Débat
Salle de conférence - Philharmonie

La vie musicale en Palestine aujourd'hui

adulte
Durée : environ 1h30
Week-end Mahmoud DarwichWeek-end Mahmoud Darwich © D.Dailleux/VU’

Infos pratiques

Samedi 29 février 2020 à 18h30
Entrée libre
En lien avec la programmation artistique, les débats, grâce à des personnalités du monde musical et culturel, offrent aux auditeurs un espace de parole et de réflexion sur l’histoire et l’avenir de la musique.

A l'occasion du week-end Mahmoud Darwich, la Philharmonie de Paris organise un débat sur les enjeux et l'intensité de la vie musicale en Palestine aujourd'hui.

Nicolas Dufétel est musicologue, actuellement chargé de recherche au CNRS et directeur adjoint de l'IReMus. Spécialiste du 19e siècle, il avait consacré sa thèse de doctorat à la musique religieuse de Liszt. Par la suite, il a été professeur de culture musicale au CRR d’Angers, chercheur invité à la BNF, fellow à Harvard University puis chercheur à l'Institut für Musikwissenschaft de Weimar-Jena (postdoctorat de la Fondation Humboldt). Ses recherches concernent principalement le XIXe siècle, Liszt, mais aussi Wagner, Chopin, l’identité européenne, les relations franco-allemandes et de façon plus générale le « long » XIXe siècle (épistémologie, esthétique, analyse, épistémologie, histoire culturelle, philologie et musique religieuse). Il s’intéresse aussi aux correspondances entre musique et beaux-arts, aux questions soulevées par la diplomatie culturelle et aux études levantines (réception de la musique occidentale dans l’Empire ottoman). Il est l’auteur d’une quarantaine d’articles dans des revues scientifiques françaises et étrangères et de dix livres et éditions critiques, dont les textes inédits de Liszt sur Wagner (Actes Sud), les Pensées de Liszt (Le Passeur) et la correspondance entre Liszt et le grand-duc de Saxe (Société française de musicologie).

L’itinéraire de Ramzi Aburedwan n’est pas banal. Cet artiste palestinien est né à Bethléem et a passé son enfance dans le camp de réfugiés d’Al Amari à Ramallah, où sa famille a été obligée d’émigrer en 1948. La première Intifada (1987/1992), la violence et l’occupation israéliennes ont fortement marqué son enfance et son adolescence. A 16 ans il participe à un atelier de musique - cette expérience changera sa vie. De 1996 à 1998 il étudie la musique au Conservatoire National de Musique Edward Saïd à Ramallah. En 1998 il obtient une bourse d’études du Consulat Général de France à Jérusalem qui lui permet d’étudier l’alto au Conservatoire National Régional d’Angers (France) jusqu’en 2005. Il obtient son Diplôme d’Etudes Musicales en alto et musique de chambre. C’est aussi dans ce conservatoire qu’il rencontre d’autres étudiants avec lesquels il crée, en 2000, l’Ensemble Dal’Ouna, dédié à la musique et à la cause palestiniennes. Aujourd’hui, la carrière de Ramzi est consacrée à de nombreux projets. Il est membre et fondateur de l’Ensemble Dal’Ouna, directeur artistique de l’Ensemble National de Musiques Arabes de Palestine (ENMAP), et le Projet Al Manara, ainsi que compositeur et arrangeur. Parallèlement, son profond engagement et son humanité l’ont conduit à créer en 2005 l’association Al Kamandjâti, dont le but est de créer des écoles de musique pour les enfants palestiniens, en particulier les plus vulnérables, et pour la plupart issus des camps de réfugiés.

Après une carrière de violoniste en Italie, son pays natal, en France et au Royaume Uni, c’est à l’âge de quarante ans que Michele Cantoni décide de se dédier à des projets pédagogiques et artistiques palestiniens. Convaincu de l’importance qu’une ouverture vers le monde peut représenter pour des jeunes artistes, il s’investit aussi bien dans la qualité et la continuité de la formation que dans la coopération et les échanges, à échelle locale comme à l’international. Fort de son expérience d’enseignant, il est, de 2010 à 2015, responsable pédagogique des différentes antennes du Conservatoire National Edward Saïd (Jérusalem, Bethléem, Ramallah, Naplouse, Gaza) et directeur artistique des ensembles liés à ce Conservatoire, dont l’Orchestre de Jeunes de Palestine qu’il mène, entre autres, en Italie et en France. Ses missions l’engagent à mettre en place une série de partenariats internationaux : Oslo Philharmonic, Conservatoire et HEM de Genève, Festival d’Aix-en-Provence (OJM et réseau MEDINEA). Depuis 2015, Michele Cantoni se dédie au projet d’établir une structure nouvelle, la « Philharmonie de Palestine », en consultation avec de nombreux artistes et institutions locales et internationales, dont la Philharmonie de Paris. La même année, il co-fonde, avec Mathilde Vittu, les écoles chorales Amwaj de Bethléem et Hébron.

Titulaire de six prix du CNSMDP en écriture et culture musicale et du prix de recherche en musicologie, des Diplômes d’État de violon, direction d’ensembles vocaux et direction d’ensembles instrumentaux et du Certificat d’Aptitude de culture musicale, Mathilde Vittu est docteure de l’Université Paris-Sorbonne. Elle a enseigné dans différents CRD et CRR en France, à l’Université Sultan Qaboos de Mascate (Sultanat d’Oman) et au Conservatoire National Edward Saïd de Palestine (Ramallah, Jérusalem, Bethléem, Naplouse, Gaza). Depuis 2014, Mathilde Vittu partage sa vie entre le CNSMDP où elle enseigne les disciplines complémentaires de musicologie et l’école chorale Amwaj de Palestine qu’elle a créée avec Michele Cantoni. Cette école, centrée sur l’apprentissage de la musique par le chant choral, offre un enseignement intensif à 60 enfants des régions de Bethléem et Hébron (anciennes et nouvelles villes, zones rurales, camps de réfugiés) et à 30 enfants résidant au SOS Village d’enfants de Bethléem. Le chœur Amwaj se produit régulièrement en Palestine et il effectue, en 2020, sa troisième tournée en France.

Intervenants

  • Nicolas Dufétel, modérateur
  • Ramzi Aburedwan, direction musicale, Ensemble Ramzi Aburedwan
  • Michele Cantoni, conférencier
  • Julien Chiappone-Lucchesi, conférencier
  • Mathilde Vittu, direction musicale, Choeur Amwaj de Palestine
  • Mohamed Najem, musicien

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Spectacle

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