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Goldberg Nô

Publié le 12 avril 2021 — par Jérôme Provençal

— Masato Matsuura dans Goldberg Nô - © Romain Jacquot

Le claveciniste Frédérick Haas s’engage volontiers sur des sentiers artistiques buissonniers et s’emploie à renouveler sa pratique de la musique baroque. 

À ses côtés, Masato Matsuura déploie un langage chorégraphique dont la puissance suggestive fait écho à celle des Variations Goldberg de Bach. 

— NOH-BACH - Frédérick Haas / Masato Matsuura

Apparu sur la scène musicale dans les années 1990, le claveciniste Frédérick Haas – qui pratique également l’orgue et le pianoforte – jouit aujourd’hui d’une grande renommée à l’échelle internationale. Soliste remarquable, il se produit aussi régulièrement à la tête de l’ensemble de musique baroque Ausonia, qu’il a cofondé en 1998 avec la violoniste Mira Glodeanu.  

Fasciné de longue date par le Japon, Frédérick Haas développe une collaboration fécon-de avec Masato Matsuura, qui mène une recherche fervente dans le champ du théâtre nô et explore en parallèle divers arts martiaux – les deux facettes de son activité étant intimement liées. Le musicien français et le performeur japonais (installé à Paris depuis 2006) ont amorcé leur relation artistique en 2013 avec un projet scénique conçu à partir du second livre du Clavier bien tempéré de Johann Sebastian Bach

Ravis par cette première création commune et désireux de poursuivre l’aventure sous une nouvelle forme, les deux hommes ont jeté leur dévolu sur une autre pièce majeure de Bach, en l’occurrence les Variations Goldberg. Composée dans la première moitié du XVIIIe siècle, cette œuvre pour clavecin, dont l’inépuisable richesse n’a d’égale que l’irrésistible beauté, traverse le temps sans subir la moindre flétrissure. Elle a donné lieu à de multiples enregistrements, les plus célèbres étant ceux de Glenn Gould, au piano. 

« J’ai découvert les Variations à 11 ou 12 ans, dans la splendide version enregistrée par Scott Ross, confie Frédérick Haas, qui en a lui aussi gravé une interprétation sur disque (parue en 2012). Cette musique m’a littéralement enchanté mais je n’étais évidemment pas capable de la jouer moi-même à cet âge-là. J’ai commencé à m’y atteler vers 20 ans. En progressant, on y découvre toujours de nouvelles choses. C’est une œuvre substantielle, complexe, très exigeante pour l’interprète. Joyeuse et légère, elle s’avère pourtant très facile à écouter. »

Frédérick Haas joue ici les Variations Goldberg sur un clavecin datant de 1751, cons-truit par Henri Hemsch, l’un des plus grands facteurs de clavecins du XVIIIsiècle. À ses côtés, Masato Matsuura déploie un langage chorégraphique dont la puissance suggestive fait écho en profondeur à celle de la musique. 

À l’instar de la pièce de Bach, le spectacle se scinde en deux parties – chaque partie contenant quinze variations. Dans la première partie, la danse tend vers un langage nô tradition-nel puis prend une forme plus moderne dans la seconde. Durant l’Ouverture française, au début de la seconde partie, Masato Matsuura danse sans musique, avec une même saisissante intensité physique. Amenant les Variations Goldberg au contact direct d’une forme d’expression scénique a priori très éloignée, Goldberg Nô confère une résonance véritablement inouïe à la musique de Bach et en accroît le pouvoir d’envoûtement. 

Ce concert sera diffusé sur Philharmonie live le 3 mai à 20h30. 

 

Jérôme Provençal

Jérôme Provençal écrit sur (presque) tout ce qui est essentiel à la vie : la musique, la danse, le cinéma, le théâtre, les arts plastiques, la littérature. Il est le collaborateur régulier des Inrockuptibles, de Politis, de New Noise et d’Art Press.

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