Collège
Salle de conférence - Philharmonie

L'opéra au XIXe siècle, de A à Z

Désenchantement politique

Adults
L'opéra au XIXe siècleL'opéra au XIXe siècle © Gil Lefauconnier

Practical Infos

Tuesday, 10 March 2020 at 3:00pm
250€ (the course) / 12€ (the session)
Pour qui aime l’opéra, sans nul doute le XIXe siècle est le siècle par excellence. Qu’en est-il de ce genre dramatique hybride mêlant théâtre et musique ? Comment est-il traversé par les mouvements philosophiques, sociologiques et politiques du temps ? Quels en sont les codes, les représentations symboliques et les polémiques passionnées ? Quels en sont les enjeux esthétiques ? Après deux séances intitulées « l’abc » permettant de découvrir l’ensemble des aspects stylistiques et leurs évolutions (aussi bien en Italie, en France, en Allemagne qu’en Russie), des conférences thématiques vous invitent à pénétrer plus avant dans le monde aussi insolite qu’inouï de l’opéra romantique.

Sous couvert d’histoire d’amour et d’exaltation de beau chant, de nombreuses oeuvres de Gaetanno Donizetti scrutent l’Histoire et ses revers. Avec sa Norma, Bellini ne fait rien d’autre d’ailleurs. Quant au grand opéra à la française, des Huguenots de Meyerbeer à la Juive d’Halévy ou au Sigurd de Reyer, le désenchantement n’est pas qu’un arrière plan. Les turpitudes des temps anciens se retrouvent à la lumière des mises en scène lyriques dans des drames qui mènent le plus souvent à la mort des héros, broyés par la grande hache de l’Histoire. Durant le XIXe siècle, la marque imprimée par la Révolution française est le point nodal autour duquel se déclinent utopies et désillusions. En 1896, André Chénier d’Umberto Giordano en porte les stigmates vocaux, alors qu’au début du siècle, en moins de quarante ans, une génération de compositeurs s’éveillait aux revendications nationales et aux désirs de liberté. Si les opéras du hongrois de Ferenc Erkel ou du tchèque Beddrich Smetana s’inscrivent dans un élan nationaliste porteur, d’autres oeuvres fouillent ou mettent à nu les contradictions, les abdications du pouvoir sur les scènes d’opéra : de l’idéaliste Simon Boccanegra au terrible Philippe II, père criminel de Don Carlos, l’oeuvre de Giuseppe Verdi est peuplée des remous politiques qui agitent alors l’Italie en révolution. En Russie, la figure de Boris Godounov exaltée par Modeste Moussorgski en 1869, reflète des enjeux similaires. Le Crépuscule des dieux, comme celui des puissants, n’est jamais loin…

Agrégé d’Histoire, Marc Dumont a toujours lié ses deux passions : l’Histoire et la Musique. Par l’écriture, mais aussi (surtout !) à la radio. C’est à Radio France qu’il a produit des centaines de concerts et d’émissions, de 1985 à 2014 – à Radio Bleue, puis France Culture et surtout France Musique (Grands CompositeursHorizons ChimériquesPrésentez la facture, Visiteurs d’Histoire...) Il se consacre désormais à de multiples conférences à la Philharmonie de Paris, à Strasbourg, Monaco, Pontoise… Il est aussi auteur et récitant de nombreux spectacles, dont celui donné dans la grande salle de la Philharmonie de Paris, autour du 2è concerto de Rachmaninov, en novembre 2016. Il rédige actuellement un livre sur les liens entre l’Histoire et la Musique ainsi qu’un volume consacré aux souvenirs du facteur de clavecin Reinhard von Nagel.

Speaker/Trainer

  • Marc Dumont