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Aziz Sahmaoui exalte l’âme gnawa

Publié le 30 avril 2018 — par Edith Nicol

— L'Afrique arabisée : Aziz Sahmaoui & University of Gnawa

La confrérie marocaine des Gnawa aurait été fondée par les esclaves de l’ancien Empire du Soudan occidental. Aziz Sahmaoui propose une version profane et rock ‘n roll de sa musique à vocation thérapeutique.     

L’histoire commence il y a huit ans au French Kawa, dans l’Est parisien. Au fond de la salle, une minuscule scène que partagent des amis musiciens. Aziz Sahmaoui, l’un des fondateurs de l’Orchestre National de Barbès, est là. Avec son acolyte le bassiste Alioune Wade, il met à l’épreuve les mélodies qui lui trottent dans la tête et la poésie qui irrigue son cœur. Le joueur de cordes fait ainsi chanter les arbres, transforme l’aimée en fleur, mais dénonce aussi les conflits. La rumeur ne tarde pas à atteindre les oreilles d’autres artistes africains qui rejoignent le mouvement. Entre le Marocain et ses nouveaux amis sénégalais, un dénominateur commun : les rythmes gnawa et leur transe rustique qui servent de base aux expérimentations les plus fécondes. The University of Gnawa est née et le public suit, euphorisé.

Aziz dit tenir le groove des anciens : « c’est grâce à eux que j’ai appris à glisser dans les phrases de l’autre, à partager l’espace… ». Se ressourcer auprès de ses amis mâalem du Maroc est une nécessité à heure régulière. Cette source traditionnelle jaillit dans Mazal (2014), l’album repris en concert à la Cité de la musique par ces joyeux drilles, mais elle est amendée par cent influences qui nous expédient d’entrée de jeu sur les routes de la grande Afrique. Tous se font les passeurs d’un continent sublimé par une nature abondante, habité par ses divinités et surtout incarné par ses peuples au passé épique qui, de gré ou de force, traversent encore les déserts et les mers. Portés par une énergie apparemment intarissable, ils improvisent sur le paysage sonore tissé par Aziz Sahmaoui et nous rallient à sa cause poétique.