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Philharmonie de Paris - Page d'accueil Philharmonie de Paris - Page d'accueil

60 min
En intégralité, jusqu’au 17 mars 2026

Orchestre de Paris / Elim Chan

Lucas Debargue - Gershwin, Rachmaninoff
Enregistré le 17 septembre 2025 (Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie)

Programme

1.
George Gershwin
Concerto en fa
33:33

Allegro
Adagio – Andante con moto
Allegro agitato

Composition : 1925.
Commande : de la New York Symphonic Society dirigée par Walter Damrosch.
Création : le 3 décembre 1925, au Carnegie Hall, New York, par le compositeur au piano et l’Orchestre symphonique de la New York Society sous la direction de Walter Damrosch.
Effectif : 2 flûtes, flûte piccolo, 2 hautbois, cor anglais, 2 clarinettes, clarinette basse, 2 bassons – 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, tuba – timbales, percussions – cordes.
Durée : 31 minutes environ.

En 1924, Gershwin composa la Rhapsody in Blue, orchestrée par Ferde Grofé. Un an plus tard, il franchit un cap supplémentaire en se confrontant au genre du concerto en trois mouvements et en l’orchestrant lui-même. La volonté de se rattacher à la tradition « savante » européenne se manifeste par la mention d’une tonalité (« en fa ») et l’utilisation de structures classiques : thème et variations pour l’Andante con moto où une nouvelle mélodie, plus radieuse, apparaît toutefois dans la seconde moitié du mouvement ; forme rondo (consistant en l’alternance d’un refrain avec des couplets ; le refrain est repris à l’identique, ou presque, lors de ses occurrences successives, tandis que les couplets ont chacun une musique différente) pour l’Allegro agitato. De surcroît, Gershwin affirme l’unité de la partition en redonnant dans le finale des thèmes issus des mouvements précédents, selon le principe cyclique hérité de César Franck.

À l’origine, il avait envisagé le titre de New York Concerto. Il opta pour un intitulé plus neutre, tout en conservant l’allusion à la culture américaine, comme en témoignent ses commentaires : « Le premier mouvement utilise le rythme du charleston. Il est rapide, et sa pulsation exprime l’esprit jeune et enthousiaste de la vie américaine. Il commence par un motif rythmique donné par les timbales, soutenues par d’autres instruments à percussion, et avec un motif de charleston introduit par les bassons, les cors, les clarinettes et les altos. Le basson annonce le thème principal. Plus loin, un second thème est introduit par le piano. Le deuxième mouvement a une ambiance poétique et nocturne qui fait référence au blues américain, mais dans une forme plus pure que d’habitude. Le dernier mouvement retourne au style du premier. C’est une orgie de rythmes qui commence avec violence et doit constamment conserver le même tempo. »

En dépit de leurs différences, le Concerto en fa et la Rhapsody in Blue possèdent un certain nombre de points communs : des thèmes frappants, immédiatement mémorisables ; la succession de brefs épisodes contrastés et ancrés dans la culture américaine. Avec ces deux partitions, Gershwin parvint à prouver qu’il était un compositeur dont le talent ne se limitait pas à la production de chansons pour Broadway, sans pour autant brider son génie intuitif.

Hélène Cao

2.
George Gershwin
Summertime : Rappel
04:43
3.
Serge Rachmaninoff
Danses symphoniques : Non Allegro et Andante con moto
22:00

1. Non Allegro
2. Andante con moto. Tempo di Valse
3. Lento assai. Allegro vivace

Composition : 1940.
Création : le 3 janvier 1941, à Philadelphie, par l’Orchestre philharmonique de Philadelphie, sous la direction d’Eugène Ormandy.
Effectif de la version orchestrale : 2 flûtes, flûte piccolo, 2 hautbois, cor anglais, 2 clarinettes, clarinette basse, saxophone alto, 2 bassons, contrebasson – 4 cors, 3 trompettes, 2 trombones, trombone basse, tuba – timbales, percussions, piano, harpe – cordes.
Durée : 35 minutes environ.

