Notes de passage

A+AA-Print

Musique illustrée / Histoire d’instrument

Quelle restauration pour le “DAVIDOFF” ? (2/3)

Comment associer les critères de conservation d’un musée et la remise en état de jeu d’un violon de plus de trois siècles ? Lever de voile sur le processus de restauration du "Davidoff".

Publié le 31 Mars 2015
par Jean-Philippe Échard, Stéphane Vaiedelich et Balthazar Soulier

Comme la plupart des violons de cette époque, le "Davidoff" a vu nombre de ses pièces changées et modifiées au cours du temps pour l’adapter à l’évolution du répertoire et des techniques de jeu. L’instrument tel qu’il nous parvient aujourd’hui est doté d’un montage vieux d’une cinquantaine d’années tout au plus 1. Le manche ancien est au moins le troisième qui ait été monté sur l’instrument depuis sa création en 1708.

La caisse de résonance (le « coffre ») et le chevillier (la « tête ») de l’instrument sont quant à eux originaux et préservés. Ils témoignent encore, malgré le passage du temps, de l’excellence du savoir-faire de l’atelier d’Antonio Stradivari.

Il ne s’agit donc pas de restaurer l’instrument pour le ramener à un hypothétique état d’origine ni même ancien, mais d’adapter son montage et son jeu à notre époque, et d’optimiser son fonctionnement musical. Suivant la déontologie actuelle des musées, les éléments originaux sont intégralement conservés, et les différents états de l’instrument documentés.

Le “Davidoff” : un Stradivarius du Musée de la musique (2/3)

 

Certaines fragilités structurelles de l’instrument devaient être traitées : des zones décollées ont été nettoyées et recollées. D’anciennes fractures de la table d’harmonie demandaient à être stabilisées. Le renforcement de la tête originale, par la pose de copeaux de bois enroulés en spirale et collés à l’intérieur des trous des chevilles, s’est également avéré nécessaire. Certaines anciennes retouches non originales ont été allégées sur la table d’harmonie, et la surface de l’instrument a été nettoyée, afin d’améliorer la lisibilité du vernis original. Ce travail extrêmement minutieux a souvent été réalisé sous loupe binoculaire, une sorte de microscope de travail.

  • La loupe binoculaire, un outil indispensable à la restauration. © J.-P. Echard © Philharmonie de Paris
  • L’éclairage de la zone de travail est assuré par des fibres optiques. © C. d'Hérouville © Philharmonie de Paris
  • Une ancienne fracture, en cours de nettoyage. © J.-P. Echard © Philharmonie de Paris
  • La même fracture ancienne, vue à travers la loupe binoculaire. © B. Soulier
  • Nettoyage du bas des éclisses. © B. Soulier
  • Des scans 3D de l’instrument ont été effectués à différentes étapes de la restauration, par la société Art Graphique & Patrimoine. © J.-P. Echard © Philharmonie de Paris
  • Les copeaux pour renforcer les trous des chevilles sont préparés. © B. Soulier
  • Mise en place des copeaux de renforcement. © B. Soulier
  • On distingue la limite d’un ancien manche, dans un trou non encore renforcé. © B. Soulier
  • Finition des renforcements du chevillier. © J.-P. Echard © Philharmonie de Paris
  • Un éclairage riche en ultraviolets permet de mettre en évidence certaines différences de composition chimique entre vernis, bois, matériaux de retouche et restaurations. © J.-P. Echard © Philharmonie de Paris
  • Une règle, posée le long de l’ancienne touche, montre que celle-ci n’était plus plane. © J.-P. Echard © Philharmonie de Paris
  • Une des nombreuses étapes de réflexion, au cours de l’intervention (de g. à d. : B. Soulier, J.-P. Echard et S. Vaiedelich). © J. Riehl
  • Un détail de la table du ‘Davidoff’ sous éclairage riche en ultraviolets © J.-P. Echard © Philharmonie de Paris
1/14
  • La loupe binoculaire, un outil indispensable à la restauration.
  • L’éclairage de la zone de travail est assuré par des fibres optiques.
  • Une ancienne fracture, en cours de nettoyage.
  • La même fracture ancienne, vue à travers la loupe binoculaire.
  • Nettoyage du bas des éclisses.
  • Des scans 3D de l’instrument ont été effectués à différentes étapes de la restauration, par la société Art Graphique & Patrimoine.
  • Les copeaux pour renforcer les trous des chevilles sont préparés.
  • Mise en place des copeaux de renforcement.
  • On distingue la limite d’un ancien manche, dans un trou non encore renforcé.
  • Finition des renforcements du chevillier.
  • Un éclairage riche en ultraviolets permet de mettre en évidence certaines différences de composition chimique entre vernis, bois, matériaux de retouche et restaurations.
  • Une règle, posée le long de l’ancienne touche, montre que celle-ci n’était plus plane.
  • Une des nombreuses étapes de réflexion, au cours de l’intervention (de g. à d. : B. Soulier, J.-P. Echard et S. Vaiedelich).
  • Un détail de la table du ‘Davidoff’ sous éclairage riche en ultraviolets

Le “Davidoff” : un Stradivarius du Musée de la musique (3/3)

 

1 Le « montage » est l’ensemble de pièces, la plupart amovibles, qui permettent la mise en position (le « montage ») des cordes. Il influe entre autres sur l’équilibre sonore (par exemple entre les cordes graves et aiguës) et l’ergonomie de l’instrument (longueur vibrante, distances des cordes à la touche, etc.). Chevalet, chevilles, bouton, cordier et cordes, mais aussi touche, sillets et âme constituent le montage.