Après les Allemands (Gewandhausorchester Leipzig et Berliner Philharmoniker) et les Italiens (La Scala de Milan) de l’année dernière, place pour cette nouvelle édition aux Américains du MET Orchestra et aux Néerlandais du Concertgebouw. Les premiers sont menés par leur chef et directeur artistique depuis 2018, le charismatique Yannick Nézet-Séguin, pour deux concerts. Celui du mardi est entièrement consacré à l’univers opératique de Strauss, avec notamment la scène finale de Salomé portée par la voix pure et puissante d’Elza van den Heever. Le lendemain, c’est Joyce DiDonato qui prend le relais pour Lumière et Pesanteur, adaptation d’un extrait de La Passion de Simone, consacré à la philosophe Simone Weil par une compositrice dont DiDonato est familière, Kaija Saariaho. La mezzo-soprano chante aussi les Rückert-Lieder de Mahler, ainsi que le finale de la Quatrième Symphonie du même, une véritable vision de paradis.
Deux « cinquièmes », ensuite, pour l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, placé sous la direction de Santtu-Matias Rouvali : le Concerto pour piano n° 5 de Beethoven, un « Empereur » servi par Víkingur Ólafsson, récemment venu au compositeur avec un album remarqué ; et la Symphonie n° 5 de Prokofiev, magnifique partition de guerre dans laquelle le compositeur atteint à la pleine maturité de son style.
L’Orchestre de Paris est bien sûr une nouvelle fois de la fête. Son directeur musical Klaus Mäkelä ouvre sa dernière saison auprès de l’orchestre avec un compositeur particulièrement cher à son cœur, Mahler. L’immense Troisième Symphonie convoque une mezzo-soprano soliste (Wiebke Lehmkuhl, aussi à l’aise dans le répertoire baroque que chez Wagner et Mahler) et plusieurs chœurs pour chanter la nature « dans tout ce qu’elle a de terrifiant aussi bien qu’aimable », comme l’explique le compositeur.