Album n°3 - The Velvet Underground

Album n°3 - The Velvet Underground

07/06/2016

Le calme après la tempête.

Septembre 1968. Lou Reed et John Cale tirent le Velvet Underground dans des directions opposées. La réception de l’album White Light/White Heat est aussi timide que celle de son prédécesseur. Les tensions au sein du groupe se font de plus en plus vives, attisées par ce manque de reconnaissance manifeste.
Lou Reed entend réorienter le Velvet vers une musique plus conventionnelle pour lui ouvrir les portes du succès, tandis que John Cale veut poursuivre sa quête expérimentale, entre amplis détraqués et enregistrements subaquatiques. Malgré les réticences de Sterling Morrison et de Moe Tucker, John Cale est débarqué.
S’ensuit l’arrivée de Doug Yule, 21 ans, originaire de Boston, où il loue un appartement au manager des tournées du Velvet Underground, Hans Onsager. Exit les dissonances d’alto, Yule manie guitare, basse et clavier. Sous la houlette d’un Lou Reed désormais seul maître à bord, le Velvet amorce un virage folk rock et produit une musique plus mélodique.

Le disque s’ouvre tout en douceur sur « Candy Says », morceau dédié à l’actrice transsexuelle Candy Darling. Le rythme s’accélère avec « What Goes On », premier single et premier hit de l’album. La poésie et la mélodie de velours de « Pale Blue Eyes » en ont fait l’un des titres les plus populaires du Velvet Underground. « Jesus » poursuit le voyage tout en douceur, entre légèreté et repentance, avant que « Beginning to See the Light » et ses rythmes entraînants ne donnent un second souffle à l’album. Un souffle qui se mue en vent de nostalgie avec « I’m Set Free » et ses tambours qui ne sont pas sans évoquer certains titres du premier disque du groupe, « Heroin » et « All Tomorrow’s Parties » en tête. « The Murder Mystery » vient rappeler que le Velvet Underground, même en l’absence de John Cale, demeure une formation aventurière et avant-gardiste. « After Hours » révèle Moe Tucker sous un nouveau jour, illuminé par sa voix candide et enfantine.

Le changement de ton du groupe se traduit également sur le visuel de l’album, bien plus conventionnel que ses aînés. The Velvet Underground est un disque qui coule de source. Les remous y sont rares. « The Murder Mystery » excepté, les titres sont taillés pour être (enfin) diffusés par les radios.
Pourtant MGM ne fait guère mieux que Verve sur la promo et la distribution de l’album, dont les ventes sont décevantes. Malgré cela, le groupe vit bien. Lou Reed est plus prolifique que jamais, chaque concert offre son lot de textes inédits et d'improvisations. Le Velvet Underground enchaîne les bonnes prestations sur scène et signe l’une de ses meilleures performances au Matrix de San Francisco en novembre 1969.

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