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Au jour le jour / Entretiens

Lescop et Bastien Vivès font la planche

Publié le 25 Mai 2018

Avec son ami Lescop, brillante tête de pont de la jeune scène pop française, Bastien Vivès fait dialoguer en direct dessins et musique.

par Jérôme Provençal

Lescop & Bastien Vivès : Concert dessiné

 

Né en 1984, Bastien Vivès compte parmi les principaux représentants de la nouvelle génération d’auteurs de la bande dessinée francophone. S’étant fait connaître au préalable via Internet, sous le pseudonyme Chanmax, il publie son premier album, Elle(s), en 2007. Par la suite, très productif, il signe plusieurs albums par an, seul ou en collaboration. Citons notamment Le Goût du chlore, qui lui vaut le Prix Révélation au Festival d’Angoulême en 2009, Polina, qui remporte plusieurs prix (dont le Grand Prix de la critique en 2012), la série Lastman ou encore le tout récent La Décharge mentale (dans la truculente collection BDCUL chez les Requins Marteaux). D’une grande vivacité de trait et d’une grande liberté de ton, son style ne se restreint à aucun genre particulier et ne s’interdit aucune expérience.

Né en 1978, Lescop a d’abord donné de la voix au sein du groupe Asyl, formé en 1995 et est lentement arrivé à extinction après la sortie de son quatrième album, Brûle brûle brûle, en 2009. S’étant alors lancé dans une carrière solo, le chanteur s’est affirmé comme l’un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus singuliers de la scène musicale française contemporaine en l’espace de deux albums, Lescop (2012) et Echo (2016). Oscillant entre chanson française et new-wave anglaise, il pratique une forme de pop synthétique (en français dans le texte), sombre et lancinante, sous l’influence manifeste de grands frères spirituels tels que Daniel Darc/Taxi Girl, Joy Division et Bauhaus.

La rencontre artistique entre Bastien Vivès et Lescop date de 2013, année où ils réalisent ensemble leur premier concert de dessins lors du Festival de bande dessinée d’Angoulême – une rencontre qui relève de l’évidence pour l’un comme pour l’autre.

« La bande dessinée est importante pour moi, explique Lescop. Il y a pas mal d’auteurs qui m’ont inspiré. Par exemple, je suis un grand fan de Bilal, Moebius et Manara. Je trouve que les images ont toujours beaucoup plus d’impact que des kilomètres de mots. Même dans ce que j’écris, j’essaie de créer des images. Bastien est un peu dans le processus inverse : il essaie de raconter des histoires par ses images, sans trop de mots. Du coup, ça se complète bien. »

« La bande dessinée et la musique de Lescop se marient bien, répond Bastien Vivès en écho. En tout cas, j’ai réussi facilement à dessiner sur sa musique alors que j’ai eu d’autres expériences de concerts dessinés dans lesquels ça fonctionnait moins bien. Je m’attache moins aux paroles qu’à l’ambiance générale de la musique. Simplement illustrer un texte ne me paraît pas très intéressant. L’illustration, c’est même un peu la hantise dans la bande dessinée. Il faut que le dessin ajoute une autre dimension. »

De fait, musique et dessin s’entremêlent intimement tout au long du concert, Bastien Vivès s’attachant à mettre en relief la dimension dramatique, voire cinématographique, des chansons de Lescop sans les enfermer dans une interprétation univoque. Par rapport au concert de 2013, le matériau musical s’est étoffé et comprend des morceaux extraits des deux albums de Lescop, auxquels s’ajoutent quelques morceaux inédits. Il s’agit donc d’une véritable nouvelle création, conçue pour stimuler le plus possible l’imaginaire des spectateurs/auditeurs.

 

Lescop
Concert avec images

Lescop & Bastien Vivès

Le Studio - Philharmonie
Du vendredi 15 juin 2018 au dimanche 17 juin 2018