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Conte-moi la musique #5 - Le musicien à l’instrument invisible

Publié le 01 avril 2021 — par Constance Félix

Il était une fois un homme qui jouait avec les ondes, les ions et les électrons, et qui, un beau jour,  découvrit le chant des anges.

Un podcast pour les 5-8 ans.

Conte-moi la musique : des histoires fabuleuses, drôles et poétiques, imaginées à partir des instruments du Musée de la musique.

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TRANSCRIPTION : 

Depuis qu’il était tout petit, Sergueï était fasciné par la lumière. Toute la journée il allumait, il éteignait, il allumait, il éteignait. Sa mère excédée lui disait : « Sergueï arrête ! » Mais rien n’y faisait. Quand il a grandi, tout naturellement, Serguei a continué à servir la fée électricité. Devenu savant. il jouait avec les ondes, les ions et les électrons… Un beau jour, alors qu’il était dans un laboratoire avec ses collèges, tandis qu'il travaillait sur des machines, il caressait de sa main les ondes, quand soudain il a entendu une musique étrange, on aurait dit le chant des anges.

Était-il en train de devenir fou ? Les autres l’entendaient ils aussi ?

Son chef a crié « Qui se permet d’écouter de la musique au lieu de travailler ? » Ce fut une véritable onde de choc !

La musique était si belle que Sergueï en fut tourneboulé et chez lui il a continué à jouer avec les ondes, les ions et les électrons. Et de nouveau il a entendu cette musique merveilleuse.

Pour partager sa passion et révéler sa découverte, il organisa un grand concert « Venez écouter la musique d’un instrument invisible ! ». Dans la salle il y avait foule. Mais le public effrayé par ce joueur de musique qui agitait sa main dans le vide se mit à jaser : « C’est un sorcier, il a vendu son âme au diable ». Et tous de lui tourner le dos même ses amis. Il se retrouva seul chez lui, malheureux. Un jour on frappa à sa porte c’était le roi en personne qui lui dit : « Un homme capable de jouer d’un instrument invisible est forcément un grand homme. Viens dans mon palais, joue pour moi et je te couvrirai d’or ! » Sergueï ravi, s’installa au palais. Mais bien vite le roi lui dit : « Tu fais peur à mes sujets, tu es le diable pour eux que ta musique soit une menace et qu’elle les prévienne qu’un châtiment plus grand les attende s’ils me désobéissent ou osent dire du mal de moi »

Sergueï finit par comprendre que le roi voulait faire de lui un instrument de son pouvoir pour terroriser ses sujets et les soumettre. Il protesta « Mon roi, je veux bien jouer de la musique pour toi mais je refuse de faire ce que tu me demandes ». Le roi ricana : « À présent, tu es dans mes griffes, si tu refuses, je te fais couper la tête ! ». Sergueï tenait à sa tête et la mort dans l’âme, au lieu de faire chanter les anges, il a fait hurler les démons.

Désespéré Sergueï réussit un beau jour à s’échapper de sa prison dorée. Après avoir volé le costume d’un garde, il était parti un jour glacial. Il marchait dans la neige sans s’arrêter, il savait que s’il était pris le roi le tuerait. À bout de force, il franchit la frontière, monta sur un bateau. Il y fit chanter les sirènes… Enfin il arriva dans un royaume où les anges avaient le droit de chanter. Le roi enchanté par ce musicien à l’instrument invisible l’accueillit.

Là humblement, Serguei jouait toujours avec les ions, les ondes et les électrons. Quand il caressait les ondes, tous croyaient voir les anges fondre sur lui pour danser avec ses doigts.

Parait-il qu’un jour alors qu’il était très vieux, et qu’il jouait de son instrument invisible, on a vu des anges, descendre du ciel pour l’emmener dans le monde de l’invisible où l’on raconte qu’il continue à jouer pour le plus grand bonheur des astres et des planètes !

Extraits musicaux : 
Theremin : Theremin Big Briar, Etats-Unis / Amérique du Nord / Amérique, 1990-1993. Kasper T. Toeplitz (1960-), Le chant d’Enoch Laurent Dailleau (Musée de la musique 2006)
Theremin triste : Sergueï Rachmaninov (1873-1943) Vocalise.Clara Rockmore, theremin Nadia Reisenberg, piano. The Art of the Theremin Delos DE1014, 1987
Constance Félix