Collège
Salle de conférence - Philharmonie

Le Piano, tête d'affiche

Ludwig van Beethoven, Les 5 dernières sonates

adulte
Durée : environ 2h00
Ludwig van BeethovenLudwig van Beethoven © Artothek / Bridgeman Images

Infos pratiques

Jeudi 5 novembre 2020 à 15h00
230 € (le cycle) / 14 € (la séance)

Aussi inclus dans :

De la simple découverte à l’approfondissement, les COLLÈGES permettent aux mélomanes d’enrichir leurs connaissances. Chaque cycle propose une série de conférences où la musique – populaire ou savante – est abordée dans son contexte historique, sociologique et esthétique.

Ce collège propose de visiter la musique pour piano soliste à partir de grandes œuvres du répertoire. Quels sont les enjeux et les paramètres de composition pour un clavier ? Quelles en sont les évolutions et les révolutions ? Partant du lien intrinsèque entre le son et la facture, vous pourrez ensuite voyager à travers l’Europe et les siècles, de Mozart à Ligeti. Pour compléter ce collège, les grands concertos pour piano des compositeurs russes des XIXe et XXe siècles sont abordés au sein de clés d’écoute.
 
Nées après plusieurs années de crise, les cinq dernières sonates de Beethoven ouvrent sa dernière période créatrice, durant laquelle seront créées des formes nouvelles de grande dimension : elles sont en effet suivies de la Neuvième Symphonie et de la Missa Solemnis, des Variations Diabelli et des derniers quatuors à cordes. Chacune des sonates offre une construction originale dans laquelle les mouvements sont intimement liés ; la plus conforme à la structure traditionnelle, qu'elle submerge de l'intérieur, est la plus extravagante et la plus monumentale : la vingt-neuvième opus 106. À l'architecture de la forme-sonate, Beethoven substitue la variation et la fugue, mais aussi une écriture libre, proche de la fantaisie. Les anciens canons de l'écriture en sont bouleversés, et le traitement du piano est en tous points novateur. Dans les variations de la Sonate opus 111, Beethoven creuse le thème jusqu'à la pulvérisation du son ; dans le mouvement lent de l'Opus 106, il entraîne l'auditeur dans une méditation qui touche à la métaphysique. Pour la génération romantique, ces œuvres ouvraient un monde nouveau aux niveaux de l'écriture, de la forme et de l'expression : après elles, la sonate fut considérée comme morte, laissant place à des formes libres. En donnant à ses œuvres une dimension à la fois poétique et philosophique, conformément aux idées des premiers Romantiques allemands, Beethoven avait arraché la musique à sa position subalterne, la portant au sommet de la hiérarchie des arts. 

Après des études de musique au Conservatoire de Genève et de musicologie à Paris VIII, Philippe Albèra crée les concerts Contrechamps en 1977, dont il sera directeur jusqu'à 2005, puis l'Ensemble Contrechamps en 1980, la Revue Contrechamps en 1983 et les Éditions Contrechamps en 1991, dont il est encore responsable. Coordinateur artistique d'une salle d'art contemporain à Genève entre 1984 et 1998, il crée dans cette ville le festival Archipel en 1992. Parallèlement, enseigne au Conservatoire Populaire de Musique de Genève, puis dans les Hautes Écoles de musique de Genève et Lausanne, et est conseiller au Festival d'Automne à Paris ainsi qu'à l'Orchestre de la Suisse Romande. Il a écrit de nombreux articles et essais, dont une partie a été regroupée dans Le son et le sens, essais sur la musique de notre temps (éditions Contrechamps, 2007), un petit ouvrage sur Schoenberg publié par l'IRCAM, Schoenberg Plus (1986) et Le parti pris des sons. Sur la musique de Stefano Gervasoni (éditions Contrechamps, 2015). Il a reçu les prix de la Ville de Genève (2003), le prix Meylan (2007), le prix « Happy New Ears » à Munich (2011), et le prix de la Confédération helvétique (2015).

Intervenants

  • Philippe Albèra, conférencier