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Les Clés du classique #7 - Le Concerto pour piano n° 20 de Mozart

Publié le 23 mars 2021 — par Charlotte Landru-Chandès

Le Concerto pour piano n° 20 de Mozart est le premier de la série à porter une tonalité mineure. Ses traits dramatiques, ses élans fiévreux et le contraste saisissant entre la Romance et le Finale lui confèrent une physionomie éminemment romantique.

La série Les Clés du classique  nous fait découvrir les grandes œuvres du répertoire musical.

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Les extraits du Concerto pour piano n° 20 de Mozart sont interprétés par  Emanuel Ax et le  Budapest Festival Orchestra placé sous la direction d'Ivan Fischer.  Concert enregistré à la Philharmonie de Paris le 17 octobre 2017.

 


 

TRANSCRIPTION : 

Février 1785. Cela fait 3 ans que Mozart vit à Vienne avec son épouse Constance. Il a 29 ans et est au sommet de sa carrière ; le public viennois est conquis. Mais ces derniers temps, les commandes d’opéras se font rares et c’est sans doute pour cette raison que Mozart se lance dans la composition d’un nouveau concerto pour piano. Mozart termine d’écrire la partition le 10 février. Juste à temps ! Car la création a lieu le lendemain, le 11, à l’occasion d’un concert de souscription au Mehlgrube de Vienne.  Tout se précipite : le concert arrive alors que le copiste n’a même pas pu finir son travail ! Faute de temps pour répéter, l’orchestre déchiffre donc le troisième mouvement à vue. Comme toujours, brillant et extravagant, Mozart est au piano et improvise les cadences, tout en dirigeant les musiciens. Parmi les spectateurs, Leopold, le père de Mozart, venu spécialement de Salzbourg. Quelques jours plus tard, il écrit à sa fille Nannerl : « Le concert a été incomparable, l’orchestre remarquable. » Joseph Haydn qui était lui aussi sans doute parmi les spectateurs, dira plus tard à Leopold : « Je vous l’affirme devant Dieu, en honnête homme, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, en personne ou de réputation. »  L’œuvre suscite l’enthousiasme, mais elle surprend aussi...

C’est le premier concerto pour piano que Mozart écrit en mineur, en l'occurrence ré mineur. Des 27 concertos, seuls les n° 20 et 24 seront composés sur un mode mineur. Cette couleur sombre semble déjà annoncer la fureur du Commandeur dans Don Giovanni ou celle de la Reine de la nuit dans La Flûte enchantée. Elle ajoute aussi au côté dramatique de l'œuvre, finalement assez proche du romantisme. D’ailleurs Beethoven l’admirait et a réécrit les cadences des premier et troisième mouvements, celles de Mozart ayant disparu.  

Dans le premier mouvement, deux thèmes se disputent, l’un grave et angoissé, l’autre doux et lumineux. La Romance centrale, en forme de rondeau, offre un contraste saisissant avec le mouvement précédent. Plus de colère ni de drame, c’est ici le rêve et la grâce qui dominent.  Retour en mineur avec le troisième mouvement, rondo bondissant et brûlant d’énergie qui finira cependant dans la lumière avec la tonalité de ré majeur. D’un caractère très différent du Concerto en ré mineur, le concerto qui suivra, en ut majeur, sera créé seulement un mois plus tard, le 10 mars 1785. 

Charlotte Landru-Chandès

Charlotte Landru-Chandès  collabore à France Musique, La Lettre du Musicien et Classica. Elle conçoit des podcasts pour l'Opéra national de Paris et la Philharmonie de Paris.