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Monument tardif de Beethoven, l’imposante Missa solemnis est sans doute la partition qui coûta le plus d’efforts au « grand sourd » : travail opiniâtre et passionné, pour une œuvre qui, au-delà de son sens liturgique, est un hymne de paix universel.
Composée entre 1818 et 1823, la Missa solemnis appartient au corpus retreint des œuvres du « dernier Beethoven », et constitue sans conteste son chef-d’œuvre liturgique. Dédiée à l’archiduc Rodolphe, qui en était le commanditaire, cette partition hors normes est cependant caractéristique du fait que l’ambition beethovénienne, loin de se soumettre à un genre, créé ses propres cadres.
Vincent d’Indy ne s’y d’ailleurs trompa pas, qui écrivit : « Cet art admirable ne serait sûrement pas à sa place dans l’église ». Ainsi, même s’il adopte le plan traditionnel Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus et Agnus Dei, Beethoven mêle sans cesse le style sacré avec une dramaturgie symphonique, obtenant un clair-obscur unique. Attentif à chaque mot du texte, il en souligne le sens à l’aide d’un figuralisme puissant, telle la sublime montée ascendante du violon dans le Benedictus. Sublime prière de paix, l’Agnus Dei oppose l’éclat des trompettes à la douceur vocale, tandis qu’il couronne de fugues le Gloria et le Credo. Car, ainsi que le souligne Thomas Mann dans Le Docteur Faustus, l’ombre tutélaire de Bach plane sur une œuvre qui n’en demeure pas moins à la fois très personnelle et absolument universelle.

Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie
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