Programme
Distribution
Au charme italianisant du brillant Concerto n° 4 de Mozart, répond le bouleversant Chant de la Terre de Mahler, dont le dernier mot, ewig (éternellement), sonne comme un adieu déchirant à la vie et à la musique.
Composé en 1775, le Concerto n° 4 incarne pour Mozart la recherche d’un nouveau style, virtuose et hédoniste. Aux figures de haute voltige de l’Allegro répond la cantilène effusive de l’Andante, avant que le Finale ne conclue avec l’énergie bondissante de son inspiration populaire. Pour Stefan Zweig, Le Chant de la Terre, cycle de six lieder pour orchestre et deux voix solistes, était la quintessence de l’art de Mahler. Élaborée en 1908 à partir d’un recueil de poèmes chinois anciens, cette partition condense en effet toute l’inquiétude, tout le sens du tragique – mais toute l’ironie aussi – qui sont la marque du compositeur. Le premier lied, La Chanson à boire de la douleur de la Terre, célèbre l’ivresse de manière véhémente et angoissée ; le deuxième, Le Solitaire en automne, fait office de lamento dans le refuge de la nature ; le troisième, De la jeunesse, use de sonorités cristallines et évoque musicalement la Chine ; le quatrième, De la beauté, convoque la grâce des jeunes filles avec sa séduisante alacrité rythmique ; le cinquième, L’Ivrogne au printemps, retrouve, dans la dissonance, l’illusion d’un bonheur dans l’ivresse. Puis vient l’ultime mouvement, L’Adieu : le génie de Mahler éclate dans cette page exceptionnelle, où la cantilène, mystique et figée, s’oppose au discours morcelé de l’orchestre, et le trouble harmonique à la mélopée déchirante du hautbois.
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie
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