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Les Clés du classique #6 - Le Concerto pour violon de Brahms

Publié le 23 mars 2021 — par Charlotte Landru-Chandès

Fruit de la collaboration avec le virtuose Joseph Joachim, le Concerto pour violon de Brahms succède à ceux de Beethoven et de Mendelssohn. Il s'est imposé au fil du temps comme l'un des fleurons du répertoire romantique.

La série Les Clés du classique  nous fait découvrir les grandes œuvres du répertoire musical.

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Les extraits du Concerto pour violon de Brahms sont interprétés par   Leonidas Kavakos et  l'Orchestre Philharmonique de Radio France placé sous la direction de  Myung-Whun Chung. Concert enregistré à la Philharmonie de Paris le 24 juin 2011.

Retrouvez l'intégralité de ce concert sur Philharmonie à la demande


Épisode 6 :   Le Concerto pour violon de Brahms

C’est pour son grand ami Joseph Joachim que Brahms décide d’écrire un concerto pour violon. Brillant, réclamé partout, le violoniste est alors au faîte de sa gloire. Déjà dédicataire du Premier Concerto pour violon de Max Bruch, il recevra aussi bientôt celui d’Antonin  Dvořák.  

Mais revenons un peu en arrière… Nous sommes en 1853. Alors âgé de 20 ans, Brahms sillonne l’Allemagne du nord en compagnie du violoniste hongrois Eduard Remenyi.  C’est lors d’une étape à Hanovre qu’il fait la connaissance de Joseph Joachim, de deux ans son aîné. Leur rencontre marque le début d’une forte amitié musicale. Peu à peu, les deux hommes se produisent ensemble en concert.  Joachim inspire Brahms pour ses compositions. C’est aussi grâce à lui qu’il rencontre Franz Liszt et les Schumann.  Tout au long de leur vie, Brahms et Joachim vont échanger une riche correspondance. Ils vont s’envoyer des ébauches de partitions, des exercices, se conseiller, se corriger…  

Pendant l’été 1878, Brahms achève son Concerto pour violon, alors qu’il est en villégiature à Pörtschah, une petite ville autrichienne au bord du Wörthersee.  Il écrit à Joachim et lui envoie dans un premier temps la partie soliste du premier mouvement et du final. À l’époque, il envisage un concerto en quatre mouvements. Finalement Brahms opte pour la forme classique en trois mouvements, et abandonne le scherzo, qu’il réutilisera pour son Deuxième Concerto pour piano. Quelques semaines plus tard, il envoie l’intégralité de la partition au violoniste, ouvert à toute suggestion. Mais quand il découvre la partition, Joachim est des plus perplexes. Si Brahms est très bon pianiste, il n’a qu’une connaissance limitée du violon et cela se sent… L’exigence technique du Concerto est vertigineuse et la partition est quasiment injouable ! D’abord réticent, Brahms finit par accepter les modifications de son ami, et le 1er janvier 1879, le Concerto pour violon est créé à Leipzig avec Joachim en soliste et Brahms en personne à la tête de l’orchestre. 

Le Concerto pour violon est loin de faire l’unanimité… Certains comme le chef Hans von Bülow le jugent écrit non pas pour mais “contre le violon”. Trop technique et surtout, trop proche du genre symphonique… En France, l'œuvre n’a pas meilleure presse et des compositeurs comme Edouard Lalo ou Debussy sont loin d’être enthousiastes.  C’est finalement sur le long terme que l'œuvre trouvera son public. Avec son Concerto pour violon, Brahms marche dans les pas de Mendelssohn et de Beethoven. Il emprunte d’ailleurs à ce dernier la tonalité demajeur.  Tantôt épique, tantôt lyrique, le premier mouvement est de forme-sonate. D’une grande virtuosité, il s’achève par une cadence, dont l’écriture est laissée libre au soliste.  Vient ensuite un adagio en forme de lied, doux et rêveur, célèbre pour sa mélodie de hautbois ; moment suspendu avant le dernier mouvement, un rondo bondissant et énergique, aux accents tziganes. Au fil du temps, le Concerto s’imposera et trouvera parmi ses défenseurs de grands violonistes comme Fritz Kreisler, auteur de l’une de ses célèbres cadences. 

Charlotte Landru-Chandès

Charlotte Landru-Chandès  collabore à France Musique, La Lettre du Musicien et Classica. Elle conçoit des podcasts pour l'Opéra national de Paris et la Philharmonie de Paris.