Philharmonie de Paris - Home Page Philharmonie de Paris - Home Page

Marimba : carte blanche à Vassilena Serafimova

Publié le 22 April 2026 Lecture 2 min

— Entretien | Carte blanche à Vassilena Serafimova

L’invitation de cette carte blanche est venue de la part d’Édouard Fouré Caul-Futy, directeur artistique et programmateur à la Philharmonie de Paris.

La première idée qui m’est venue était de faire un lien entre mes deux pays : mon pays d’origine, la Bulgarie, et mon pays d’adoption, la France. Très naturellement, j’ai pensé réaliser un rêve que j’ai depuis une dizaine d’années maintenant : faire une soirée avec un chœur de musique traditionnelle bulgare. J’ai fait appel au chœur de Vanya Moneva qui va venir pour cette création. 

J’ai imaginé aussi quelque chose qui va relier nos origines, les racines, la musique traditionnelle avec la contemporanéité. Dans mon imaginaire, tout de suite sont venus la musique et le son de Chloé Thévenin.

Et puis je me suis dit que plus on est, plus on rit, donc j’ai imaginé un autre pont encore ente les deux établissements dans lesquels j’enseigne : la Haute École de Musique à Lausanne et le conservatoire à Saint-Maur. 

On a quand même encore un tout petit peu enchéri parce que la Philharmonie a proposé de faire appel à deux chœurs amateurs qui vont se joindre à nous, pour la dernière pièce écrite par Alexandros Markeas et dirigée par Rémi Durupt. 

Donc ça c’est la première soirée, elle me paraît déjà une épopée ! La deuxième, c’est le 30 mai. Cette fois-ci, l’idée est venue aussi assez naturellement. J’ai un duo constitué avec Thomas Enhco depuis bientôt 17 ans, et il se trouve que notre précédent programme, Bach Mirror, a été créé à la Philharmonie. Donc je me suis dit que c’était l’occasion parfaite de faire un nouveau programme ensemble avec Thomas, de faire une nouvelle création, qui va avoir encore, comme on adore faire, des transcriptions, des improvisations, des compositions… 

Et juste avant, je vais avoir la joie de présenter mon prochain album qui va sortir, avec le Quatuor Ardeo, sur le label La Dolce Volta. 

Le marimba est un instrument d’Amérique centrale, et aussi d’Afrique avec les balafons. Il a des origines sur les deux continents.

J’ai toujours imaginé qu’il puisse faire le dialogue avec des esthétiques différentes, des pays de tous les coins du monde, des gens qui vont toucher à des arts différents, à des genres de musique différents…

Je trouve que le marimba est un instrument assez parfait, comme un caméléon. Il peut se transformer selon les transcriptions, les époques qu’on va toucher.

Quand on a cherché les pièces, on a aussi imaginé où le marimba pourra apporter quelque chose. Le but a toujours été d’inventer, d’essayer de donner un regard et une manière de revoir la pièce aujourd’hui, avec le son du marimba, mais vraiment essayer d’apporter quelque chose. 

C’est la deuxième fois que je vais jouer au Musée. J’avais déjà eu la grande joie d’y participer dans un concert il y a peut-être une dizaine d’années. J’avais déjà touché un petit peu le marimba mexicain, j’avais déjà joué dessus donc je me fais une vraie joie d’y revenir.

Comme il y a trois petits concerts – on va promener le public dans des endroits différents du Musée, en trois parties –, j’ai imaginé une genèse du marimba, les origines. Donc là j’ai cherché des pièces du Costa Rica, de Guatemala, de Mexico, des amis du Burkina Faso m’ont aussi donné des patterns de balafon que je vais essayer de transcrire. Une deuxième partie est consacrée au marimba contemporain, avec le répertoire qu’on va faire sur le marimba aujourd’hui, qui a été créé il y a une centaine d’années. Et une troisième partie où il y a une rencontre entre le passé et le futur, comment ils vont s’influencer. 

Moi je me suis toujours dit que la musique est vivante, les instruments sont tout le temps en train d’être joués d’une manière différente selon les époques, et au contraire je trouve que c’est vraiment super de pouvoir les sortir, de pouvoir les entendre parce qu’un instrument doit sonner.

Le temps d'un week-end, pleins feux sur le marimba grâce à Vassilena Serafimova, l’une de ses meilleures ambassadrices, qui invite sur scène étudiants et musiciens complices.

Depuis une dizaine d’années, Vassilena Serafimova porte en elle le désir de susciter une rencontre musicale inédite entre la Bulgarie, son pays natal, et la France, son pays d’adoption. Ce projet longuement mûri se concrétise le vendredi 29 mai sous la forme ambitieuse d’un concert panoramique traversant plusieurs registres, de formes anciennes en sonorités neuves. Pour la circonstance, Vassilena Serafimova convie un large aréopage. Outre l’illustre musicienne électro Chloé, complice de longue date, on y trouve notamment un chœur de femmes bulgares, le jeune chef d’orchestre Rémi Durupt et des élèves de classes musicales. Contenant des chants traditionnels bulgares et des pièces contemporaines, le programme s’achève avec une œuvre d’Alexandros Markeas qui réunit tout le monde sur scène.

Le samedi 30 mai, Serafimova invite à partager une ardente soirée de dialogues sans frontière, en deux parties, d’abord avec le Quatuor Ardeo puis avec le pianiste Thomas Enhco. La première partie du concert célèbre l’union des instruments à cordes et des percussions à travers diverses pièces, aux esthétiques très différentes, de grands compositeurs. La seconde partie donne à découvrir Funambules Vol. 2, création pour laquelle Vassilena Serafimova et Thomas Enhco joignent une nouvelle fois leurs sensibilités si bien accordées. Avant le concert, un rendez-vous public avec la percussionniste est proposé au Café littéraire de la Cité de la musique.

Enfin, le dimanche 31 mai, Vassilena Serafimova et ses étudiants composent au Musée de la musique un parcours où xylophones, marimba et vibraphone historiques du Musée dialoguent avec ceux d’aujourd’hui. Un voyage entre rythmes traditionnels et contemporains.