Les musiques de Picasso

Des premières scènes de vie gitane aux joueurs de flûte des années 1970, en passant par les saltimbanques musiciens, les guitares cubistes, les collaborations avec les Ballets russes ou les bacchanales, cette exposition explore la dimension musicale de l’œuvre de Picasso.

La Flûte de Pan, Cap D’antibes, Été 1923, Huile Sur Toile, 205 × 174,5 Cm, Musée National Picasso-Paris © Succession Picasso 2019
UN CORPUS TRAVERSÉ PAR LA MUSIQUE

Des premières scènes de vie gitane aux joueurs de flûte des années 1970, en passant par les saltimbanques musiciens, les guitares cubistes, les collaborations avec les Ballets russes ou les bacchanales animant un nombre infini de toiles, dessins, céramiques et sculptures : tout l’oeuvre de Picasso est traversé par la musique, le son, le chant, et la poésie qui le structure. Comment lire cette imprégnation ? Quelle relation le maître entretient-il avec l’univers musical – lui qui, à la différence de Braque, Chagall ou Matisse, n’est pas musicien et n’a jamais exprimé son intérêt pour cet art ?

Ces interrogations, inédites, invitent à étudier pour la première fois les chefs-d’oeuvre et les travaux moins connus d’un corpus remarquable. Organisée en partenariat avec le Musée national Picasso-Paris, cette exposition réunit près de deux cents oeuvres en provenance de collections publiques et privées.

L’ENVIRONNEMENT MUSICAL DU PEINTRE

Soulignant l’attachement de l’artiste pour les musiques populaires, leur dimension rituelle et l’ambiance sonore des spectacles auxquels il aime assister (cirque, fanfare, corrida), l’exposition scrute attentivement la culture et l’environnement musicaux de Picasso. Elle retrace et questionne également les nombreuses amitiés nouées avec d’illustres musiciens, tels Satie, Stravinski, Falla ou Milhaud, avec lesquels le peintre collabore étroitement dans un esprit de synthèse des arts.

INSTRUMENTS ET COSTUMES DE SCÈNE

L’aventure cubiste conduit Picasso à s’intéresser aux instruments de musique : mandoline, violon et guitare, flûte, clarinette ou tenora… Le corps creux des instruments à cordes qu’il collectionne alors est pour lui l’occasion d’approfondir les notions de volume et de dessin, de vide et de plein, jouant de l’inversion des signes de la représentation. Parallèlement, ses collaborations avec les Ballets russes de Diaghilev offrent au peintre l’opportunité d’expérimenter le concept d’art total, cher à de nombreuses avant-gardes. Riche de costumes et d’accessoires témoignant de l’immersion de Picasso dans l’univers de la scène, l’exposition réunit aussi, pour la première fois, une vingtaine d’instruments de musique, conviant le visiteur à une expérience de tous les sens.

 

Commissaire : Cécile Godefroy