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Les Clés du classique #8 - La Quatrième Symphonie de Mahler

Publié le 16 juin 2021 — par Charlotte Landru-Chandès

La Symphonie n°4 est l’une des plus courtes de Gustav Mahler. L’orchestre est allégé et le compositeur a choisi une soprano comme voix soliste. Avec ses couleurs lumineuses, l'œuvre renvoie à l’enfance, à l’innocence. Elle se conclut par un lied réorchestré, Das himmlische Leben (La Vie céleste), tiré du cycle Des Knaben Wunderhorn (Le Cor merveilleux de l'enfant), datant de 1892. Le texte décrit les joies du Paradis vues par un enfant. Malgré un accueil peu enthousiaste, la Quatrième s’est vite imposée et est devenue l’une des symphonies les plus jouées de Mahler.

La série Les Clés du classique nous fait découvrir les grandes œuvres du répertoire musical.

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Les extraits de la Symphonie n°4 de Mahler sont interprétés par l'Orchestre de l'Opéra national de Paris, la soprano Genia Kühmeier, sous la direction de Philippe Jordan. 


TRANSCRIPTION : 

Été 1899. La saison à l’Opéra est terminée, Gustav Mahler peut enfin prendre des vacances et aller se ressourcer. Voilà maintenant deux ans que Mahler occupe le poste prestigieux de directeur de l’Opéra de Vienne. Depuis, il n’a plus une minute à lui, entre les soucis administratifs et son métier de chef d’orchestre.

Heureusement, il reste l’été pour composer, et en cet été 1899, Mahler se rend avec sa sœur Justine et son amie Natalie Bauer-Lechner à Bad Aussee, une station thermale située dans le Salzkammergut, une région de montagnes, de forêts et de lacs. Sur le papier, le cadre est idéal pour composer… mais pour cette fois-ci, c’est raté ! Mahler est exaspéré par le mauvais temps et le froid, sans parler de cet orchestre bruyant de l’autre côté du lac… Les débuts sont difficiles.

Finalement, après plusieurs semaines stériles, Mahler se met à l’ouvrage et, petit à petit, sa Quatrième symphonie prend forme. Il est complètement absorbé par son travail et doit emporter son carnet avec lui en promenade, au cas où une idée lui viendrait. Mais alors que l’esprit créateur de Mahler est au plus haut, la date du retour à Vienne approche… Ironie du sort ! Mahler en est malade, il craint de ne pas avoir le temps de tout noter, de ne pas retrouver cette fulgurante inspiration, et que sa symphonie ne voit jamais le jour.

L’été suivant, Mahler sort de sa saison à l’Opéra complètement épuisé. Cette fois-ci, direction Maiernigg, sur les bords du lac Wörthersee ! Mahler et sa famille ont décidé de faire construire une villa, mais pour cet été, les travaux ne sont pas terminés. En revanche, bonne nouvelle ! La cabane - ou Häuschen - où Mahler va se retirer pour composer, est prête. Encore une fois, tout agace cet hypersensible : le bruit des oiseaux, des orgues de barbarie de l’autre côté du lac… Mais quand il reprend les esquisses de sa Quatrième Symphonie, Mahler oublie ses tracas ; contrairement à ce qu’il craignait, son travail a mûri. Comme il le dit, “un second moi” a travaillé à sa place, inconsciemment. Mahler termine sa symphonie début août 1900, fou de joie ; pour lui, elle est son œuvre la plus aboutie, il lui aura fallu seulement trois semaines.

La création a lieu à Munich, le 25 novembre 1901, sous la direction de Mahler. Et là, c’est la consternation ! Après les monumentales Deuxième et Troisième symphonies, on attendait une œuvre d’ampleur ; or ce jour de novembre 1901, c’est une œuvre aux couleurs pastorales et insouciantes que le public découvre… La Quatrième Symphonie est huée.

La Symphonie n°4 en sol majeur est l’une des plus courtes de Mahler : après la Troisième, 6 mouvements et 1h30 de musique, celle-ci dure à peine une heure. L’orchestre est allégé et Mahler a choisi un soprano comme voix soliste. Avec ses couleurs lumineuses, cette symphonie renvoie à l’enfance, à l’innocence, dès le premier mouvement. Le deuxième mouvement se veut plus moqueur et sarcastique, avec son violon solo accordé un ton plus haut. Mais le climat est de nouveau apaisé avec le troisième mouvement, un Adagio qui semble déjà préfigurer le célèbre Adagietto de la Cinquième Symphonie. L'œuvre se conclut par un lied réorchestré, Das himmlische Leben, La Vie céleste, tiré du Knaben Wunderhorn et composé en 1892. Le texte décrit les joies du Paradis vues par un enfant. “A chanter avec une expression joyeuse et enfantine, tout à fait dépourvue de parodie” précise Mahler.

Malgré un accueil peu enthousiaste, la Quatrième s’est vite imposée, et est devenue l’une des symphonies les plus jouées de Mahler.

 

Charlotte Landru-Chandès

Charlotte Landru-Chandès  collabore à France Musique, La Lettre du Musicien et Classica. Elle conçoit des podcasts pour l'Opéra national de Paris et la Philharmonie de Paris.