Programme
Distribution
Il faut assurément les moyens hors normes de Bertrand Chamayou pour enchaîner les deux sublimes Concertos de Ravel, précédés d’une pièce « océanique » de Gabriella Smith et suivis de l’une des partitions les plus expressives de Bartók.
Inspirée d’une randonnée sauvage au bord du Pacifique, nourrie par la rumeur des vagues et le cri des mouettes, Tumblebird Contrails est une pièce que Gabriella Smith, l’une des voix les plus originales de la musique américaine d’aujourd’hui, dédie à Jack Kerouac et au mythe de la « route ». Élaborés conjointement à partir de 1929, les deux Concertos pour piano de Ravel sont des gemmes du répertoire. Sombre, parfois violent, animé d’une tension allégée par le flow du jazz, le Concerto pour la main gauche, commande du pianiste Paul Wittgenstein, amputé d’un bras pendant la Première Guerre mondiale, demeure un inclassable chef-d’œuvre. Plus classique de forme, bien qu’y souffle par moments un esprit gershwinien, le Concerto en sol propose dans son Adagio, en hommage décanté à Mozart, une mélodie à l’hypnotisme déchirant. La suite d’orchestre du Mandarin merveilleux de Bartók nous mène finalement vers un dénouement paroxystique. La censure hongroise, scandalisée par la crudité et la violence d'une œuvre que le compositeur avait d'abord conçue sous la forme d'un ballet-pantomime, l'interdisit au lendemain de sa création ; Bartók en tira alors cette suite, où l'on peut si bien entendre son art de pousser à bout les possibilités expressives de l'orchestre.
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie
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