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Tragic Magic, un album ambient enregistré sur instruments historiques

Publié le 15 janvier 2026 — par Aurélien Kalasz et Maxime Guthfreund

— Entretien avec Mary Lattimore & Julianna Barwick

Il faut vraiment remercier chaleureusement tous ceux qui ont organisé cet événement. C’est la chance d’une vie.
Bonjour, je suis Julianna Barwick. Je suis musicienne et je vis à Los Angeles. J’ai enregistré ce disque avec Mary Lattimore. Nous sommes amies depuis des années et j’aime sa musique depuis très longtemps. Ce que j’aime avant tout dans sa musique, c’est sa singularité. Le son de Mary est unique, et c’est ce que j’adore chez les musiciens que j’aime. Elle crée des mondes, c’est très beau, et j’adore ça.

-    Merci. 
-    De rien. Je ne te l’avais jamais dit.

C’est adorable. C’est comme une séance de thérapie ! Bonjour, je suis Mary Lattimore, harpiste et compositrice. Ce que j’aime dans la musique de Julianna ? On a commencé par être amies parce que j’étais fan de ce qu’elle faisait. Je lui ai écrit un message sur MySpace, je crois, à l’époque, où je disais : "J’adore ce que tu fais avec ta voix et tes boucles. Si tu veux collaborer, n’hésite pas à me contacter. J’admire vraiment ce que tu fais." On s’est rencontrées quand elle a joué à Philadelphie, où je vivais. Et on est devenues amies. Le moment est enfin venu de travailler ensemble après tant d’années. 
Ce que j’aime beaucoup, c’est que c’est une chorale à elle seule. Elle superpose beaucoup de choses en même temps. Et j’aime beaucoup son instinct. Son instinct naturel l’emmène à des endroits qui s’intègrent aux différentes strates musicales et aux boucles. C’est un peu comme être médium. On a une vision du tableau final, mais il faut assembler toutes les pièces du puzzle. Je vois ça comme une sorte de pièce montée. C’est très amusant de voir ce processus de création.

-    C’est ce qui me plaît aussi dans ta musique. 
-    Merci.

Et comme on peut toutes les deux faire ça en improvisant, c’est aussi amusant d’improviser ensemble.

Nous avons été contactées par Alex, d’InFiné. Alex avait déjà réalisé ce genre de projets avec le Musée. L’idée vient de lui. Il m’a proposé de travailler avec les harpes. Ensuite, il a évoqué Julianna : "Et si vous faisiez ce projet en duo ? Est-ce que Julianna pourrait participer ? Elle habite où ? À New York ?" Il n’a pas réalisé qu’on était déjà amies et qu’elle vivait à Los Angeles, à 10 minutes de chez moi, et qu’on voulait faire un projet ensemble. Donc tout ça a été une suite de coïncidences presque magiques.

On a trouvé que c’était un cadeau magique que l’univers nous faisait, un bel alignement de planètes qui a rendu ce projet possible. C’était aussi une chance de pouvoir jouer sur ces vieux instruments, des pièces de musée. Et tout le monde au Musée a été incroyable. D’une immense gentillesse. Ils étaient tous très intéressés. Tout le monde venait nous saluer. Ils étaient curieux de voir ce qui se passait. L’ambiance était unique.

Ce qui a été aussi très intéressant, c’est de pouvoir travailler avec ces instruments inestimables ou extrêmement précieux sans que personne nous surveille. Ils nous ont donné la liberté de jouer de ces instruments sans qu’on ait... Les conservateurs n’étaient pas là. Personne ne nous a dit : "Non, ne touchez pas ça comme ça." Ils nous ont vraiment fait confiance pour accorder les instruments et pour en jouer à notre manière, sans être intimidées. Même si, avec le recul, quand j’y repense, je me dis : "Waouh !" Me laisser accorder ces harpes, c’était une preuve de confiance incroyable. Je tournais les chevilles et j’entendais le bois gémir. J’appelais le conservateur, Thierry, et je lui disais : "J’ai entendu le bois faire un bruit !" Et il me disait : "Mary, tu sais comment accorder un instrument. Ne t’inquiète pas. Je ne peux pas venir à chaque fois que tu accordes ton instrument." Il nous a fait confiance. C’était très cool.

On nous a donné une liste d’instruments qu’on pouvait utiliser. Et il y avait des synthétiseurs. J’ai choisi un Jupiter et un Prophet. Et aussi un vocoder, parce que cela s’intégrait dans la structure du projet. En ce qui me concerne, on m’a proposé cinq harpes. J’ai choisi celle-ci. On m’a aussi proposé deux des premières harpes à pédales, incroyablement belles, très ouvragées. J’ai surtout travaillé avec ces trois-là. Comme j’utilise beaucoup de boucles, je voulais des instruments qui se prêtaient à mon style personnel. Ça a été une sorte de défi : "OK pour les instruments anciens, mais je dois pouvoir les utiliser avec de l’électronique." Avec ces deux harpes à pédales, je me suis dit que je pourrais mêler le caractère de ces instruments historiques à notre façon de faire de la musique.

Nous allons probablement faire un mix entre harpes anciennes et modernes. Mais le concert pourrait avoir un aspect... Quand j’ai parlé avec Alex d’InFiné, il a suggéré de proposer un aspect pédagogique au concert, un moment où nous pourrions présenter les instruments seuls, pour que le public entende leur véritable sonorité, sans l’artifice du looping et de l’amplification que nous utilisons dans notre musique moderne, pour ne pas dénaturer le son de ces instruments anciens. Donc ça va être très... flexible. Ce concert ne ressemblera à aucun autre.

Le fait de revenir à l’endroit où tout a commencé, avec les gens qui travaillent au Musée et dont nous sommes devenues très proches... Ce sera vraiment spécial, vraiment magique d’être de retour.

Nous espérons rendre le Musée et la Philharmonie fiers en présentant ce projet au monde entier.

Je ne pourrais pas dire mieux. 
Ça a été une expérience parfaite. Un moment inoubliable. 
 

Débarquées de Los Angeles à l’invitation du label InFiné et du Musée de la musique, Mary Lattimore et Julianna Barwick ont enregistré leur album à l’aide de synthétiseurs cinquantenaires et de harpes séculaires.

Compositrice et multi-instrumentiste apparue dans le circuit musical au milieu des années 2000, connue avant tout comme harpiste, Mary Lattimore ondule librement entre plusieurs sphères : néo-classique, musique de film, pop, expérimental… Compositrice, chanteuse et productrice, révélée par son splendide premier album (The Magic Place, 2011), Julianna Barwick développe un envoûtant langage musical, très planant, tout en boucles synthétiques et en envolées vocales éthérées. Ayant déjà conçu des morceaux ensemble, toutes deux s’unissent pour un projet commun ainsi qu’une performance live en binôme au Musée de la musique, à l’aide d’instruments rares (harpes Érard, synthétiseurs Jupiter 8 et Prophet 5, vocoder VC10). 

Tragic Magic est à découvrir sur les plateformes de streaming dès maintenant et en version physique (CD & LP) le vendredi 20 février 2026, via le label ‪InFiné.

Aurélien Kalasz
Maxime Guthfreund
Extraits vidéo  
  • « Melted Moon », Mary Lattimore & Julianna Barwick, Live Session From San Diego, CA (June 2025), Directed and edited by Joel Kazuo Knoernschild
 
  • « Perpetual », Mary Lattimore & Julianna Barwick, Live Session From San Diego, CA (June 2025), Directed and edited by Joel Kazuo Knoernschild
 
  • Images de l’enregistrement de Tragic Magic au Musée de la musique © Kevin Rolland