Surpris aux États-Unis par l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale alors qu’il souhaitait rentrer en Europe, Rachmaninoff décida de surmonter sa frustration en composant ce qui devait être son opus ultime – sa « dernière étincelle », comme il le formula lui-même. En 1940, trois ans à peine avant sa mort, il écrivit donc ces Danses symphoniques pour orchestre, qui furent créées en janvier de l’année suivante, à Philadelphie, sous la direction d’Eugène Ormandy. On sait que le titre originel de l’œuvre était Danses fantastiques, avec pour chacun des trois mouvements un appariement aux âges de la vie : Jour (la jeunesse), Crépuscule (la maturité), et Minuit (la vieillesse). Même si le compositeur renonça finalement à exhiber ce programme de manière trop explicite, il reste difficile de ne pas entendre cette œuvre comme une manière de testament, d’adieu solennel à l’orchestre.

Très contrasté, le premier mouvement (Non Allegro) témoigne d’abord d’une énergie bondissante, due à un motif rythmé, acidulé par des effets d’instrumentation aux bois, qui gagne en solennité au fur et à mesure qu’il fait la conquête des différents pupitres.La texture orchestrale moderne s’efface soudain au profit d’une ample mélodie confiée au saxophone : soutenu par les hautbois et les clarinettes, ce timbre inédit conjugue une certaine modernité « américaine » avec les accents de la nostalgie russe, dont ne se départit jamais le compositeur. Reprise par les cordes, cette superbe complainte retrouve ensuite l’élément initial, avant que ne retentisse, ombré de harpe, piano et cloches, un thème conclusif de choral. Le deuxième mouvement (Andante con moto) adopte un tempo de valse qui rappelle qu’une partie du matériau musical des Danses symphoniques est repris d’un ballet inachevé, Les Scythes, entrepris par le compositeur dès 1915. L’impression, toutefois, est moins celle d’une danse virevoltante que celle d’un salon désert, fantomatique, habité par le souvenir de brillantes soirées. Le thème énoncé au cor anglais s’étend aux cordes, mais la valse est bientôt contrariée, hétérogène, abondant en faux départs et tentations contradictoires. Le Finale (Lento assai. Allegro vivace) est une éblouissante page de musique, dans laquelle on ne peut manquer de voir une synthèse de l’art du compositeur : déflagrations de timbres, chocs orchestraux, ruptures soudaines, chevauchées endiablées cohabitent avec les plus touchantes inspirations lyriques. Le matériau se caractérise par la juxtaposition de deux thèmes religieux : celui du Dies Irae, et celui d’une mélodie empruntée au répertoire liturgique orthodoxe, en face de laquelle le compositeur avait inscrit, sur son manuscrit : « Je rends grâce à Dieu ». À la fin de la pièce, ces deux motifs semblent se dresser l’un contre l’autre dans le grondement des percussions, en un sommet de puissance orchestrale qui prend des airs de grandiose controverse théologique.

Frédéric Sounac

L’Orchestre de Paris et Elim Chan interprètent le Concerto en fa de Gershwin, avec Lucas Debargue en soliste, et les Danses symphoniques de Serge Rachmaninoff.

Avec le Concerto pour piano en fa, Gershwin affirme s’inscrit dans la tradition savante européenne tout en conservant une forte identité américaine. Les formes classiques cohabitent avec des rythmes et styles issus du jazz, du blues et du charleston. L’œuvre reflète l’énergie, la poésie nocturne et la vitalité rythmique de l’Amérique moderne. Comme Rhapsody in Blue, le Concerto en fa se distingue par des thèmes mémorables prouvant que Gershwin dépasse largement le cadre de la musique de Broadway sans renier son génie improvisateur et libre.

Les Danses symphoniques de Serge Rachmaninoff, composées en 1940 aux États-Unis, peu avant sa mort, ont été pensée à l’origine autour des différents âges de la vie, comme une forme de testament musical. Le premier mouvement mêle énergie rythmique, modernité orchestrale et nostalgie russe, notamment à travers une mélodie marquante au saxophone. Le deuxième mouvement, une valse sombre et instable, évoque un monde fantomatique et le souvenir du passé. Le finale constitue une synthèse spectaculaire du style du compositeur, opposant deux thèmes religieux majeurs – le Dies irae et un chant orthodoxe – dans une conclusion d’une puissance dramatique emblématique de ce compositeur.

Ce concert sera diffusé ultérieurement sur Philharmonie Live.

En partenariat avec

Distribution

Orchestre de Paris
Elim Chan, direction
Lucas Debargue, piano
Gildas Prado, cor anglais
Frédéric Mellardi, trompette

Compositeurs - Auteurs

George Gershwin
Serge Rachmaninoff