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Les voix plurielles des poétesses

Publié le 04 February 2026 Lecture 2 min

© Justine Robineau

Durant quatre jours, la Philharmonie de Paris met à l'honneur une poésie longtemps marginalisée : celle écrite par les femmes. Un choix à la fois artistique et politique qui compense son invisibilisation, particulièrement violente à certaines époques, et ouvre le dialogue avec cette histoire particulière. 
— Sylvia Plath lit Lady Lazarus

En rassemblant des projets inspirés par des écrits de poétesses, ce temps fort n’est pas seulement une invitation à la découverte ou un pas de côté en matière de genre : il programme des voix qui interrogent l’ordre du monde. Des propositions éclectiques permettent d’apprécier, au-delà de leur condition commune d’énonciation, la diversité des paysages convoqués par ces femmes poètes.

À une exception près, ce sont des voix du XXe siècle qui s’élèvent. Dans son mélodrame pour soprano et quatuor (interprété par Marie-Laure Garnier et le Quatuor Agate), évoquant la magicienne Circé, le compositeur Benoît Menut fusionne les mots d’Augusta Webster, poétesse anglaise du XIXe siècle férue de mythologie et d’Antiquité, et ceux de l’Américaine Hilda Doolittle, l’une des figures de l’imagisme – un courant qui vise à débarrasser la poésie des clichés victoriens.

Une autre Américaine est au centre du récital d’Álfheiður Erla Guðmundsdóttir et Kunal Lahiry : Sylvia Plath. De son poème Lady Lazarus, elle disait : « la narratrice est une femme qui a le grand et terrible don de renaître. C’est un phénix, un esprit libertaire, ce que vous voulez. » En regard de la mise en musique d’Aribert Reimann, d’autres pièces plus ou moins récentes parlent elles aussi de liberté.

Un troisième récital, celui de Clarisse Dalles avec Edna Stern, se concentre sur l’œuvre de l’autrice Leah Goldberg, une artiste prolifique inspirée à la fois par la culture occidentale et la culture juive. Edna Stern dessine un chemin musical qui joint le Bach des Variations Goldberg à ses propres œuvres, en passant par Chopin ou Scriabine.

— Sophye Soliveau : Soul Flavor © La Serre Musicale

Figure montante de la soul française, la chanteuse et harpiste Sophye Soliveau s’entoure de choristes et d’instrumentistes pour un spectacle en honneur à Maya Angelou, poétesse, chanteuse et militante du mouvement des droits civiques.

— Romie Esteves : "Du Chant de la Terre à Babel". Teaser. © Compagnie La Marginaire et Compagnie les Chaudrons

En introduction à ce temps fort, un spectacle de Romie Estèves fait dialoguer Le Chant de la Terre de Mahler, la voix et l’univers d’André Minvielle et la poésie limousine de Marcela Delpastre.