Écrivaine prolifique, avocate de la cause des femmes, animée par des idéaux de justice sociale et farouchement indépendante, George Sand fut une figure centrale de la vie culturelle romantique, entretenant des relations avec un grand nombre d’artistes parmi les plus doués de l’époque. Balzac, Flaubert, Hugo mais aussi Delacroix firent ainsi partie de son cercle, qui comptait également des musiciens et musiciennes de premier plan. De Chopin, elle fut la compagne presque dix ans, et le pianiste composa un certain nombre de ses chefs-d’œuvre des années 1840 chez elle, à Nohant. La cantatrice Pauline Viardot, qui entretenait une profonde relation d’amitié avec Sand, rejoignait régulièrement le couple. Liszt faisait également partie des proches de l’écrivaine ; c’est d’ailleurs chez lui qu’elle avait rencontré Chopin pour la première fois.
Le temps fort que consacre la Philharmonie à George Sand explore les contours de ce dense réseau musical. Il s’ouvre sur un concert-lecture de Pascal Quignard et Aline Piboule : ensemble, ils élaborent un « récit récital » comme ils en ont le secret, faisant dialoguer la musique de Liszt et de Schubert avec les mots de l’écrivain, qui nous conte quatre histoires aquatiques.
Concert en mots également pour des musiciens de l’Orchestre national d’Île-de-France, que rejoint la comédienne (et chanteuse) Corinne Féron. Elle lit des extraits d’Histoire de ma vie, le témoignage autobiographique publié par Sand en 1855, tandis que les musiciens interprètent des pièces pour piano et de musique chambre de Chopin, Liszt et Pauline Viardot.
Liszt est au cœur du concert de l’Orchestre Consuelo – appelé ainsi en référence au roman éponyme de Sand, qui relate le destin et l’ascension sociale d’une chanteuse espagnole (dont Pauline Viardot représentait le modèle) en Europe au XVIIIe siècle. Victor Julien-Laferrière élabore un programme qui conjugue pages célèbres (le Concerto pour piano no 1, donné avec Jean-Frédéric Neuburger, et le poème symphonique Les Préludes) et pièces plus rares.
Enfin, le concert du Paris Mozart Orchestra élargit la perspective : aux mazurkas de Chopin transcrites pour piano et voix par Viardot répondent la « Pastorale » de Beethoven, une partition particulièrement appréciée de Sand, et une création de Philippe Macé qui rend hommage au Berry, pays de l’écrivaine.