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Durée de l’épisode : 9 min
Documentaire / création

Ceci n’est pas la mer, c’est un ciel

Dans l’atelier d’Elstir, rien n’est net : reflets inversés, lignes qui dansent, silhouettes trompeuses… Chez Proust, le flou est une façon de voir juste.

Dans cet extrait de « À l’ombre des jeunes filles en fleurs », deuxième volume de À la recherche du temps perdu, la jeune comédienne Esther Armengol a voulu rendre, par les sons, le clair-obscur de l’atelier d’Elstir, la chaleur et la lumière au-dehors, les pas du narrateur déambulant dans l’atelier et s’arrêtant devant une toile représentant le port de Carquethuit. Rien n’est net, les formes hésitent : est-ce une cale sèche ou bien déjà la mer s’enfonçant dans la terre, des mâts ou bien des toits ? 

Proust joue ici des illusions d’optique comme il joue du pouvoir d’illusion des sons, troublant notre rapport au réel avec, en creux, une réflexion sur sa propre écriture : « J’y pouvais discerner que le charme de chaque tableau consistait en une sorte de métamorphose des choses représentées, analogue à celle qu’en poésie on nomme métaphore ». 

Comme Elstir, Proust cherche moins à nommer qu’à suggérer, moins à définir qu’à faire apparaître, l’indistinction des formes comme des sons devenant une manière d’approcher ce qui, dans l’expérience et dans la mémoire, ne cesse de se dérober.

En coulisses

Le contexte

Crédits

Prise de son, montage, sound design : Simon Garrette et Nathan Robain

Conception, adaptation et réalisation : Karine Le Bail

Production : Théâtre National de Bretagne et La Balise 

Prise de son, montage, sound design : Simon Garrette

Studio : La Puce à l’oreille

Musique : Esther Armengol, violoncelle et balalaïka

L’aventure radiophonique « Proust à l’écoute » doit à la confiance du Théâtre National de Bretagne (TNB) et de son directeur Arthur Nauzyciel. 

Il a été initié par le comédien Laurent Poitrenaux, responsable pédagogique de l’Ecole.

Merci à toute l’équipe de l’Ecole, tout particulièrement à Ronan Martin, directeur des études et Salomé Belz, coordinatrice des études

Ceci n’est pas la mer, c’est un ciel fait partie de la collection À l’écoute du temps perdu

4 sons

collection

À l’écoute du temps perdu

Lorsque Proust fait surgir le souvenir par le seul pouvoir du son. Pas de madeleine ici, mais une phrase musicale, des cris de marchands ambulants, un appel au téléphone, un tableau où l’on entend…