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Anne-Sophie Le Rol

TROISIÈME CHEF D'ATTAQUE DES SECONDS VIOLONS

Née en 1990 à Paris, Anne-Sophie Le Rol commence le violon à l’âge de 4 ans. Après un premier prix à l’unanimité du jury en 2000 au CRR de Paris, elle obtient une licence de musicologie à l’Université Paris-Sorbonne. Elle se forme au Conservatoire de Paris (CNSMDP) dans les classes de Régis Pasquier, Philippe Aïche et Vladimir Mendelssohn et sort diplômée d’un master de violon et d’un master de musique de chambre. Elle remporte de nombreux concours nationaux et internationaux et joue en soliste avec l’Orchestre de Caen, la Camerata de Bourgogne et l’Orchestre symphonique national du Liban à Beyrouth. Elle est l’invitée de nombreux festivals et rencontres musicales. 
Sa passion pour la musique de chambre l’amène à travailler aux côtés de David Grimal, Laurent Korcia, François Salque… Son parcours est aussi ponctué de collaborations avec l’ensemble Les Dissonances, l’ensemble 2e2m et l’Ircam. 
Aux côtés de l’Orchestre de Paris, dont elle est membre titulaire depuis ses 21 ans et 3e cheffe d’attaque depuis 2023, elle parcourt le monde et joue dans les plus grandes salles.

 

Anne-Sophie Le Rol © Studio Cabrelli

Son Interview

Une musique qui a bercé votre enfance ?

Un peu avant même, puisque ma mère écoutait les symphonies de Beethoven quand elle était enceinte ! J’imagine que cela a influé sur ma vocation.
 

Qu’auriez-vous vu pu devenir si vous n’étiez pas devenue musicienne ?

Championne de natation. J'ai fait de la compétition jusqu’à l´adolescence, puis on m’a demandé de choisir entre la piscine et le violon. J’aimais beaucoup la compétition, cela crée de l’adrénaline, un peu comme quand je me produis sur scène !
 

Votre rapport à l’instrument ?

Le violon est un objet qu’on apprend à connaître comme un ami. J’ai la chance d’avoir un instrument italien de Nicolo Gagliano de 1763. Je suis plus de passage dans la vie de mon violon qu’il ne l’est dans la mienne.
 

Un compositeur que vous auriez aimé rencontrer ?

Brahms pour qu’il m’explique comment il réussit de si longues et belles phrases. J’adore son Concerto pour violon. Ce romantisme, cette passion, c’est tout ce que j’aime en musique. Je suis également une grande fan de Bartók et Stravinski.
 

Si vous deviez apprendre à jouer d’un autre instrument ?

Je suis très heureuse avec mon violon ! C’est un instrument d’une telle richesse : d´un côté, le bras gauche fait les notes, et de l'autre, le bras droit façonne les sons, comme deux êtres qui se complètent

 

Un chef qui vous a éblouie ?

Zubin Mehta. Ce n’est pas une personnalité que nous avons l’habitude de voir pour quelqu’un de ma génération. Il est impressionnant de charisme, et en répétition, il parvient en très peu de mots à nous faire partager sa conception symphonique. J’espère qu’il reviendra bientôt diriger l’orchestre !
 

Un répertoire que vous adorez jouer ?

Les symphonies de Mahler. Je dois dire qu’elles sont fantastiques à jouer. On sent vraiment la masse symphonique sous ses pieds. Une impression quasi physique. La saison dernière, nous avons donné la Première, "Titan", avec tous ces cors qui se lèvent à la fin et qui apportent une dimension incroyable. La Dixième que nous venons de jouer avec Daniel Harding a également été un bonheur !
 

Un concert inoubliable ?

Le concert que nous avons donné en tournée en Belgique le lendemain des attentats de novembre 2015. Un moment bouleversant puisque nous avons commencé par La valse triste de Sibelius, en hommage aux victimes.
 

Les actions culturelles ?

Avec l’orchestre, on a souvent l´occasion de faire des interventions dans les hôpitaux, notamment à l’Hôpital Trousseau. Je me souviens d´un nourrisson qui avait à peine un mois et dont le visage s’est immédiatement éveillé lorsque nous avons commencé à jouer ! Quant aux plus grands, ils se mettent parfois à danser. Cela fait plaisir de voir que nous, musiciens, avons la possibilité de créer des émotions très fortes.
 

Votre péché mignon ?

La gourmandise. J’aurais adoré faire des études d’hôtellerie ou de restauration. Ma mère, qui était d’origine chinoise, faisait des plats cantonais merveilleux. En l’observant, j’ai beaucoup appris !

Prochainement avec Anne-Sophie Le Rol

Plan rapproché

Trio pour piano et cordes n° 2 de Schubert dans Barry Lyndon, quatuors de Beethoven chez Godard… ou comment des joyaux de la musique de chambre deviennent indissociables de chefs-d’œuvre du cinéma.