viendra »).

Côté jazz, la riche collection de classiques constituée au fil des décennies dans les films Disney a fini par se fondre dans la propre histoire du genre musical. Avec cette particularité de toucher autant les enfants que leurs parents et grands-parents, trois générations qui eurent la chance de grandir avec les images de Walt Disney et leurs chansons éternelles dont les paroles demeurent intimement liées à leurs inoubliables héros animés.

 

Beatrice (Sam Rivers) - ENHCO BROTHERS

 

Incorrigibles passionnés de swing, les sept musiciens de l’Amazing Keystone Big Band, déjà croisés à la Philharmonie de Paris dans leur relecture de la musique de West Side Story, construisent les fondations musicales du concert, avec en particulier à la trompette David Enhco, fomenteur de l’adaptation jazz de Pierre et le Loup. À leurs côtés, des voix habituées aux méandres du jazz, gorgées de chaleur soul, avec la pianiste et compositrice australienne Sarah McKenzie et la révélation jazz soul british Myles Sanko. On y retrouve aussi le musicien anglais Hugh Coltman et la chanteuse américaine basée à Paris China Moses, déjà présente sur la compilation Jazz loves Disney initiée en 2016 par le légendaire label Verve. Tous des enfants de Disney, qui auront à cœur de saisir et de transmettre ce précieux héritage à un public de 7 à 77 ans. Voire même plus large encore.

Hugh Coltman - You’ve got a friend in me (Jazz Loves Disney)

Jazz loves Disney
Concert

Jazz loves Disney

Avec Sarah McKenzie, Hugh Coltman, Myles Sanko, China Moses
Salle des concerts - Cité de la musique
Du samedi 22 décembre 2018 au dimanche 23 décembre 2018