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Les Clés du classique #13 - La Septième Symphonie de Beethoven

Publié le 01 décembre 2021 — par Charlotte Landru-Chandès

Esquissée en 1811, la Septième Symphonie  de Beethoven est de caractère festif et joyeux. Le deuxième mouvement est un Allegretto qui fut entièrement bissé le soir de la création. Les troisième et quatrième mouvements sont comme une fête perpétuelle, un tournoiement euphorique.

La série Les Clés du classique  nous fait découvrir les grandes œuvres du répertoire musical.

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Les extraits de la Symphonie n° 7 de Beethoven sont interprétés par l’Orchestre royal du Concertgebouw d'Amsterdam dirigé par Mariss Jansons. Ce concert a été enregistré à la Salle Pleyel le 14 février 2011.

Retrouvez l'intégralité du concert sur Philharmonie à la demande

 


La Symphonie n° 7     de Beethoven

8 décembre 1813, à l'université de Vienne. Ce soir-là, on donne un concert de charité en faveur des soldats autrichiens et bavarois blessés lors de la bataille de Hanau, en octobre. Ludwig van Beethoven est à la baguette et s’apprête à diriger deux nouvelles œuvres, en commençant par la Bataille de Vitoria, pièce maîtresse du concert. C’est l’époque des guerres napoléoniennes et l’œuvre fait écho à la défaite de la Grande Armée, battue en juin par le futur duc de Wellington, à Vitoria dans le Pays basque. La deuxième œuvre de Beethoven créée le 8 décembre 1813 est la Septième Symphonie. Pour l’occasion, sont réunis sur scène les plus grands musiciens de l’époque : Antonio Salieri, Johann Nepomuk Hummel, Louis Spohr ou encore Giacomo Meyerbeer. Le triomphe de la soirée est tel que le même concert est de nouveau programmé quatre jours plus tard !

Au début des années 1810, Beethoven n’est pas en très bonne santé, il est de plus en plus sourd et souffre de nombreux maux. Son médecin, le Dr Malfatti, lui recommande d’aller prendre régulièrement les eaux. Beethoven aime se rendre dans la ville thermale de Teplitz, une destination très prisée, surnommée le « Petit Paris ». C’est d’ailleurs là qu’il aurait esquissé sa Septième Symphonie, en 1811. Dans la vie privée de Beethoven cela ne va pas non plus très fort, il vient de rompre avec la comtesse Thérèse de Brunswick et entretient une étrange amitié avec Bettina Brentano. C’est à cette époque qu’il écrit la mystérieuse Lettre à l’immortelle bien-aimée, dix pages jamais envoyées, et dont la destinataire demeure inconnue. Selon les biographes, il pourrait s’agir de Bettina Brentano… 

Beethoven est aussi miné par des soucis financiers. Avec la dévaluation de la monnaie, en 1811, et la mort de l’un de ses mécènes, il a perdu une partie de ses revenus. Mais tous ces désagréments ne l’empêchent pas de composer. Plusieurs chefs-d’œuvre datent de ces années-là : son Trio n° 7 « L’Archiduc », son Concerto pour piano n° 5 « L’Empereur », ou encore sa Sonate n° 26 « Les Adieux ». Contrairement aux deux précédentes symphonies, la Cinquième et la Pastorale, la Septième ne porte pas trace d’intention particulière. 

La Septième Symphonie est de caractère festif et joyeux. Beethoven accorde une attention particulière au rythme. Le premier mouvement s’ouvre par une longue introduction, la plus longue jamais écrite par le compositeur. Autre singularité, la Septième ne comporte aucun mouvement lent. Le deuxième mouvement est un Allegretto et non un Andante, même si les chefs ont souvent tendance à le prendre dans un tempo très calme, d’où son allure de marche solennelle. Le soir de la création, le deuxième mouvement est entièrement bissé. Son succès n’a d’ailleurs jamais été démenti : c’est le mouvement le plus célèbre de la symphonie. 
Les troisième et quatrième mouvements sont comme une fête perpétuelle, un tournoiement euphorique. Le finale fera dire à Richard Wagner : « Tout le tumulte, tout le désir et les tempêtes du cœur deviennent ici l’insolence bénie de la joie, qui nous emporte avec une puissance de bacchanale à travers l’immensité de la nature. » Il ajoutera : « La Septième Symphonie est l’apothéose de la danse même : c’est la danse à son plus haut degré, le principe même du mouvement corporel incarné dans la musique. »

Charlotte Landru-Chandès

Charlotte Landru-Chandès  collabore à France Musique, La Lettre du Musicien et Classica. Elle conçoit des podcasts pour l'Opéra national de Paris et la Philharmonie de Paris.