4 sons
collection
À l’écoute du temps perdu
Lorsque Proust fait surgir le souvenir par le seul pouvoir du son. Pas de madeleine ici, mais une phrase musicale, des cris de marchands ambulants, un appel au téléphone, un tableau où l’on entend…
Dans l’atelier d’Elstir, rien n’est net : reflets inversés, lignes qui dansent, silhouettes trompeuses… Chez Proust, le flou est une façon de voir juste.
Dans cet extrait de « À l’ombre des jeunes filles en fleurs », deuxième volume de À la recherche du temps perdu, la jeune comédienne Esther Armengol a voulu rendre, par les sons, le clair-obscur de l’atelier d’Elstir, la chaleur et la lumière au-dehors, les pas du narrateur déambulant dans l’atelier et s’arrêtant devant une toile représentant le port de Carquethuit. Rien n’est net, les formes hésitent : est-ce une cale sèche ou bien déjà la mer s’enfonçant dans la terre, des mâts ou bien des toits ?
Proust joue ici des illusions d’optique comme il joue du pouvoir d’illusion des sons, troublant notre rapport au réel avec, en creux, une réflexion sur sa propre écriture : « J’y pouvais discerner que le charme de chaque tableau consistait en une sorte de métamorphose des choses représentées, analogue à celle qu’en poésie on nomme métaphore ».
Comme Elstir, Proust cherche moins à nommer qu’à suggérer, moins à définir qu’à faire apparaître, l’indistinction des formes comme des sons devenant une manière d’approcher ce qui, dans l’expérience et dans la mémoire, ne cesse de se dérober.
Prise de son, montage, sound design : Simon Garrette et Nathan Robain
Conception, adaptation et réalisation : Karine Le Bail
Production : Théâtre National de Bretagne et La Balise
Prise de son, montage, sound design : Simon Garrette
Studio : La Puce à l’oreille
Musique : Esther Armengol, violoncelle et balalaïka
L’aventure radiophonique « Proust à l’écoute » doit à la confiance du Théâtre National de Bretagne (TNB) et de son directeur Arthur Nauzyciel.
Il a été initié par le comédien Laurent Poitrenaux, responsable pédagogique de l’Ecole.
Merci à toute l’équipe de l’Ecole, tout particulièrement à Ronan Martin, directeur des études et Salomé Belz, coordinatrice des études
4 sons
collection
Lorsque Proust fait surgir le souvenir par le seul pouvoir du son. Pas de madeleine ici, mais une phrase musicale, des cris de marchands ambulants, un appel au téléphone, un tableau où l’on entend…