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Eiichi Chijiiwa

Deuxième violon solo

Né à Tokyo, Eiichi Chijiiwa étudie la musique à l’université des Beaux-Arts et de la Musique de Tokyo. Il bénéficie ensuite d’une bourse du gouvernement français et entre au Conservatoire de Paris (CNSMDP), où il obtient ses premiers prix de violon (dans la classe de Pierre Doukan) et de musique de chambre. Il se produit en tant que soliste ou chambriste au sein du Quatuor Diotima (de 1996 à 2005), du Quatuor Thymos (de 2007 à 2012), ainsi que dans de nombreux festivals (Berliner Festwochen, Cervantino au Mexique, Kuhmo en Finlande, ou encore des festivals parisiens tels que le Festival d’Automne et Présences).

Passionné de musique contemporaine, il crée notamment le Concerto pour violon de Marc-André Dalbavie au Festival de Donaueschingen. Son interprétation sous la direction de Christoph Eschenbach au Théâtre du Châtelet fait l’objet d’un enregistrement pour le label Naïve. En 2011, il fait paraître sur le label Indésens Solo Migration, un album consacré au répertoire pour violon seul du xxe siècle. Depuis 1998, il est deuxième violon solo de l’Orchestre de Paris. Il joue un violon d’Omobono Stradivari « Freiche » de 1740.

En 2010, Eiichi Chijiiwa a été nommé chevalier dans l’ordre des Arts et Lettres.

Eiichi Chijiiwa © Studio Cabrelli

Son Interview

Votre rôle à l’orchestre ?

En tant que deuxième solo, mon rôle le plus important est de soutenir le premier violon solo. 

Le Japon ?

Je suis très japonais même si j’habite Paris depuis vingt-quatre ans. Ma famille vit encore là-bas et quand il faut compter les mesures, je compte en japonais, sinon je me trompe ! Je réponds en partie au stéréotype français du Japonais, c’est-à-dire un homme timide, qui parle peu, mais je suis là pour apporter quelque chose de différent. J’aime bien être un outsider !

Comment êtes-vous venu au violon ?

Au début, j’étudiais le piano que j’adorais, et le violon. Mais mon professeur a estimé que le violon me convenait davantage. C’est ainsi qu’à dix ans, j’ai finalement choisi d’être violoniste.

Si vous deviez jouer d’un autre instrument ?

Le piano justement. J’aimerais accompagner de grands chanteurs car j’adore les mélodies et les lieder de Schubert, Schumann et Wolf.

Quel est votre plus grand vice ?

D’aimer passionnément Chopin ! Un comble pour un musicien d’orchestre, car il n’a quasiment rien écrit pour l’orchestre et les musiciens d’orchestre se moquent toujours un peu de l’accompagnement de ses concertos. Pour moi, il représente la perfection de l’écriture musicale.

Le répertoire que l’orchestre ne joue pas assez ?

La musique française. On joue régulièrement La Mer de Debussy, mais peu d’œuvres de Koechlin, Chabrier, Milhaud, Honegger ou Poulenc. On sait que quand l’orchestre joue ce répertoire, il est dans l’excellence, alors pourquoi ne pas en faire plus ?

Un compositeur injustement méconnu ?

Carl Nielsen que j’ai découvert grâce à Paavo Järvi. J’adore le côté sauvage, inattendu et parfois drôle de sa musique. La musique de Nielsen est profondément humaine.

Que vous a appris le métier de musicien d’orchestre ?

L’amitié. Être dans un orchestre vous oblige à être attentif à tous et à respecter profondément vos collègues.

Le public ?

On sent le public de la Philharmonie très présent, prêt à prendre du plaisir, et loin des conventions sociales. À Pleyel, on sentait qu’une élite sociale venait pour se retrouver. Ici, tout le monde semble concerné par la musique avant tout !

Dernier coup de cœur ?

La dernière saison de House of Cards. Je suis addict à cette série ! Les ressorts psychologiques sont incroyables. Je suis très admiratif du travail des scénaristes et réalisateurs.

Vos engagements ?

Je suis président de l’association Parcours d’Exil, qui gère un centre de soins pour les victimes de tortures et pour les mineurs isolés étrangers. Il y a bientôt dix ans que j’ai mis l’orchestre en relation avec et le partenariat s’est depuis largement développé. La musique symphonique qui peut paraître loin de leurs préoccupations est une belle manière de les accueillir dans notre société et se révèle être une excellente thérapie…

Prochainement avec Eiichi Chijiiwa

La Truite

D’une mélodie touchante et bucolique, dont Francis Blanche proposa une charmante parodie, Schubert a tiré une partition de grande ampleur, devenue une pierre de touche du répertoire chambriste.