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Au jour le jour / Live

Les Ambassadeurs

Forts de leurs expériences sur les scènes du monde, Salif Keita, Cheikh Tidiane Seck, Amadou Bagayoko, Idrissa Soumaoro et leurs amis nous offrent un bain de jouvence au gré des danses qui firent battre le cœur de Bamako !

Publié le 13 Novembre 2015
par François Bensignor

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L’histoire des Ambassadeurs commence en 1969 au dancing du Motel, sous les manguiers au bord du fleuve Niger. Éloigné du centre-ville, on s’y rend en voiture. L’élégance est de mise et les danses variées. Mambo cubain ou rumba congolaise, pop anglaise ou soul américaine, musette ou tango, l’orchestre excelle à faire danser. Ses musiciens sont maliens, ivoiriens, sénégalais, ghanéens, nigérians… On les a baptisés Les Ambassadeurs.

Une saine émulation anime la vie musicale bamakoise. Au centre-ville, la réputation du Rail Band attire toujours plus de danseurs au Buffet de la Gare, grâce à ses chanteurs vedettes, Mory Kanté et Salif Keita. Quand il devient le chef d’orchestre des Ambassadeurs en 1972, le guitariste guinéen Manfila Kanté renouvelle son personnel. Avec d’excellents musiciens maliens, comme Ousmane Kouyaté à la guitare ou Idrissa Soumaoro à l’orgue, le répertoire prend une couleur mandingue et bambara. Elle s’accentue lorsque Salif Keita rejoint les Ambassadeurs en 1973. « Dans le Rail Band, on ne faisait que des interprétations du folklore transposé directement sur des instruments modernes, explique le chanteur. Mais avec Les Ambassadeurs, on s’attaquait à d’autres styles. Kanté Manfila et moi avons commencé à mixer nos talents et à donner une nouvelle dimension aux musiques malienne et guinéenne. C’est lui qui m’a appris à composer. » Leur association fait merveille et va séduire l’un des plus importants personnages politiques de l’époque, le président guinéen Ahmed Sékou Touré.

Les Ambassadeurs jouent devant lui lors d’un grand concert officiel au stade de Bamako. Quand il entonne « Djandjon », chant traditionnel de louange à l’adresse des valeureux héros mandingues, Salif Keita vient au plus près du chef d’état. Les accents déchirants de sa voix, joyau unique capable de transmettre l’émotion la plus pure, vont droit au coeur de ce grand mélomane. « À l’époque, je n’avais pas confiance en moi, dit le chanteur. Sékou Touré a tout fait auprès des autorités maliennes pour m’emmener en Guinée, où il m’a décoré de l’Ordre National Guinéen. Dès lors, on a commencé à m’attribuer plus d’importance, à me considérer comme une personne à part entière. »

En 1978 à Abidjan, ceux qui sont devenus Les Ambassadeurs Internationaux, rejoints par Cheikh Tidiane Seck, enregistrent « Mandjou » (le roi), morceau d’anthologie et sans doute leur plus belle chanson. Salif la dédie à la famille Touré. Deux ans plus tard, il s’envole avec Manfila Kanté pour Washington, où ils réalisent un autre disque magnifique. « Primpin », sa chanson titre, sera l’un des joyaux du fabuleux concert qu’ils donnent à Paris en 1983, marquant aussi la fin des Ambassadeurs. L’année suivante, Salif Keita s’installe en France afin d’y mener seul sa carrière.

Le concert évoque la mémoire d’une époque joyeuse, ainsi que celle de Manfila Kanté, l’ami décédé à Paris voici trois ans. Son esprit vit encore à travers la musique des Ambassadeurs.

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Les Ambassadeurs
Concert

Les Ambassadeurs

Salif Keita - Amadou Bagayoko - Cheikh Tidiane Seck
Samedi 14 novembre 2015 - 20:30
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie