Débat
Salle de conférence - Philharmonie

Musique en état de guerre

ANNULE

ConférenceConférence © P. Jacob

Infos pratiques

Dimanche 11 novembre 2018 à 15h00
Entrée libre
Événement(s) passé(s)
CE DEBAT EST ANNULE
En lien avec la programmation artistique, les débats, grâce à des personnalités du monde musical et culturel, offrent aux auditeurs un espace de parole et de réflexion sur l’histoire et l’avenir de la musique.

Il est plusieurs manières, pour la musique, d’être en « état de guerre ». En première ligne, elle aiguillonne l’ardeur guerrière avant l’assaut, accompagne les opérations militaires sur les champs de bataille. Elle peut aussi participer de processus tortionnaires lorsqu’elle devient arme de déstabilisation sensorielle et de destruction de l’intégrité psychologique. Elle réconforte aussi, les soldats le soir dans les camps ; et l’on connaît son pouvoir cathartique lorsqu’il s’agit de pleurer les morts. Quoiqu’elle s’en défende souvent, arguant d’une neutralité sémantique ontologique, elle participe à bien des égards de la mise en scène du pouvoir orchestrée par nombre de régimes autocratiques : là, elle se trouve assiégée et dans une forme de guerre des sens. Elle engage enfin celui qui la sert et la joue, car elle n’est pas, suivant la mise en garde de Brecht à son ami Hindemith au lendemain de la prise de pouvoir par Hitler, « une arche de Noé sur laquelle on puisse traverser sans dommage le déluge ».
Comment penser ce lien du musical, de la guerre et du politique ? Ce débat réunira François Anselmini, qui a travaillé sur le double engagement du pianiste Alfred Cortot dans les deux conflits mondiaux, Esteban Buch, dont les travaux sur la musique dans des contextes de violence politique font autorité, Igor Contreras Zubillaga, spécialiste de la musique sous le régime Franquiste et Juliette Volcler, autrice d’un ouvrage sur la torture « blanche ».

Karine LE BAIL est historienne, chercheuse au CNRS (Centre de recherches sur les arts et le langage, CNRS – EHESS) et enseignante à l'EHESS. Ses recherches et ses enseignements relèvent de l’histoire sociale des professions artistiques au XXe siècle (musique et politique, champs scéniques, médiations culturelles). Son dernier ouvrage interroge les rapports occupants-occupés dans le milieu musical durant la Seconde Guerre mondiale et la question de la responsabilité du musicien (La musique au pas. Être musicien sous l’Occupation, CNRS éditions, 2016).

Agrégé d'Histoire, chercheur associé à l’équipe d’accueil HisTeMé (EA-7455, Université de Caen), François ANSELMINI s'intéresse à l'histoire de la vie musicale française et européenne, en particulier durant les deux Guerres mondiales. Il a récemment participé à des conférences et colloques organisés par l’Ecole Normale de Musique, le CNSMD de Paris, le Théâtre de Caen et d’autres institutions culturelles ou universitaires. Auteur de plusieurs articles parus dans des revues historiques ou musicologiques, il a publié en collaboration avec Rémi Jacobs Le Trio Cortot-Thibaud-Casals (Actes Sud, 2014) et prépare actuellement une biographie du pianiste Alfred Cortot (à paraître aux éditions Fayard fin 2018).

Né à Buenos Aires, Esteban BUCH est directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris. Il est l’auteur, notamment, de Trauermarsch. Daniel Barenboïm et l’Orchestre de Paris dans l’Argentine de la dictature (Editions du Seuil, 2016), L’affaire Bomarzo – Opéra, perversion et dictature (Editions de l’EHESS, 2011), Le cas Schönberg – Naissance de l’avant-garde musicale (Gallimard, 2006), La Neuvième de Beethoven – Une histoire politique (Gallimard, 1999) et Histoire d’un secret – A propos de la Suite Lyrique d’Alban Berg (Actes Sud, 1994), ainsi que coéditeur de plusieurs ouvrages collectifs, dont La Grande guerre des musiciens (Symétrie, 2009).

Igor CONTRERAS ZUBILLAGA a fait son doctorat à l’EHESS (mention « Musique, histoire société ») avec une thèse sur l’avant-garde musicale espagnole sous le régime de Franco dirigée par Esteban Buch. Il a publié des articles sur ce sujet dans plusieurs ouvrages collectifs consacrés à l’histoire culturelle et à la musique espagnole du 20e siècle, ainsi que dans des revues scientifiques de musicologie et d’histoire. Par ailleurs, il est co-éditeur des collectifs Le son des rouages. Représentations des rapports homme-machine dans la musique du 20e siècle (Éditions Delatour France, 2011), À l’avant-garde ! Art et politique dans les années1960 et 1970 (Peter Lang, 2013) et Composing for the State: Music in Twentieth-Century Dictatorships (Routledge, 2016). Il est fondateur et membre du comité de rédaction de la revue électronique Transposition. Musique et sciences sociales.

Juliette VOLCLER est chercheuse indépendante, autrice et critique sonore. Elle travaille plus spécifiquement sur les usages sociaux et politiques du son, et sur l'histoire de la création sonore. Elle a publié deux essais : Le son comme arme. Les usages policiers et militaires du son (La Découverte, 2011) et Contrôle. Comment s'inventa l'art de la manipulation sonore (La Découverte – La Rue musicale, 2017). Elle assure la coordination éditoriale de la revue de critique de la création sonore et radiophonique Syntone.

Intervenants

  • Karine Le Bail, historienne, modératrice
  • François Anselmini, musicologue
  • Esteban Buch, musicologue
  • Igor Contreras Zubillaga, musicologue
  • Juliette Volcler, autrice