Programme
Distribution
Élégante et portée par l’irrésistible alliage du timbre des bois, la Symphonie concertante de Mozart offre la sérénité nécessaire pour affronter le long récit musical de Chostakovitch, plein de drame et de sarcasme, bilan secret du stalinisme.
C’est en 1778 que Mozart composa, dans l’esprit renouvelé du concerto grosso, une Symphonie concertante pour un quatuor de bois, qui s’engagent dans un dialogue avec l’orchestre mais aussi entre eux. Densifiée par les nombreuses imitations, l’écriture passe de l’énergie conquérante à la sereine cantilène, avant de s’engager, avec l’étonnant Finale, dans un labyrinthe de brillantes variations. Impressionnante par son intensité dramatique, ses sonorités lugubres et glacées, la Symphonie n° 10 de Chostakovitch fut associée, par le compositeur lui-même, à la mort de Staline : un portrait-charge du dictateur semble être l’objet du Scherzo, caractérisé par une grandeur épique défigurée, impitoyable et piétinante. Le Moderato initial frappe par ses dissonances et stridences paroxystiques, brisées par l’élan d’une valse ironique. Dans les deux amples derniers mouvements, Chostakovitch fait intervenir, en guise « d’idée fixe », un motif mélodique fondé sur ses initiales, « DSCH », comme pour inscrire dans sa musique son propre rapport, contradictoire et torturé, à l’ère stalinienne : c’est lui qui retentit à la péroraison, vigoureusement épelé aux timbales, pour prendre congé de l’auditeur abasourdi.
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie
Découvrir la salleComment venir
Porte de Pantin
M5 Métro ligne 5
3B Tramway 3B