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JAZZ À LA VILLETTE - « Dizzy El Afrocubano » : rencontre en musique avec Mansfarroll

Publié le 02 septembre 2021 — par Mailys Martins et Maxime Guthfreund

— « Dizzy El Afrocubano » : rencontre en musique avec Mansfarroll

J'ai découvert la musique de Dizzy Gillespie au Festival de Jazz à La Havane
en 1987.

J'étais étudiant à l'École Nationale des Arts, et Gillespie était invité par Chucho Valdés au Grand Festival.

Et en tant qu'étudiants, on pouvait voir tous les concerts des grands artistes cubains et étrangers.

Ça a été une grande découverte de voir quelqu'un arriver sur scène avec une trompette, une technique différente des trompettistes classiques.

Et ça m'a épaté.

Après, sa façon d'aborder la musique, son improvisation, la relation avec le public...

Il échange toujours avec le public.
Je trouve ça génial.

Je trouve même le parallèle avec la musique qui se danse à Cuba, qu'on appelle le Son, la Timba, où on communique avec le public.

Dizzy, c'était un musicien qui accueillait toujours des Cubains au sein de ses formations.

Ça a commencé par Chano Pozo, après il y a eu Mongo Santamaría.

Dans les années 1970, ça a été Irakere.

C'est un des premiers musiciens nord-américains qui a mélangé le jazz avec d'autres cultures.

Pour moi, c'est méritoire.
Comme l'a fait aussi Herbie Hancock, comme l'a fait aussi Horace Silver.


La transition entre les titres de Dizzy et mes compositions à moi, c'est une espèce de voyage.

L'idée de l'hommage à Dizzy, c'était... commencer par « Night in Tunisia » et faire une espèce de voyage qui part de l'Afrique.

On descend.
Le Congo, après les Caraïbes, les États-Unis, après on revient à Cuba, La Havane, après Haïti, Guantanamo.

Tout un univers, tout un voyage.

Tout le monde connaît le thème « Night in Tunisia ». Mais « Night in Tunisia », c'est la Tunisie, il y a les tambours, la darbouka, le bendir, il y a...

Mansfarroll joue quelques rythmes sur ses percussions.

On descend plus au Congo.

Mansfarroll continue à jouer.

Mon disque commence avec « Tin Tin Deo », un titre qu'il a composé avec Chano Pozo, le percussionniste cubain qu'il a intégré à son orchestre.

Après, je fais un autre hommage avec « Night in Tunisia », le voyage que je viens de faire musicalement, et aussi « Con Alma », un titre en espagnol, mais le chanteur, qui sera présent le 11 septembre, a écrit les textes de ce titre quand même.

Et à la fin, je fais un petit hommage à Miriam Makeba aussi, un petit clin d'œil à « Pata Pata ».

En fait, je voyage avec ces titres de Dizzy.

Après, je joue certains de mes titres comme « Llegando a Baía ».

Je viens de la baía de Guantánamo.

Ce n'est pas Bahia au Brésil - il y a une baía à Guantánamo aussi !

Et là, c'est un hommage à cette plage magnifique de Cuba.

J'ai aussi dédié une rumba à Dizzy, « Dizzy rumba ».

"Dizzy" en anglais, ça veut dire "un peu fou".

Et la rumba comme je la conçois, c'est un peu la folie.

Il y a toujours la clave, mais avec plein de mouvements rythmiques qui partent à droite, à gauche, etc.

Mon hommage, c'est celui d'un percussionniste qui rend hommage à un trompettiste.

Dans le sens où j'interprète la musique de Dizzy, mais je la vois d'une manière plus rythmée, avec encore plus de percussions.

Je suis percussionniste, même si sur l'album, j'ai une trompette de Dizzy.

Les gens me croient trompettiste, mais non.

Il n'y a pas de meilleure manière de rendre hommage à quelqu'un.

On montre son symbole : c'est la trompette de Dizzy.

 

Le percussionniste cubain Abraham Mansfarroll Rodriguez dessine les contours du concert donné en hommage au trompettiste américain Dizzy Gillespie.

Sa découverte de Dizzy Gillespie

C’est en 1987, au festival de jazz de La Havane, à Cuba, qu’Abraham Mansfarroll Rodriguez découvre Dizzy Gillespie. Encore étudiant à l’école nationale d’art, il est épaté par la technique atypique du grand trompettiste américain et par son aisance à interagir avec le public.  

Pourquoi un hommage à Dizzy

Pour Mansfarroll, Dizzy est un des premiers musiciens nord-américains à oser mélanger le jazz avec d’autres cultures musicales. Il s’inspire de son parcours, de ses voyages et de ses compositions aux sonorités plurielles qu’il réinterprète à sa manière. Un hommage qu’il qualifie de « rythmé », l'hommage d’un percussionniste à un trompettiste.

La construction de l'album : un voyage aux sonorités afro-caribéennes

Entre relectures et compositions originales, Mansfarroll a construit son album autour de la thématique du voyage retraçant le parcours de Dizzy Gillespie. 
Il est introduit par « Tin tin deo », réinterprétation d’un titre composé par Dizzy avec le percussionniste cubain Chano Pozo. C’est alors que commence le voyage musical au nord de l’Afrique, plus précisément en Tunisie, avec une réinterprétation de « A Night in Tunisia ». Puis il nous emmène au Congo avant de rejoindre les Caraïbes, les États-Unis, Cuba et Haïti pour finir dans la baie de Guantánamo.