Notes de passage

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Musique illustrée / Archives vivantes

Vienne, creuset du quatuor à cordes

Après l’intégrale des quatuors de Chostakovitch en 2016, l’exploration de ceux de Mozart en 2014 et la célébration en 2012 de Wolfgang Rihm, la huitième édition de la Biennale gravite autour de l’astre qui a donné naissance au genre : Vienne.

Publié le 15 Décembre 2017
par Bertrand Boissard

 

 

Le Quatuor Ysaÿe joue Schubert, Brahms et Beethoven.

 

Les ensembles internationaux les plus en vue jouent ainsi Haydn (le grand précurseur), Mozart et Beethoven. Ils n’en oublient pas les compositeurs de la génération suivante (Schubert, Brahms) et ceux qui constituent la seconde école de Vienne (Schönberg, Berg, Webern), qui ont fait de la formation à quatre archets le vecteur privilégié d’un nouveau langage, atonal, dodécaphonique, expressionniste ou allusif.

À leur suite, le Viennois d’adoption György Ligeti – son Quatuor « Métamorphoses nocturnes » est redevable en partie à Bartók, mais aussi à Berg – et Olga Neuwirth ont su trouver leur propre chemin. Ce dialogue entre les époques forme le ciment de la plupart des concerts.

Ce qui a toujours constitué un axe majeur de la Biennale, l’enrichissement du répertoire au moyen de commandes, sera représenté par les premières mondiales de pièces signées Miroslav Srnka, James Dillon et Aureliano Cattaneo, et françaises (Édith Canat de Chizy, Hugues Dufourt, Philippe Hurel, Jörg Widmann). Elles rejoignent la longue liste des œuvres créées lors des dernières éditions, que l’on doit à Bruno Mantovani, Pascal Dusapin (compositeur au cœur de la Biennale dès sa deuxième édition), Philippe Manoury ou encore Harrison Birtwistle.

 

Le Quatuor Arditti joue le Quatuor n° 7 « Open Time » de Pascal Dusapin.

 

La Biennale de quatuors à cordes est davantage qu’une succession de concerts. Pendant dix jours, la Cité de la musique-Philharmonie de Paris devient le poumon mondial d’un genre qui ne s’est sans doute jamais aussi bien porté, après quelques décennies difficiles. En braquant les projecteurs sur sa glorieuse histoire, dotée d’un répertoire marqué par son incomparable richesse, sa permanence et sa vitalité, la Biennale est aussi le lieu de rendez-vous de tous ses acteurs, à travers des auditions et le repérage des formations de demain. Peut-être plus que pour tout autre genre musical, la transmission est au cœur de l’ADN du quatuor à cordes. D’où l’importance des rencontres (avec les membres du Quatuor Alban Berg) ou des master-classes (Alfred Brendel) qui émaillent la manifestation. Glorifier le passé, fêter le présent et préparer l’avenir : plus que jamais, la Biennale de quatuors à cordes entend jouer son rôle de vigie.

Salle de conférence
Leçon de musique

Alfred Brendel

Master-classe publique de quatuor à cordes
Amphithéâtre - Cité de la musique
Vendredi 12 janvier 2018 - 10:30
Quatuor Van Kuijk
Concert

Rising Stars Quatuor van Kuijk

Beethoven, Webern, Canat de Chizy, Schubert
Amphithéâtre - Cité de la musique
Samedi 13 janvier 2018 - 11:00
Quatuor Arditti
Musique de chambre

Quatuor Arditti

Dufourt, Hurel, Dillon
Amphithéâtre - Cité de la musique
Mardi 16 janvier 2018 - 19:00
Quatuor Voce
Musique de chambre

Quatuor Voce

Mozart, Webern, Beethoven
Amphithéâtre - Cité de la musique
Samedi 13 janvier 2018 - 17:30
Archives vivantes

La biennale en ses créations

Édith Canat de Chizy

Si le quatuor à cordes est né il y a 250 ans à Vienne, comme le célèbre fort justement cette Biennale 2018, il ne laisse depuis personne indifférent dans le monde...