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Autres regards / Pop culture

Nils Frahm, orfèvre du clavier

Publié le 19 Juin 2018

La venue de Nils Frahm à Days Off méritait plus qu’un simple concert, tant son art panoramique se décline en mille facettes. Le festival lui a offert une carte blanche, que le musicien allemand clôture en beauté.

par Pascal Bertin

RA Sessions: Nils Frahm - All Melody / #2 | Resident Advisor

 

La sortie d’All Melody, nouveau chef-d’œuvre magnétique et contemplatif de Nils Frahm, a constitué un événement. Son art panoramique se décline en mille facettes. C’est donc une carte blanche forcément éclectique que le festival offre au musicien, qui se déclinera tout au long de la journée d’ouverture, le 30 juin. À la croisée de la musique classique et de l’électronique, il doit sa force de composition à l’apprentissage de la première et à sa capacité à la fusionner dans les techniques de production propres à l’ambient et à la techno. Orfèvre des alliages de son instrument-roi avec l’électronique, Nils Frahm compose depuis Berlin la bande originale des solitudes urbaines, des paysages intérieurs et des sensualités 2.0, à la croisée du minimalisme et des sorcelleries sonores technoïdes. Aucune étiquette ne saurait circonscrire cette musique à la fois maîtrisée et diablement libre, lumineuse malgré ses ombrages, expressionniste y compris dans ses sublimes silences. All Melody étant à ce jour son disque le plus accessible, l’heure a sans doute sonné pour que ce musicien secret accède aux mêmes honneurs que son compatriote Max Richter.

Sa carte blanche en forme de longue traversée du Nils verra l’intervention d’artistes amis déployés dans différents lieux de la Philharmonie avec éblouissements et surprises à tous les virages. La moindre n’étant pas l’invitation faite à Moses Sumney, voix singulière du R&B américain, avec son filet gracile, haut perché et délicat. Cet atout incomparable offre une porte d’entrée unique à l’univers intimiste et mélancolique du chanteur, auteur et compositeur californien.

 

Echo Collective joue « Pyramid Song » (Radiohead)

 

Autre voyage avec Echo Collective, collectif bruxellois de musiciens formés au classique, qui fait sortir la musique orchestrale de ses carcans traditionnels. Nils Frahm convie la troupe à une interprétation néo-classique de l’album Amnesiac de Radiohead, œuvre à la fois complexe et ésotérique. En première partie, Caterina Barbieri, venue à la techno après une formation classique. La voilà à la barre d’une œuvre exigeante, forte de recherches aboutissant à des plages hypnotiques, sur fond de minimalisme, de musique répétitive de drone et de techno.

La violoncelliste canadienne de San Francisco, Zoë Keating est une adepte du sample et des boucles permettant de superposer plusieurs couches de son instrument. Ses créations connaissent un vif succès auprès des BO de séries TV américaines mais aussi au cinéma, au théâtre et dans la publicité. Sur scène, elle joue tout en contrôlant les sons depuis un ordinateur pour dérouler un live aussi surprenant que fascinant. Ici, elle sera sur la scène de la Grande salle, en ouverture de la prestation de Nils Frahm.

Nils Frahm
Concert

Nils Frahm

+ 1re partie : Zoë Keating
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie
Samedi 30 juin 2018 - 21:30
Moses Sumney
Concert

Moses Sumney

+ 1re partie : Anne Müller
Salle des concerts - Cité de la musique
Samedi 30 juin 2018 - 19:00
Echo Collective
Concert

Echo Collective joue "Amnesiac" (Radiohead)

+ 1re partie : Caterina Barbieri
Le Studio - Philharmonie
Samedi 30 juin 2018 - 17:00