Depuis le 1ᵉʳ janvier, l’ensemble de trente-et-un solistes, dédié à la création et à l’interprétation des musiques des XXᵉ et XXIᵉ siècles, s’inscrit pleinement dans le projet artistique et culturel de la Philharmonie. Ce rapprochement n’est ni un simple changement de statut, ni un geste administratif : il prolonge une histoire partagée, engagée dès 1995, lorsque l’Ensemble intercontemporain devenait résident à la Cité de la musique.
Au fil des décennies, un même horizon s’est dessiné : défendre la création musicale, inventer de nouvelles formes de concert, transmettre, expérimenter, renouveler les manières d’écouter et de partager la musique. L’intégration de l’Ensemble apparaît aujourd’hui comme l’aboutissement naturel de ce compagnonnage, et comme une manière d’affirmer, avec force, que la création est l’un des piliers fondateurs de la Philharmonie de Paris.
« Ce nouveau chapitre répond à une ambition partagée : placer la création au cœur du projet de la Philharmonie tout en offrant à l’Ensemble intercontemporain un cadre structurant pour poursuivre son développement », souligne Olivier Mantei, directeur général de la Philharmonie de Paris.
Désormais pleinement associé à la gouvernance et au fonctionnement de l’institution — aux côtés des départements Concerts et spectacles, Orchestre de Paris, Musée de la musique, Éducation et Savoirs —, l’Ensemble intercontemporain bénéficie d’une articulation renforcée avec l’ensemble des équipes de la Philharmonie. Cette nouvelle configuration ouvre un champ élargi de possibles : projets artistiques de plus grande ampleur, formats hybrides et scéniques, expérimentations pluridisciplinaires, mais aussi actions ambitieuses d’éducation artistique et culturelle.
Pour Pierre Bleuse, directeur musical de l’Ensemble, « cette intégration ouvre un horizon des plus enthousiasmants : davantage de possibilités de création, de production, de rencontres, et une collaboration encore plus étroite avec l’ensemble des équipes de la Philharmonie ».
Même élan du côté de la direction de l’Ensemble : « la dynamique artistique de la Philharmonie, conjuguée à l’expertise de nos équipes, ouvre de nouvelles perspectives et renforce le rayonnement d’un ensemble unique au monde », souligne Patrick Hahn.
— Pierre Bleuse
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© Quentin Chevrier
Fidèle à la vision de son fondateur, Pierre Boulez, l’Ensemble intercontemporain conserve ce qui fait son identité depuis 1976 : une vocation profondément expérimentale, nourrie par le dialogue avec les compositeurs et compositrices, l’exploration des nouvelles techniques instrumentales, l’invention de formes musicales en prise avec leur temps, et une attention constante à la transmission.
Cette nouvelle étape s’inscrit dans le prolongement du centenaire de la naissance de Pierre Boulez, célébré en 2025, et dans une réflexion plus large sur le rôle des grandes institutions culturelles face aux enjeux artistiques contemporains. À l’heure où l’Ensemble intercontemporain s’apprête à célébrer son 50ᵉ anniversaire au sein même de la Philharmonie de Paris, c’est bien un avenir ouvert, collectif et inventif qui se dessine — fidèle à un demi-siècle de création, et résolument tourné vers ce qui reste à imaginer.