Programme
Distribution
C’est l’enchantement et la variété de véritables « paysages musicaux » que déploie ce concert : soleil prismatique du matin avec Moussorgski, immenses terres désolées avec Sibelius, nature puissante et allégorique avec Wagner.
Pièce d’orchestre scintillante, d’une infinie délicatesse, le Prélude de La Khovanchtchina se garde d’annoncer les confits spirituels et politiques qui sont au cœur de l’opéra posthume de Moussorgski. Parfois rebaptisée « Matin sur la Moskova », c’est un crescendo continu et irisé, dont la lumière épique est toutefois tamisée, à l’horizon, par des cloches aux accents funèbres.
Chère aux écrivains romantiques, l’idée d’un « paysage musical » n’est pas moins présente dans Tapiola, dernière grande pièce symphonique de Sibelius. Demeure du roi des forêts dans le Kalevala, le domaine de Tapio magnifie une nature grandiose et farouche, si désolée que l’homme en semble absent. Bâtie sur un thème unique magnifiquement variée, l’œuvre se teinte d’âpres dissonances, tel un legs à la modernité du dernier Sibelius.
Entre puissance et magie, comment ne pas succomber, enfin, à l’Acte I de La Walkyrie ? Dans un climat initiatique, la fureur des éléments et l’appel héroïque y rivalise avec la fatalité de l’union incestueuse. Il n’est rien d’étonnant, face à une telle cosmogonie et à une telle musique, que tant d’écrivains, dont le Thomas Mann de Sang réservé, n’aient succombé à l’appel de « l’Enchanteur ».

Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie
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