Philharmonie de Paris - Home Page Philharmonie de Paris - Home Page

L’Orguasme de Bonnie Banane et Joseph Schiano di Lombo

Publié le 26 January 2026 — par Maxime Guthfreund et Aurélien Kalasz

— Entretien avec Joseph Schiano di Lombo

L’Orguasme cherche à apporter un élément de légèreté avec un des instruments les plus lourds qu’on ait jamais conçus.

Je m’appelle Joseph Schiano di Lombo, je suis pianiste et compositeur, et Bonnie Banane est mon acolyte sur ce projet.
C’est parti d’une blague, d’un échange, et finalement, ça a donné 10 chansons qu’on a enregistrées ici, dans des conditions idéales, parce que tout ce qui permet à l’orgue de recevoir l’air est dans une salle insonorisée à côté, donc on avait vraiment une qualité d’enregistrement exceptionnelle.

Au début, on pensait à L’Orguasme comme un duo et très vite, on s’est rendu compte que l’orgue avait une place prépondérante, presque une sorte de personnage, d’allégorie aussi de la descente du plaisir sur terre. Et assez vite, on a dit : « C’est un trio. »
L’orgue n’étant pas mon instrument principal, pour moi ça a été un défi. On s’est beaucoup fié à nos oreilles, à notre intuition. Je sais que Bonnie a aussi une très bonne intuition artistique et on a réussi comme ça à monter cet hommage au plaisir. Donc effectivement, il y a ce côté chanson paillarde au premier plan, mais on l’a traité avec respect.

Le travail a commencé dans des églises, dans plusieurs lieux qui m’ont d’abord accueilli avant que je connaisse Bonnie. Et on s’en est vite détaché, le plus vite possible, pour ne pas manquer de respect, connaissant aussi les positions de l’Église sur le sujet, on voulait que le cadre d’enregistrement ne soit pas sacré. On a compris aussi, et c’est assez intéressant, que le disque avait besoin d’une couleur sacrée. Et ça a été la difficulté. On l’a enregistré ici, à la Cité de la Musique. Dans un environnement très sec. Et justement, on a compris que, finalement, le démarrage du projet, qui était dans des lieux saints, enfin dans des lieux d’office, avait vraiment impacté le sujet. Et que le sujet, qui est profondément profane, avait besoin du sacré. 
Ce projet m’a aussi amené à chanter et le chant aussi a une empreinte, quelque part, dans le sacré, en soi, il va chercher ces choses-là. Et c’est par Bonnie que j’ai eu ce cran que je n’aurais pas eu seul.

Ce projet nous a permis un peu de continuer quelque chose qu’on avait déjà, chacun et chacune, commencé dans nos travaux respectifs, qui est de mélanger sans le faire exprès ou sans chercher les dosages et de le faire de manière préméditée, mais en continuant à aimer différentes choses. Et de vouloir les réunir. La scène, le disque, la musique ancienne et la musique… Le R’n’B… Toutes ces choses qui semblent décorrélées, qui semblent cloisonnées, qui ne semblent pas appartenir au même monde et qui, finalement… Ce que je dis souvent, c’est que Britney Spears utilise le même tempérament que Jean-Sébastien Bach, et qu’ils sont frères et sœurs. Enfin, il faut… Il y a beaucoup de cloisonnements, beaucoup de frontières qui sont faites entre les styles et entre les… les éthos aussi, la façon de se présenter dans la musique. Et je pense que nous, on a aussi des chemins très différents et des visions assez différentes. Mais je crois qu’il y a ça qui nous a réunis. Et aussi l’envie de rire d’un jeu de mots. C’est parti de ça. Et ça a donné… ça ! 

Les deux figures hors normes de la scène française actuelle ont donné à voir et à entendre L’Orguasme, projet enregistré sur l’orgue de l’Amphithéâtre de la Cité de la musique.

« L’Orguasme cherche à apporter un élément de légèreté avec un des instruments les plus lourds qu’on ait jamais conçu. »

Fruit de la rencontre du pianiste Joseph Schiano di Lombo avec l’orgue – lors d’une retraite monastique – puis avec l’inclassable Bonnie Banane, L’Orguasme est un ménage à trois musical qui a donné naissance à dix chansons paillardes et dévotionnelles, jouées uniquement à l’orgue. Le projet embrasse une large gamme de styles (r’n’b, musique médiévale, gospel, swing…) sans fard ni tabou.
Soutenu par la Philharmonie de Paris, L’Orguasme a été enregistré sur l’orgue de l’Amphithéâtre de la Cité de la musique et y a été présenté les 13 et 14 novembre 2025 dans le cadre d’une programmation consacrée à l’érotisme. L’album est disponible sur toutes les plateformes d’écoute depuis juin 2025 et sa performance live est disponible gratuitement en replay sur YouTube et Philharmonie Live, jusqu’au 18 décembre 2027.

De l’extase au burlesque en passant par la poésie, l’érotisme inspire les musiciens d’hier et d’aujourd’hui.

Maxime Guthfreund
Aurélien Kalasz