Collège
Salle de conférence - Philharmonie

Divas et héroïnes

Suzanne

adulte
Durée : environ 2h00
Suzanne interprétée par Ekaterina SyurinaSuzanne interprétée par Ekaterina Syurina © Fred Toulet / Opéra De Paris / Bridgeman Images

Infos pratiques

Mercredi 7 octobre 2020 à 15h00
230 € (le cycle) / 14 € (la séance)

Aussi inclus dans :

De la simple découverte à l’approfondissement, les COLLÈGES permettent aux mélomanes d’enrichir leurs connaissances. Chaque cycle propose une série de conférences où la musique – populaire ou savante – est abordée dans son contexte historique, sociologique et esthétique.

Ce collège répond au mythe du héros, version « interprétation au féminin ». Cantatrices légendaires sous les feux de la rampe ou rôles héroïques dans les livrets, les femmes à l’opéra montrent un tempérament hors du commun. Vous aurez ainsi l’occasion d’entendre des enregistrements historiques et d’aujourd’hui. Côté divas par une mise en perspective du caractère de chaque voix à travers les grands rôles, côté héroïnes en analysant le rôle dans son contexte dramatique, historique et esthétique et en confrontant les différentes interprétations.

Inspiré par la cantatrice Nancy Storace (1765-1817), célèbre diva anglo-italienne spécialiste de l'opéra buffa, le rôle de Suzanne dans Les Noces de Figaro (1786) est l'un des plus attachants du répertoire mozartien. Elle n'a pourtant qu'un seul air "Deh vieni non tardar" qu'il faut savoir attendre puisqu'il n'intervient qu'au quatrième acte, couronnant la féminité du personnage par son lyrisme et sa sensualité. Entre-temps, elle a donné vie aux ensembles ou aux finals tour à tour pétillante et énergique, rebelle et fière, tendre et amoureuse. C'est cette personnalité forte qui remet en question l'héritage des caméristes de la comédie ou de l'opera buffa du XVIIIe siècle : toujours confiante en l'avenir et en sa légitimité au bonheur, elle n'a plus rien d'une victime et quelles que soient les velléités et les pressions du Comte, elle affirme la liberté de ses choix et n'entend pas se soumettre. En ce sens, c'est elle qui exprime la parole de Mozart au sujet des femmes : alors que Beaumarchais vient de réveiller un vieux mythe sans fondements historiques avec le droit de cuissage qui lui sert de prétexte à remettre en cause le pouvoir aristocratique, Mozart fait l'apologie de la féminité et lui arroge tous ses droits en digne prédécesseur des fondatrices de #metoo.

Florence Badol-Bertrand enseigne l’histoire de la musique au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Depuis ses études, elle a à cœur de mettre en œuvre la musicologie en collaborant avec les interprètes. Son doctorat a redonné vie à un grand nombre d'œuvres oubliées produites au Festival Vivarais-Lignon (dont elle a été fondatrice et directrice artistique), et à l’étranger - New-York Oboe Blow out, Festival de Schwetzingen, CNSMDP... Dans cette perspective de transmission, elle a conçu le cédérom Cosi fan tutte avec l'enregistrement de R. Jacob, Macromedia People’s Choice Awards de San Francisco en 2000. En 2006, elle a publié la fiction Mozart ou la vie adaptée en lecture-concert avec Daniel Mesguish. Son ouvrage Requiem, au cœur de l’œuvre ultime de Mozart accompagné de l’enregistrement de P. Herreweghe a été salué unanimement par la critique. Fin 2011, elle a été reçue à l’Habilitation à Diriger des Recherches. En 2016, son documentaire sur Hélène de Montgeroult a été mis en ligne sur le site du CNSMDP. En 2019, les éditions Fayard lui ont confié la rédaction du nouveau volume sur Mozart qui prendra place dans leur célèbre collection de biographies.

Intervenants

  • Florence Badol-Bertrand, conférencière